Alors que les relations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis traversent une période de forte tension, l’eurodéputé allemand Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, met en garde contre d’éventuelles mesures de rétorsion de la part de Washington. Selon Euronews FR, cette déclaration intervient après l’imposition, jeudi 7 août 2026, d’une amende de 890 millions d’euros à Google par la Commission européenne pour non-respect du règlement sur les marchés numériques (DMA).

Ce qu'il faut retenir

  • L’UE a infligé une amende de 890 millions d’euros à Google jeudi 7 août 2026 pour violation du règlement sur les marchés numériques (DMA).
  • Les États-Unis ont qualifié cette sanction de « déraisonnable » et ont évoqué une « incertitude » pour les échanges commerciaux transatlantiques.
  • Bruxelles et Washington sont liés depuis juillet 2025 par un accord commercial prévoyant des droits de douane de 15 % sur les biens européens.
  • Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a critiqué l’amende en invoquant le travail forcé, une justification jugée « insensée » par Bernd Lange.
  • L’eurodéputé craint que l’UE ne subisse de nouvelles mesures de rétorsion et attend une réaction américaine dans les prochains mois.

Un contexte commercial déjà tendu entre Bruxelles et Washington

Les relations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis se sont encore dégradées ces derniers jours, après que la Commission européenne a annoncé, jeudi 7 août 2026, une amende de 890 millions d’euros à l’encontre du géant américain Google. Cette sanction, la plus lourde jamais infligée à une entreprise tech en vertu du Digital Markets Act (DMA) – ou règlement sur les marchés numériques –, sanctionne le non-respect par Google de ses obligations en matière de concurrence. Selon Euronews FR, cette décision a immédiatement suscité une réaction cinglante de la part des autorités américaines, qui dénoncent une mesure « déraisonnable » et porteuse d’incertitude pour les échanges transatlantiques.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a ainsi affirmé que l’amende européenne créait un climat de tension inutile, alors que les deux blocs peinent à trouver un terrain d’entente sur les règles régissant le commerce numérique. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les critiques américaines contre le DMA se sont multipliées, Washington estimant que cette législation vise de manière disproportionnée les entreprises américaines.

Un accord commercial en Écosse au cœur des tensions

Pour comprendre l’ampleur de la crise actuelle, il faut remonter à l’accord commercial conclu entre l’UE et les États-Unis en juillet 2025, lors d’une réunion en Écosse. Cet accord, salué à l’époque comme une avancée majeure, prévoyait notamment l’instauration de droits de douane américains de 15 % sur les biens européens, tandis que Bruxelles s’engageait à supprimer les tarifs douaniers sur les produits américains. Un équilibre fragile, censé protéger les entreprises européennes des décisions unilatérales de Washington.

Pourtant, le nouveau régime de droits de douane dévoilé jeudi 7 août 2026 par les États-Unis a pris de court les responsables européens. Washington a en effet ciblé plusieurs partenaires commerciaux, dont l’UE, au nom de la lutte contre le travail forcé. Une justification que l’eurodéputé Bernd Lange juge « insensée », rappelant que l’Union européenne dispose déjà d’une législation parmi les plus strictes au monde en la matière. « Nous avons une législation exemplaire, même plus stricte que celle des États-Unis », a-t-il déclaré, soulignant que Bruxelles applique déjà des normes strictes en matière de droits humains et de conditions de travail.

Bernd Lange craint une escalade des tensions

Face à cette situation, Bernd Lange, qui préside la commission du commerce international du Parlement européen, n’exclut pas une réaction américaine sous forme de représailles commerciales. « Pour être honnête, je m’attends à ce qu’il y ait une réaction », a-t-il confié à Euronews FR, avant d’ajouter que le DMA et la législation sur les services numériques (DSA) restent dans le collimateur de Washington. Selon lui, l’UE doit se préparer à une possible escalade, alors que les deux blocs peinent à trouver un terrain d’entente sur les règles du commerce numérique.

L’eurodéputé a également évoqué la possibilité que les nouveaux droits de douane américains soient contestés devant les tribunaux, espérant que la politique commerciale revienne entre les mains du Congrès. « Je suppose que les tribunaux américains se prononceront là-dessus », a-t-il indiqué, tout en appelant de ses vœux un retour à une gouvernance plus stable après les élections de mi-mandat de novembre 2026. Selon lui, une telle évolution pourrait apporter une « stabilité supplémentaire » aux relations transatlantiques.

Le travail forcé, un prétexte contesté par Bruxelles

L’argumentaire américain, qui justifie les nouveaux droits de douane par la lutte contre le travail forcé, a particulièrement irrité les responsables européens. Bernd Lange a rappelé que l’UE applique déjà des normes strictes en matière de droits humains, bien plus exigeantes que celles en vigueur aux États-Unis. « Nous avons une législation exemplaire », a-t-il insisté, soulignant que Bruxelles n’a pas attendu 2026 pour encadrer les pratiques des entreprises en matière de travail et de droits sociaux.

Pourtant, Washington maintient sa position, arguant que certains pays, y compris au sein de l’UE, ne respecteraient pas suffisamment les conventions internationales sur le travail forcé. Une accusation que l’eurodéputé qualifie de « totalement infondée », rappelant que l’Union européenne a ratifié la plupart des traités internationaux en la matière et applique des contrôles stricts sur ses propres chaînes d’approvisionnement.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios pourraient se dessiner dans les prochains mois. D’une part, les États-Unis pourraient maintenir leurs droits de douane, au risque d’une escalade commerciale. D’autre part, une décision des tribunaux américains pourrait, à terme, invalider ces mesures, offrant une issue juridique à la crise. Enfin, les élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre 2026 pourraient redonner un rôle plus important au Congrès dans la définition de la politique commerciale, une évolution que Bernd Lange appelle de ses vœux pour rétablir une stabilité durable entre les deux blocs.

Dans l’immédiat, Bruxelles et Washington semblent condamnés à négocier sous haute tension. L’UE, qui a déjà infligé une amende record à Google, pourrait-elle étendre ses sanctions à d’autres géants américains du numérique ? Rien n’est moins sûr, mais une chose est certaine : la question du commerce numérique et des droits de douane reste un sujet explosif, capable de rebattre les cartes des relations transatlantiques.

Les États-Unis ont invoqué le travail forcé pour justifier leurs nouveaux droits de douane dans le cadre d’une politique commerciale plus large visant à sanctionner les pays accusés de ne pas respecter les conventions internationales. Cette approche, adoptée sous l’administration Trump, s’inscrit dans une volonté de durcir les conditions d’accès au marché américain pour certains partenaires commerciaux, dont l’Union européenne. Selon Euronews FR, cette justification a été immédiatement contestée par Bruxelles, qui rappelle que l’UE dispose déjà de l’une des législations les plus strictes au monde en matière de droits humains et de travail.