Deux ans après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche pour un second mandat, l’Iran maintient sa position face à Washington, malgré les pressions et les annonces répétées de la Maison-Blanche. Selon Libération, cette dynamique révèle une capacité de résistance iranienne que peu anticipaient, alors que les observateurs tablaient sur une escalade rapide sous la présidence Trump.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump a entamé un second mandat en janvier 2025 avec une ligne dure contre l’Iran, promettant de « régler le dossier nucléaire une fois pour toutes ».
- Téhéran a poursuivi son enrichissement d’uranium malgré les sanctions et les menaces de Washington, atteignant un niveau proche de l’enrichissement militaire.
- Les négociations indirectes, médiatisées par le Qatar et Oman, n’ont abouti à aucun accord tangible depuis 2023.
- Les tensions régionales se sont cristallisées autour des frappes israéliennes en Syrie et des réponses iraniennes en janvier 2026.
- Les Européens, divisés, peinent à jouer un rôle d’intermédiaire crédible entre les deux capitales.
Une stratégie iranienne sous-estimée
Dès l’entrée en fonction de Donald Trump pour un second mandat, les analystes s’attendaient à une politique de « maximum pressure 2.0 » contre l’Iran. Pourtant, selon Libération, Téhéran a su contourner les sanctions en renforçant ses liens avec la Russie et la Chine, tout en maintenant une diplomatie de façade avec l’Union européenne. « L’Iran n’a jamais cédé aux ultimatums américains, pas plus aujourd’hui qu’hier », rappelle un diplomate européen cité par le quotidien. Les frappes israéliennes contre des sites iraniens en Syrie, en janvier 2026, n’ont pas modifié cette posture, l’Iran répondant par des tirs de missiles balistiques vers des cibles symboliques en Israël.
Les leviers de pression de Washington en échec
Malgré les 1 200 sanctions supplémentaires imposées par l’administration Trump depuis 2025, l’économie iranienne a montré une résilience inattendue. Le rial, qui s’échangeait à 600 000 rials pour un dollar en 2023, se stabilise désormais autour de 450 000 rials, selon les dernières estimations de la Banque centrale iranienne rapportées par le Financial Times. « Les Iraniens ont appris à vivre avec l’asphyxie économique, autant dire que les menaces de Trump ne les impressionnent plus », confie un ancien responsable du Département d’État sous l’administration Biden. Les États-Unis, de leur côté, peinent à rallier une coalition internationale, le Conseil de sécurité de l’ONU étant paralysé par le veto russe et chinois.
« Donald Trump a cru que la peur suffirait à faire plier l’Iran. Mais après deux ans de second mandat, force est de constater que la patience iranienne a été sous-estimée. » — Mathieu Lindon, Libération
Un jeu d’échecs régional où chacun campe sur ses positions
Le front régional reste aussi tendu qu’en 2024. Les frappes israéliennes de janvier 2026 contre des dépôts d’armes iraniens en Syrie ont déclenché une réponse iranienne par missiles balistiques, ciblant des sites militaires israéliens sans faire de victimes. « Ce cycle de représailles montre que personne ne veut d’une guerre ouverte, mais que personne ne recule non plus », analyse une chercheuse de l’IFRI. Les milices pro-iraniennes au Liban et en Irak, comme le Hezbollah ou les Kataeb Hezbollah, ont accru leurs activités, multipliant les attaques contre les intérêts américains dans la région. En réponse, Washington a déployé un porte-avions supplémentaire dans le golfe Persique en mars 2026, selon le Pentagone.
En définitive, cette partie d’échecs illustre une réalité géopolitique : l’Iran, malgré son isolement, a su transformer la pression en levier de négociation. Quant à Donald Trump, son deuxième mandat pourrait bien s’achever sans victoire claire sur ce dossier, autant dire que l’Histoire retient déjà cette ironie.
Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran a enrichi de l’uranium à un niveau de 84 %, proche du seuil de 90 % nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire, un seuil qu’il n’a pourtant pas franchi. Cette escalade, entamée en 2023, s’est poursuivie malgré les condamnations internationales et les sanctions.
