Un premier typhon de la saison a balayé l’est du Japon depuis lundi 1er juin 2026, frappant Tokyo et ses environs avec des pluies torrentielles et des vents violents. Selon BMF - International, la tempête tropicale Jangmi a provoqué l’évacuation de près de 370 000 personnes dans plusieurs préfectures, dont Tokyo et Shikoku, tandis que 616 vols ont été annulés, dont 92 internationaux, et 60 000 coupures de courant recensées.

Ce qu'il faut retenir

  • 370 000 personnes évacuées entre Tokyo et l’île de Shikoku en raison des risques d’inondations et de glissements de terrain.
  • 616 vols annulés, dont 92 vols internationaux, principalement depuis l’aéroport de Haneda à Tokyo.
  • 60 000 coupures de courant signalées dans les régions touchées par la tempête.
  • Des rues inondées, des arbres déracinés et des autoroutes fermées, avec des risques persistants de glissements de terrain.
  • Le typhon, classé en « tempête tropicale violente », s’éloigne progressivement vers l’océan Pacifique.

Une tempête aux conséquences immédiates sur les transports et les infrastructures

Depuis son arrivée lundi sur la côte pacifique, Jangmi a perturbé l’ensemble des transports dans l’est du Japon. Les compagnies All Nippon Airways et Japan Airlines ont dû annuler plus de 600 vols, dont une majorité de correspondances internationales. À l’aéroport de Haneda, les écrans affichaient des retards ou des annulations pour des destinations comme Sydney, Singapour, Londres ou Bangkok. « Quand je vois des vols annulés, c’est plus compliqué : il faut réserver un hôtel, mais ils sont souvent complets », a témoigné Ismail, un Français de 40 ans dont le vol a été décalé de cinq heures seulement.

Côté ferroviaire, certains services ont été partiellement suspendus ou ralentis, notamment dans la région de Tokyo. Pourtant, de nombreux trains circulaient presque vides, les autorités ayant encouragé les entreprises à autoriser le télétravail pour limiter les risques liés aux intempéries. Les écoles sont restées fermées dans plusieurs zones, renforçant l’impact sur le quotidien des habitants.

Des alertes répétées et une préparation accrue de la population

Les autorités japonaises ont multiplié les messages d’alerte, appelant les résidents à évacuer sans attendre en cas de danger. « Même dans les zones où la pluie s’est calmée, le sol reste fragilisé et le risque de glissements de terrain persiste », a souligné Minoru Kihara, porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse. Il a insisté : « Veuillez continuer à accorder une attention particulière aux informations locales. Si vous ressentez ne serait-ce qu’un léger danger, agissez sans hésiter pour protéger votre vie. »

Parmi les habitants concernés, Léa, une Française de 28 ans installée à Kawagoe, près de Tokyo, a reçu des dizaines d’alertes en quelques heures. « J’habite à deux rues d’une rivière en alerte. Comme on n’est pas habitués, c’est un peu stressant : le téléphone n’arrête pas de sonner », a-t-elle expliqué à BFMTV. Elle a préparé un sac avec ses papiers et les affaires de son chat Sanji, au cas où une évacuation deviendrait nécessaire. Ces témoignages illustrent l’anxiété générée par un phénomène météorologique inhabituel pour la saison.

Des dégâts matériels étendus et des risques persistants

Les pluies diluviennes ont fait gonfler les rivières dans l’est et l’ouest du Japon, inondant des quartiers entiers et emportant panneaux de signalisation et arbres. Des glissements de terrain ont été signalés dans plusieurs préfectures, tandis que certaines autoroutes ont été temporairement fermées. L’Agence météorologique japonaise a levé certaines alertes aux inondations en début de journée, mais les craintes de nouvelles intempéries restent fortes.

Jangmi, premier typhon de la saison, a déjà causé des dégâts matériels significatifs. Des rues transformées en torrents, des véhicules endommagés par des chutes d’arbres et des infrastructures électriques perturbées composent le tableau des conséquences. « Des milliers de foyers sont privés d’électricité, et les équipes de secours restent en alerte pour intervenir en cas de besoin », a précisé Minoru Kihara.

Et maintenant ?

La tempête devrait s’éloigner progressivement vers l’est dans la soirée du 3 juin, selon les dernières prévisions. Les autorités japonaises appellent à la prudence dans les prochaines 24 à 48 heures, le sol restant instable. Des opérations de nettoyage et de réparation des infrastructures pourraient commencer dès mercredi, une fois les conditions météorologiques stabilisées.

Les prochaines heures seront cruciales pour évaluer l’ampleur des dégâts et organiser les secours. Les préfectures concernées devraient publier des bilans détaillés dans les jours à venir, tandis que les compagnies aériennes et ferroviaires devraient rétablir progressivement leurs services.

Contexte : un typhon précoce et inhabituel

L’arrivée de Jangmi en juin marque un départ précoce de la saison des typhons au Japon. Généralement, ces phénomènes météorologiques frappent l’archipel entre juillet et octobre, mais le changement climatique pourrait favoriser des occurrences plus fréquentes et plus intenses en début d’année. Les experts soulignent la nécessité de renforcer les infrastructures pour faire face à ces événements de plus en plus imprévisibles.

Le Japon, régulièrement exposé aux typhons, a développé des systèmes d’alerte avancés et des protocoles d’évacuation stricts. Pourtant, la rapidité avec laquelle Jangmi s’est intensifié rappelle les défis posés par les phénomènes météorologiques extrêmes, même en début de saison.

Jangmi a été classée en « tempête tropicale violente », un niveau inférieur à celui de typhon, mais suffisamment puissant pour provoquer des pluies diluviennes et des vents forts. Sa trajectoire le long de la côte pacifique a amplifié son impact, notamment en raison de la topographie montagneuse du Japon, qui favorise les glissements de terrain et les inondations.

Les autorités locales recommandent de rester en alerte jusqu’à la fin de l’épisode météorologique. Une fois les risques passés, les résidents pourront regagner leurs domiciles, sous réserve des inspections de sécurité menées par les services municipaux. Les centres d’hébergement temporaires, mis en place dans les zones à risque, devraient fermer progressivement.