La taxe foncière sur les propriétés bâties reste, depuis la suppression progressive de la taxe d’habitation sur les résidences principales, le principal levier fiscal direct dont disposent les collectivités locales. Selon nos confrères du Figaro, ce prélèvement a atteint 43,1 milliards d’euros en 2025, soit une moyenne de 1 117 euros par foyer propriétaire, un montant qui pèse lourdement dans le budget des ménages.
Cette année, l’augmentation de la taxe foncière repose sur deux mécanismes principaux : la revalorisation de la valeur locative, liée à l’inflation enregistrée entre novembre 2024 et novembre 2025 (+0,8 %), et la décision des communes et intercommunalités d’ajuster les taux d’imposition. Ce dernier levier, souvent utilisé en début de mandature, permet aux collectivités de compenser en partie la perte de recettes liées à la suppression de la taxe d’habitation. Le Figaro dresse un état des lieux des tendances nationales et des villes où la hausse sera la plus marquée.
Ce qu'il faut retenir
- 43,1 milliards d’euros : le montant total des taxes foncières acquittées par les ménages propriétaires en 2025.
- Une moyenne de 1 117 euros par foyer, un chiffre en hausse constante depuis plusieurs années.
- La valeur locative est revalorisée de 0,8 % en 2026, conformément à l’inflation mesurée entre novembre 2024 et novembre 2025.
- Les taux appliqués par les communes et intercommunalités constituent le second levier de hausse, avec des variations parfois importantes d’une ville à l’autre.
- Les collectivités locales disposent d’une marge de manœuvre accrue en début de mandature pour ajuster ces taux.
Une fiscalité locale de plus en plus dépendante de la taxe foncière
Depuis 2023, la taxe d’habitation sur les résidences principales a été supprimée pour tous les ménages, ne laissant subsister que la taxe foncière comme impôt direct majeur pour les collectivités. Selon les données du ministère de l’Économie, cette taxe représente désormais près de 70 % des recettes fiscales locales, contre moins de 40 % avant la réforme. Cette concentration du poids fiscal sur les propriétaires immobiliers s’explique par la volonté des pouvoirs publics de transférer une partie de la fiscalité vers les collectivités, tout en limitant l’impact sur les ménages modestes.
Cependant, cette situation place les propriétaires face à une pression fiscale accrue, d’autant que les loyers, dans certaines zones tendues, peinent à suivre l’évolution des valeurs locatives. Le Figaro souligne que cette dynamique interroge sur la soutenabilité à long terme de ce modèle, alors que les inégalités territoriales en matière de fiscalité locale se creusent.
Des hausses variables selon les territoires
Les disparités entre communes restent marquées. Si la valeur locative est revalorisée uniformément de 0,8 %, les taux appliqués par les municipalités peuvent varier du simple au double. Certaines villes, notamment dans des départements comme les Bouches-du-Rhône, le Rhône ou la Haute-Garonne, appliquent des taux parmi les plus élevés de France. À l’inverse, des communes en zone rurale ou en revitalisation peuvent maintenir des taux plus modérés.
Pour 2026, les premières estimations de Le Figaro indiquent que les hausses les plus significatives concerneront des villes de plus de 10 000 habitants, avec des pics dépassant parfois 10 % dans certaines communes. Ces augmentations s’expliquent par des arbitrages budgétaires locaux, souvent rendus nécessaires par la baisse des dotations de l’État ou la hausse des dépenses sociales.
Un contexte politique et économique sous tension
Les élus locaux se trouvent dans une position délicate. D’un côté, la suppression de la taxe d’habitation a privé les communes d’une ressource stable, les incitant à compenser par une hausse de la taxe foncière. De l’autre, une augmentation trop brutale pourrait peser sur le pouvoir d’achat des propriétaires, déjà fragilisés par l’inflation et la hausse des charges. «
Les collectivités n’ont pas d’autre choix que d’ajuster leurs recettes, mais elles doivent le faire avec prudence pour ne pas fragiliser davantage les ménages »,a expliqué un économiste interrogé par Le Figaro.
Par ailleurs, le contexte économique joue un rôle clé. L’inflation modérée de 2025 a limité la revalorisation de la valeur locative, mais les collectivités anticipent déjà des tensions sur leurs budgets pour 2027, notamment en raison des engagements pris en matière de transition écologique et de rénovation urbaine.
Pour les ménages concernés, l’option d’un étalement du paiement ou d’un recours gracieux auprès de la mairie reste possible, mais les marges de manœuvre se réduisent à mesure que les collectivités durcissent leurs politiques fiscales. Les associations de propriétaires, comme la FNAIM, devraient multiplier les alertes dans les semaines à venir, tandis que le gouvernement pourrait être amené à clarifier les règles encadrant les hausses de taxe foncière.
Les contribuables peuvent consulter leur avis d’imposition en ligne sur le site impots.gouv.fr, où figurent le détail du calcul (valeur locative, taux communal et intercommunal). Une simulation personnalisée est également possible via l’outil « Votre taxe foncière » proposé par certaines collectivités.