Selon Franceinfo - Santé, les assurés français pourraient subir une nouvelle augmentation de leurs cotisations mutuelles dès l’an prochain. Cette hausse serait directement liée à la réduction des remboursements de l’Assurance maladie sur certains postes de dépenses de santé, annoncée par le gouvernement. Au cœur de cette réforme : les médicaments jugés peu ou moyennement efficaces, les soins dentaires, les transports sanitaires et les dispositifs médicaux. Autant dire que les ménages vont devoir débourser davantage, malgré un système de santé déjà parmi les plus protecteurs d’Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • Baisse des remboursements : à partir du 1er janvier 2027, certains médicaments (comme les bains de bouche) ne seront plus remboursés qu’à 5 % au lieu de 15 %, et les laxatifs à 15 % au lieu de 30 %. Les soins dentaires et les transports sanitaires passeront à 50 % de prise en charge.
  • Économies pour l’État : ces mesures permettraient à l’État d’économiser près d’1,5 milliard d’euros, selon les estimations officielles.
  • Répercussion sur les mutuelles : les complémentaires santé devraient augmenter leurs cotisations pour compenser la baisse de remboursement de la Sécurité sociale, déjà en hausse de 4 % cette année malgré un gel demandé par l’État.
  • Critiques des professionnels : pharmacien et syndicats dénoncent un classement contestable des médicaments, comme la Bétadine, jugée « essentielle » et peu coûteuse (moins de 3 euros le flacon).
  • Réactions des assurés : dans les pharmacies, certains clients expriment leur inquiétude face à cette hausse inévitable des dépenses de santé, estimant que « même en France, il faudra bien s’arrêter à un moment donné ».

Des remboursements de médicaments revus à la baisse

La Haute Autorité de Santé (HAS) a identifié plusieurs catégories de médicaments dont l’efficacité n’est pas suffisamment prouvée. Parmi eux, les antiseptiques, les remèdes contre les brûlures d’estomac ou encore les bains de bouche. Dès 2027, leur taux de remboursement par la Sécurité sociale chutera drastiquement. Pour les produits classés comme « peu efficaces », comme les bains de bouche, la prise en charge passera de 15 % à 5 %. Quant aux médicaments « moyennement efficaces » — tels que les laxatifs —, leur remboursement sera réduit de moitié, passant de 30 % à 15 %.

Ces décisions s’inscrivent dans une volonté plus large de rationaliser les dépenses de santé. Pourtant, certains professionnels du secteur contestent cette classification. « Quand on se blesse, la Bétadine est un réflexe. C’est utilisé dans les hôpitaux. Moins le rembourser, je ne comprends pas, d’autant plus que c’est un médicament qui ne coûte pas très cher », a réagi Yorick Berger, porte-parole de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France. Pour lui, cette mesure pourrait avoir des conséquences pratiques sur les habitudes des patients.

Soins dentaires et dispositifs médicaux également concernés

La réforme ne se limite pas aux médicaments. À partir du 1er janvier 2027, les soins dentaires, les transports sanitaires et les dispositifs médicaux (comme les pansements) ne seront plus remboursés qu’à hauteur de 50 % par l’Assurance maladie. Cette baisse de prise en charge intervient alors que le gouvernement cherche à réaliser des économies significatives. Selon les calculs officiels, ces mesures pourraient permettre à l’État d’économiser près d’1,5 milliard d’euros par an.

Pour Éric Chenut, président de la Fédération de la Mutualité Française, cette décision aura mécaniquement un impact sur les cotisations des assurés. « À partir du moment où il y a un milliard et demi de dépenses de l’Assurance maladie qui vont vers les complémentaires santé, il y aura mécaniquement une répercussion sur le prix des complémentaires santé », a-t-il expliqué. Autrement dit, les mutuelles n’auront d’autre choix que d’augmenter leurs tarifs pour couvrir les frais laissés à leur charge par l’État.

Des assurés déjà sous pression

Les ménages français font déjà face à une inflation soutenue des dépenses de santé. Cette année, les tarifs des mutuelles ont déjà augmenté de 4 %, malgré un gel des hausses demandé par les autorités. Dans les pharmacies, les clients anticipent avec résignation cette nouvelle hausse. « On va payer toujours plus. Même si on a beaucoup de chance en France, à un moment donné, il va falloir arrêter », confie une cliente interrogée par Franceinfo - Santé. Face à cette situation, certains s’interrogent sur la soutenabilité à long terme du système de protection sociale français, l’un des plus généreux au monde.

Les syndicats et les professionnels de santé s’inquiètent également des conséquences sur l’accès aux soins. Les médicaments jugés « peu efficaces » par la HAS ne sont pas pour autant inutiles pour tous les patients. Certains, comme la Bétadine, restent des produits de première nécessité dans de nombreuses situations. Leur moindre remboursement pourrait donc entraîner une augmentation des renonciations aux soins, notamment pour les ménages les plus modestes.

Et maintenant ?

Pour l’instant, les mutuelles n’ont pas encore communiqué sur l’ampleur de la future hausse des cotisations. Les négociations entre l’État et les acteurs de la complémentaire santé devraient s’intensifier d’ici la fin de l’année, afin de déterminer dans quelle mesure les assurés seront impactés. Une chose est sûre : avec un gel des hausses déjà contourné en 2026, les prochains mois s’annoncent décisifs pour le financement de la santé en France. Reste à voir si les économies réalisées par l’État suffiront à compenser la hausse des dépenses pour les ménages.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de maîtrise des dépenses de santé, alors que le déficit de l’Assurance maladie reste un sujet de préoccupation récurrent. Les prochaines étapes pourraient inclure des ajustements supplémentaires, notamment sur d’autres postes de dépenses non encore évoqués. En attendant, les assurés sont invités à se renseigner auprès de leur mutuelle pour anticiper au mieux l’impact de ces changements.

Selon la Haute Autorité de Santé, les médicaments jugés « peu efficaces » incluent les bains de bouche, certains antiseptiques et des remèdes contre les brûlures d’estomac. Leur remboursement passera de 15 % à 5 %. Les médicaments « moyennement efficaces », comme les laxatifs, verront leur prise en charge chuter de 30 % à 15 %. La Bétadine, par exemple, est actuellement classée parmi les produits à remboursement réduit.

Les baisses de remboursement de la Sécurité sociale concerneront les dépenses de santé à partir du 1er janvier 2027. Les mutuelles devraient alors ajuster leurs tarifs pour couvrir les frais supplémentaires laissés à leur charge.