Plusieurs passagers dénoncent des pratiques abusives dans les taxis stationnés à l’aéroport Humberto Delgado de Lisbonne, où faux taximètres, détours inutiles et surfacturations se multiplient. Une opération de contrôle menée mardi par la Polícia de Segurança Pública (PSP) a permis de constater 67 infractions sur une centaine de véhicules contrôlés, confirmant ainsi les signalements récurrents sur les réseaux sociaux. Selon nos confrères de Euronews FR, publiés le 26 août 2026, les autorités portugaises ont ainsi mis en lumière un système qui, selon de nombreux usagers, cible particulièrement les touristes.
Ce qu'il faut retenir
- 67 infractions relevées sur environ 100 taxis contrôlés à l’aéroport Humberto Delgado de Lisbonne
- 32 cas d’installation inappropriée des taximètres, dont certains falsifiés ou non utilisés
- Parmi les manquements : extincteurs périmés, absence de contrôle technique, véhicules en mauvais état
- Des témoignages de touristes évoquent des surfacturations allant jusqu’à 25 euros pour un trajet habituellement facturé entre 11 et 14 euros
- L’association du secteur ANTRAL dénonce un « show médiatique » et critique la méthode des contrôles
Des pratiques dénoncées par les usagers sur les réseaux sociaux
Depuis plusieurs semaines, des vidéos et témoignages circulent en ligne pour dénoncer les dérives des chauffeurs de taxi à l’aéroport de Lisbonne. Josien Nation, une créatrice de contenus installée au Portugal, qualifie l’expérience de « piège pour touristes » dans une vidéo publiée sur Facebook le 14 août 2026. Elle y décrit deux scénarios récurrents : soit le passager négocie un tarif fixe avec le chauffeur — taximètre éteint —, soit ce dernier impose un montant à l’arrivée, après avoir omis d’activer le compteur.
Un internaute sur Reddit relate pour sa part avoir été victime de détours inutiles de plusieurs kilomètres, ou encore de l’utilisation de faux taximètres via des applications mobiles. « Le trajet coûte habituellement 11 euros, mais deux fois cette semaine, j’ai dû payer 19, 21 euros, voire plus, en espèces », explique-t-il. Zeynep Tinaz Redmont, journaliste turque résidente au Portugal, évoque quant à elle un épisode où un chauffeur a exigé 25 euros pour un trajet normalement facturé 14 euros. Après négociation, le prix a été ramené à 20 euros.
Un contrôle de la PSP qui révèle des manquements multiples
Face à cette accumulation de plaintes, la PSP a mené une opération de contrôle mardi aux arrivées de l’aéroport Humberto Delgado. Sur les 100 véhicules contrôlés, 67 infractions ont été recensées, couvrant un large éventail de manquements. Les autorités ont notamment pointé du doigt l’installation inappropriée des taximètres dans 32 cas, certains taximètres étant soit mal calibrés, soit carrément falsifiés. Huit chauffeurs circulaient sans Certificat de Métier de Taxi (CMT), tandis que six présentaient des documents obligatoires manquants ou périmés.
D’autres anomalies ont été relevées : six extincteurs hors d’usage, trois véhicules non conformes au contrôle technique, et trois chauffeurs ne disposant pas de la certification obligatoire « Groupe 2 » requise pour conduire un taxi. Deux infractions concernaient un étalonnage de taximètre périmé, deux autres des véhicules en mauvais état, et une la non-utilisation des dispositifs de retenue pour les passagers. Enfin, des cas de conduite sous influence d’alcool, de stationnement illégal et d’absence d’assurance ont également été constatés. La PSP a délivré deux avis de présentation de documents et engagé deux enquêtes externes.
L’association du secteur conteste la méthode des autorités
L’opération de contrôle n’a pas fait l’unanimité. L’Association nationale des transports routiers en automobiles légers (ANTRAL) a vivement critiqué la manière dont elle a été conduite. Dans un communiqué, elle dénonce un « show médiatique » et affirme que ce dispositif a paralysé la prise en charge des passagers, laissant la station de taxis à l’abandon. Pour l’ANTRAL, mener une telle opération à un point stratégique comme l’aéroport — alors que des passagers se trouvent déjà à bord des véhicules — revient à porter atteinte à l’image du pays et à celle du secteur.
L’association reconnaît pourtant la nécessité de lutter contre les pratiques illégales, notamment le racolage de clients à l’intérieur de l’enceinte aéroportuaire. Elle rappelle avoir toujours œuvré pour éliminer ces dérives, mais conteste le choix du lieu et de la méthode employée. « Cela semble viser d’autres objectifs, au détriment des usagers et de l’image du secteur », estime-t-elle.
Ces dysfonctionnements surviennent alors que le Portugal mise sur le tourisme pour relancer son économie. Le gouvernement pourrait donc être contraint d’agir rapidement pour éviter que ces pratiques ne nuisent à la réputation du pays comme destination européenne. Les prochaines semaines diront si les autorités parviendront à rétablir la confiance entre les chauffeurs de taxi et les voyageurs.