Le constructeur chinois TCL élargit son offre sur le segment très haut de gamme des téléviseurs avec la série X11L, présentée en début d’année 2026. Selon Frandroid, qui a testé le modèle 75X11L, ce téléviseur vise à concurrencer directement les références OLED du marché, comme le LG G6 ou le Samsung S99H, ainsi que les modèles RGB Mini LED de Sony, Samsung et Hisense. Commercialisé depuis plusieurs mois en France, le X11L se décline en trois tailles : 75, 85 et 98 pouces, avec des tarifs allant de 4 300 à 9 000 euros.

Ce qu'il faut retenir

  • Le TCL X11L utilise une technologie de rétroéclairage SQD-Mini LED, avec plus de 10 000 zones de contrôle sur certaines tailles, et un pic de luminosité revendiqué à plus de 10 000 cd/m².
  • Le modèle intègre un système audio Bang & Olufsen, quatre ports HDMI 2.1, une dalle 144 Hz et fonctionne sous Google TV.
  • Le design se distingue par une grille cuivrée en partie basse, mais la dalle brillante accentue les reflets, et les angles de vision restent limités par la technologie VA employée.
  • En termes de performances, le X11L affiche une colorimétrie HDR très précise (delta E moyen de 1,73) et une couverture étendue des espaces colorimétriques (98,12 % du DCI-P3, 89,55 % du BT2020).
  • Le temps de latence de 11,5 ms en fait un téléviseur adapté aux joueurs, mais la consommation énergétique atteint des niveaux élevés, notamment en HDR (jusqu’à 187 W).

Une nouvelle stratégie pour TCL : conquérir le haut de gamme

Longtemps reconnu pour ses téléviseurs offrant un excellent rapport qualité-prix, TCL souhaite désormais s’imposer sur le segment très haut de gamme. Comme le rapporte Frandroid, la série X11L marque une rupture avec les modèles précédents en adoptant des technologies avancées, tout en restant accessible dans des tailles plus modestes que les versions ultra-grandes de la gamme X11 initiale. Le X11L se positionne ainsi au-dessus du C89L, un modèle toujours disponible à un tarif bien inférieur (environ 2 200 euros pour 75 pouces).

Ce changement de stratégie s’accompagne d’une fiche technique ambitieuse : rétroéclairage SQD-Mini LED, système audio Bang & Olufsen intégré, dalle 144 Hz compatible FreeSync Premium Pro, et un système d’exploitation Google TV. Le téléviseur est également doté d’un processeur TSR AiPQ, conçu pour optimiser l’affichage des contenus HDR et SDR.

Un design distinctif, mais des compromis techniques persistants

Le design du X11L se distingue par une grille cuivrée en partie basse, masquant la barre de son Bang & Olufsen et apportant une touche premium. D’après Frandroid, cette finition, bien que originale, ne fait pas l’unanimité : certains utilisateurs auraient préféré des teintes plus sobres comme le noir ou le gris. L’épaisseur de l’écran, de 2,5 cm, reste raisonnable pour un téléviseur Mini LED, même si elle ne rivalise pas avec la finesse des OLED comme le LG G6 ou le Samsung S99H.

Le choix de pieds latéraux, imposant un meuble large (écart de 150 cm pour le modèle 75 pouces), garantit une bonne stabilité, mais limite l’intégration dans des espaces étroits. Le poids, compris entre 39 et 40,5 kg selon les versions, impose également une installation soignée. Côté connectique, le téléviseur dispose de quatre ports HDMI 2.1, deux ports USB (dont un 3.2 accessible), un port Ethernet, et supporte le Wi-Fi 6 (AX) ainsi que le Bluetooth 5.4.

Des performances techniques solides, mais quelques limites

La dalle du X11L repose sur une technologie VA associée à un rétroéclairage SQD-Mini LED, offrant une couverture colorimétrique remarquable : 98,12 % du DCI-P3 et 89,55 % du BT2020. Selon Frandroid, cette configuration permet une restitution fidèle des couleurs, notamment sur des contenus HDR comme la série documentaire Notre Planète ou le film Pan. Le pic de luminosité, mesuré à 4 000 cd/m² en mode Boost, est impressionnant, mais reste très bref et localisé, contrairement à des modèles comme le Sony Bravia 9 II qui maintiennent une luminosité élevée en continu.

