Quelques jours après avoir dénoncé un « système pourri jusqu’à la moelle » au sujet de l’organisation de la Coupe du monde 2030, le président de la Liga espagnole Javier Tebas a de nouveau ciblé Gianni Infantino, le patron de la Fifa. Selon RMC Sport, l’Espagnol a vivement réagi à un message publié par Infantino sur les réseaux sociaux, dans lequel ce dernier s’en prenait à ceux qui, selon lui, « répandent la haine et de fausses rumeurs ». Tebas a qualifié cette intervention de « pathétique », relançant ainsi une polémique déjà ancienne entre les deux dirigeants.
Ce qu’il faut retenir
- Javier Tebas, président de la Liga espagnole, a vivement critiqué Gianni Infantino, président de la Fifa, après un message publié sur les réseaux sociaux.
- Infantino a répondu aux critiques en dénonçant ceux qui « répandent la haine », une prise de parole jugée « pathétique » par Tebas.
- Tebas a déjà demandé publiquement le départ d’Infantino et estime que son influence au sein de la Fifa limite les possibilités de changement.
- La tension entre les deux hommes s’inscrit dans un contexte plus large de remises en question de la gouvernance du football mondial.
La charge de Tebas intervient dans un contexte déjà tendu entre les instances dirigeantes du football. Selon RMC Sport, l’Espagnol avait précédemment dénoncé un « système pourri jusqu’à la moelle », évoquant notamment les risques liés à l’expansion de la Coupe du monde à 64 équipes en 2030. Dans une interview, il avait également affirmé que le temps d’Infantino était « révolu », bien qu’il reconnaisse que ce dernier bénéficie d’un soutien solide au sein des fédérations.
Côté Infantino, sa réaction sur les réseaux sociaux faisait suite à des critiques répétées envers sa gestion. Dans un message diffusé lundi, il avait déclaré : « À ceux qui, derrière leurs stylos et leurs papiers, derrière leurs écrans, répandent la haine et de fausses rumeurs, je tiens à dire que pendant que vous êtes assis en retrait, nous, à la Fifa, sommes en première ligne pour organiser, travailler dur et offrir le meilleur spectacle au monde. Quand vous divisez, nous unissons. » Une rhétorique que Tebas a immédiatement qualifiée de « revancharde » et de « pathétique ».
« Aujourd’hui, Gianni Infantino a publié un message pathétique sur son compte Instagram et sur les comptes de la Fifa. Personne ne conteste que le football soit une affaire d’émotion et d’unité. Mais la transparence, la bonne gouvernance et la responsabilité ne sont jamais de la haine, ce sont des obligations. Les institutions fortes ne discréditent pas ceux qui posent des questions, elles y répondent. »
— Javier Tebas, selon RMC Sport
Tebas n’a pas seulement critiqué le ton du message d’Infantino. Il a aussi questionné les motivations derrière cette prise de parole. « Lorsqu’un dirigeant consacre un message entier à discréditer ceux qui exercent un contrôle légitime, il est inévitable de se demander… pourquoi précisément maintenant ? Y a-t-il une explication à ce ton défensif ? Se passe-t-il quelque chose dont nous n’avons pas connaissance ? », a-t-il écrit, laissant planer le doute sur d’éventuels dysfonctionnements internes à la Fifa. Une interrogation qui ajoute une dimension supplémentaire à ce conflit ouvert.
Cette nouvelle passe d’armes s’inscrit dans une série de tensions persistantes entre Tebas et Infantino. Dès le mois de juillet, l’Espagnol avait clairement indiqué vouloir le départ du président de la Fifa. Interrogé sur la possibilité d’une succession, il avait reconnu que « son temps était révolu », tout en soulignant l’influence dont bénéficie Infantino au sein des fédérations. « Il bénéficie du soutien du système, des fédérations, il n’y a donc pas grand-chose à ajouter. Il n’y a pas de candidat d’opposition : personne ne veut se présenter juste pour perdre », avait-il analysé.
Le ton employé par Tebas reflète une frustration croissante face à la gouvernance d’Infantino, perçue comme opaque et peu réceptive aux critiques. Cette opposition n’est pas isolée : plusieurs acteurs du football mondial, notamment des ligues nationales et des fédérations, ont exprimé des réserves sur la gestion de la Fifa ces dernières années. Les questions de transparence financière, d’attribution des compétitions et de gouvernance restent au cœur des débats.
Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour l’avenir de la gouvernance du football mondial. La pression sur Infantino pourrait s’accentuer, notamment si les résultats de la Coupe du monde 2026 ne répondent pas aux attentes en matière d’organisation et de transparence. Pour l’instant, le président de la Fifa maintient son cap, malgré les remises en question répétées. Quant à Tebas, il continue de brandir l’étendard d’une réforme en profondeur des instances dirigeantes, même si ses chances d’y parvenir semblent limitées sans un front uni des opposants.
Dans ce contexte, une question reste en suspens : jusqu’où ira l’affrontement entre les deux hommes, et quel impact aura-t-il sur l’image et la crédibilité de la Fifa ?
Javier Tebas critique Gianni Infantino pour plusieurs raisons : il remet en cause la gouvernance de la Fifa, qu’il qualifie de « système pourri », et s’oppose à l’expansion de la Coupe du monde à 64 équipes en 2030. Il accuse également Infantino de vouloir museler les critiques et de manquer de transparence.
La prochaine réunion du Conseil de la Fifa est prévue en septembre 2026. Cet événement pourrait être l’occasion de discuter des réformes de gouvernance et de la pression croissante sur Gianni Infantino.