À seulement 23 ans, la chanteuse Tära – de son vrai nom Tamara Al-Zool – marque la scène musicale italienne et méditerranéenne par son premier EP, « Zefiro », sorti le 15 mai 2026, jour symbolique de la commémoration de la Nakba, l’exode des Palestiniens en 1948. Selon Courrier International, cette Italo-Palestinienne intrigue autant en Italie qu’en Palestine grâce à une pop polyglotte qu’elle qualifie elle-même d’« Arab & B », un genre inédit fusionnant R’n’B, mélodies levantines et influences italiennes. Ce projet artistique, né durant la pandémie, explore des thèmes universels comme l’exil, l’identité et la quête d’appartenance, tout en rendant hommage à ses origines.

Ce qu'il faut retenir

  • Tära, 23 ans, sort son premier EP « Zefiro » le 15 mai 2026, jour de la commémoration de la Nakba.
  • Son style musical, baptisé « Arab & B », mélange pop, R’n’B et mélodies levantines en plusieurs langues (arabe, italien, anglais).
  • Née Tamara Al-Zool, elle est issue de la diaspora italo-palestinienne et a grandi dans la région de Frosinone, au sud de Rome.
  • Son clip « Zefiro » a été tourné à Tunis, et l’EP inclut des titres comme « Yafa » (hommage à Jaffa) et « Diaspora ».
  • Elle a été repérée en participant à X Factor en 2024 en portant un keffieh, et est désormais considérée comme l’une des nouvelles étoiles de la scène musicale italienne.
  • Son inspiration s’inscrit dans la lignée d’artistes comme Dalida, Mahmood ou Ghali, qui ont su créer des ponts entre les cultures méditerranéennes.

Une voix nouvelle entre deux rives de la Méditerranée

Selon Courrier International, Tära incarne une génération de jeunes artistes issus de la diaspora, façonnés par des influences multiples et des histoires familiales marquées par les déplacements. Comme le rapporte Rolling Stone Mena, cette Italo-Palestinienne a choisi de nommer son style « Arab & B » pour refléter cette dualité culturelle qui la définit. Dans une interview accordée au quotidien La Gazzetta del Mezzogiorno, elle explique avoir choisi le titre de son EP, « Zefiro », « à une époque où je me sentais un peu coupée en deux ». Ce terme, qui désigne un vent d’ouest dans la mythologie antique, symbolise aussi son désir de reconnexion avec ses racines palestiniennes, tout en assumant pleinement son identité italienne.

Son parcours artistique est profondément ancré dans l’histoire de sa famille. Sur le titre « Yafa », elle rend hommage à Jaffa, ville d’où sa famille a été expulsée lors de la création d’Israël en 1948. Dans « Diaspora », elle aborde quant à elle le sentiment d’être « étrangère » dans son propre pays, un thème qu’elle lie à la fois à l’histoire palestinienne et à celle des Italiens du Sud, souvent contraints de migrer vers le Nord pour travailler. « Au sein même de l’Italie, il y a une diaspora interne. Le Sud est exploité. Les gens du Sud migrent vers le Nord, ils y travaillent et doivent laisser derrière eux leur créativité », confie-t-elle à Rolling Stone Mena.

Un héritage méditerranéen et une pop engagée

Selon Il Messaggero, Tära s’inscrit dans une tradition d’artistes italiens issus de l’immigration, comme Mahmood ou Ghali, qui ont su populariser une musique mêlant langues locales et influences internationales. Son clip pour « Zefiro », tourné en Tunisie, illustre cette volonté de créer des liens entre les deux rives de la Méditerranée. Elle cite d’ailleurs Dalida comme l’une de ses références, soulignant la capacité de cette icône franco-égyptienne à transcender les frontières culturelles. « L’arabe, c’est la famille, un lien profond avec mon âme et ma foi. L’italien, c’est la porte d’entrée vers la création musicale. Et l’anglais incarne mes envies d’exploration », a-t-elle déclaré à Rolling Stone Mena, détaillant ainsi la symbolique des langues utilisées dans ses chansons.

Son premier EP, qui mêle R’n’B, pop et mélodies levantines, est salué pour sa capacité à explorer des thèmes universels tout en restant profondément personnel. Le choix de sortir « Zefiro » le 15 mai, date commémorative de la Nakba, n’est pas anodin : il souligne son attachement à l’histoire palestinienne et sa volonté de donner une voix à ceux qui, comme elle, naviguent entre deux cultures. « C’est un retour à moi-même, à ces aspects de ma personnalité que j’ai occultés en grandissant », a-t-elle confié au journal La Gazzetta del Mezzogiorno.

Une reconnaissance rapide sur la scène italienne

Tära s’est fait remarquer en 2024 lors de sa participation à l’émission X Factor, où elle est apparue vêtue d’un keffieh, un geste politique et identitaire fort. Depuis, elle est considérée comme l’une des nouvelles étoiles montantes de la scène musicale italienne. Il Messaggero souligne qu’elle compte désormais « parmi les nouveaux talents les plus prometteurs de la scène italienne », une reconnaissance qui pourrait lui ouvrir les portes d’une carrière internationale. Comme le note le quotidien romain, son succès s’inscrit dans un mouvement plus large de visibilité des artistes issus de l’immigration arabe en Italie, un pays où les questions d’identité et d’appartenance sont de plus en plus débattues.

Son parcours illustre également une tendance actuelle dans la musique méditerranéenne : celle de jeunes artistes qui utilisent leur art pour questionner les héritages familiaux et les frontières géopolitiques. En explorant des thèmes comme l’exil ou la marginalité, Tära rejoint des artistes comme Ghali ou Mahmood, dont les œuvres ont marqué la pop italienne ces dernières années. Son approche, à la fois intime et politique, en fait une figure à suivre pour les années à venir.

Et maintenant ?

Après la sortie de « Zefiro », Tära devrait multiplier les apparitions publiques et les collaborations musicales pour étendre sa notoriété. Selon Courrier International, plusieurs médias italiens et arabes évoquent déjà la possibilité d’une tournée en Europe et au Moyen-Orient d’ici la fin de l’année 2026. Son style, à mi-chemin entre pop et tradition levantine, pourrait également séduire un public plus large, notamment grâce à la diffusion de ses titres sur les plateformes de streaming. Reste à voir si ce premier EP marquera le début d’une carrière durable ou s’il restera un projet symbolique pour cette jeune artiste engagée.

Une chose est sûre : Tära incarne une nouvelle génération d’artistes méditerranéens qui refusent de choisir entre leurs racines et leur présent. Entre mélodies envoûtantes et textes engagés, elle propose une vision optimiste de la diaspora, où l’exil devient une force plutôt qu’une blessure. À suivre, donc.

Le style « Arab & B » est une création de Tära pour décrire sa musique, un mélange de pop, de R’n’B et de mélodies levantines, chanté en arabe, italien et anglais. Selon elle, chaque langue exprime une partie de son identité : l’arabe pour la famille et la foi, l’italien pour la création musicale, et l’anglais pour l’exploration artistique.

La date du 15 mai correspond à la commémoration de la Nakba, l’exode des Palestiniens en 1948, un événement historique majeur pour la communauté palestinienne. Ce choix symbolique souligne l’engagement de Tära envers ses origines et son désir de donner une voix à l’histoire de sa famille.