En revanche, la technologie VA limite les angles de vision, et un blooming (halo lumineux autour des sources de lumière) est perceptible en dehors de l’axe central. Le revêtement brillant de la dalle, bien qu’avantageux en pièce lumineuse, accentue également les reflets, un point faible pour un téléviseur vendu à ce prix. Côté gaming, le X11L brille avec un temps de latence de 11,5 ms et une compatibilité complète avec les consoles next-gen, mais la dalle LCD ne peut rivaliser avec les OLED en termes de temps de réponse des pixels.

Un système audio Bang & Olufsen efficace, mais perfectible

Le partenariat avec Bang & Olufsen se traduit par une barre de son intégrée à l’avant du téléviseur, complétée par des haut-parleurs surround et des woofers arrière. Comme l’indique Frandroid, le rendu global est équilibré, avec des basses plus présentes que sur les modèles d’entrée de gamme, mais sans profondeur extrême en raison de l’espace limité dans le châssis. La spatialisation reste perfectible, le Sony Bravia 9 II offrant une expérience surround virtuel plus convaincante. Plusieurs profils audio sont disponibles via l’application Beosound, et il est recommandé de personnaliser manuellement les réglages pour éviter un traitement trop appuyé des basses.

Une interface fluide, mais une consommation énergétique élevée

Le X11L fonctionne sous Google TV, une interface complète et intuitive, incluant les principales applications de streaming (Netflix, Prime Video, Apple TV, etc.) ainsi que les technologies Chromecast et AirPlay 2. D’après Frandroid, la navigation est fluide, et les menus de réglages, bien que parfois techniques, restent accessibles. L’assistant vocal Google Assistant est intégré via un microphone sur la télécommande, permettant des commandes vocales sans manipulation physique.

En revanche, la consommation énergétique du téléviseur pose question. En mode Filmmaker et SDR, la consommation atteint 96 W pour 4 heures de visionnage, et grimpe à 187 W en HDR (Dolby Vision). Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux du C89L (60 W en SDR, 174 W en HDR) ou du Sony Bravia 9 II, ce qui peut représenter un coût significatif sur le long terme. En veille, le téléviseur consomme 0,5 W, mais jusqu’à 2 W si le mode réseau est activé pour les commandes vocales.

Et maintenant ?

Le TCL X11L s’inscrit dans une tendance de plus en plus marquée chez les constructeurs : proposer des téléviseurs haut de gamme à des prix compétitifs tout en intégrant des technologies innovantes. Reste à voir si ce modèle parviendra à convaincre un public exigeant, notamment face à des références OLED comme le LG G6 ou le Samsung S99H, ou encore le Sony Bravia 9 II en Mini LED RGB. La prochaine étape pour TCL pourrait consister à améliorer la gestion des reflets et à optimiser la consommation énergétique de ses futurs modèles.

Avec des tarifs oscillant entre 4 300 et 9 000 euros, le X11L s’adresse à un public prêt à investir dans un téléviseur polyvalent, adapté aussi bien au cinéma qu’au gaming. Cependant, les compromis techniques (angles de vision, blooming, consommation) et le prix élevé pourraient freiner son adoption massive. Le marché des téléviseurs haut de gamme reste dominé par les OLED, mais le X11L prouve que les technologies LCD Mini LED peuvent offrir des performances très proches, à condition de maîtriser leurs limites.

Oui, le téléviseur est conçu pour les joueurs. Il dispose d’une dalle 144 Hz, d’un temps de latence de 11,5 ms, et prend en charge le VRR, l’ALLM et le FreeSync Premium Pro. Les quatre ports HDMI 2.1 permettent de connecter simultanément une console, un PC et une barre de son sans manipulation complexe.

La consommation énergétique élevée, notamment en mode HDR où elle peut atteindre 187 W, ainsi que la gestion des reflets et les angles de vision limités par la technologie VA de la dalle. Ces points pourraient décevoir les utilisateurs exigeants.