Un adolescent thaïlandais est soupçonné d’avoir tué ses grands-parents avant de se rendre dans son lycée près de Bangkok, où il a ouvert le feu, causant la mort de huit personnes au total. Selon BMF - International, le tireur présumé est également décédé, mais les circonstances exactes de sa mort n’ont pas été précisées dans l’immédiat.
Ce qu'il faut retenir
- Un lycéen de 14 ou 15 ans, scolarisé dans l’établissement attaqué, est suspecté des deux crimes.
- Le bilan provisoire fait état de six morts dans le lycée — trois élèves et trois enseignants — ainsi que 23 blessés, dont 15 élèves.
- Avant l’attaque scolaire, le jeune homme aurait tué ses grands-parents avec l’arme de son grand-père, selon les premières investigations.
- Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a qualifié l’incident de « terrible » et rappelé le refus du gouvernement d’autoriser la détention d’armes à feu.
Un double drame dans la province de Nonthaburi
Les faits se sont déroulés ce vendredi 7 août dans la province de Nonthaburi, située au nord de Bangkok. Selon les autorités locales, le lycéen aurait d’abord tué ses grands-parents avec le pistolet appartenant à son grand-père. Il se serait ensuite rendu dans son établissement, le collège-lycée Debsirin, où il a ouvert le feu. Six personnes sont mortes sur place : trois élèves et trois enseignants. Vingt-trois autres personnes ont été blessées, dont quinze élèves blessés en tentant de fuir, a précisé le vice-ministre thaïlandais de l’Intérieur, Polapee Suwunchwee, lors d’une déclaration à la chaîne publique Thai PBS.
Témoignages et réaction des autorités
Une lycéenne, Pawarisa Maylissa, a témoigné à l’AFP avoir entendu « de très nombreux coups de feu, très forts », expliquant que le tireur se trouvait « à l’étage juste au-dessus ». Elle a ajouté : « J’avais peur de mourir et de ne pas pouvoir poursuivre mes rêves. » Le vice-ministre de l’Intérieur et le ministre de la Santé se sont rendus sur place peu après les faits, où une foule de parents s’était rassemblée pour récupérer leurs enfants. « J’ai vu des milliers d’élèves se précipiter dehors. Certains n’avaient même pas de chaussures », a confié Thongchai Thanakat, conducteur de moto-taxi travaillant devant le lycée depuis vingt ans.
Un profil inquiétant et des signes avant-coureurs
Plusieurs médias locaux, citant les autorités, ont indiqué que le suspect portait l’uniforme scolaire violet du lycée Debsirin, accompagné d’un sac bandoulière noir. Son identité n’a pas été révélée. Selon des témoignages recueillis par BMF - International, des élèves et anciens camarades décrivent un adolescent « perturbé », intéressé par le FBI et les armes, et ayant subi du harcèlement de la part d’autres élèves. « Quand je l’ai vu pointer son arme vers moi, j’ai pensé qu’il avait l’air très professionnel, comme s’il avait été entraîné depuis longtemps », a raconté Purin Khumchoo, 17 ans, qui a échappé de justesse aux tirs.
Pourtant, des entretiens menés avec le conseiller d’orientation de l’établissement révèlent que l’élève était « bon élève », « avait des amis » et « participait régulièrement aux activités ». Ces contradictions soulèvent des questions sur la préparation de l’attaque et les éventuels signaux d’alerte manqués.
Un mobile encore indéterminé et un contexte politique tendu
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a déclaré que le tireur avait « clairement planifié » son attaque dans le lycée, qualifiant l’incident d’« horrible » qui « n’aurait jamais dû arriver ». Il a rappelé que le gouvernement thaïlandais s’opposait fermement à la détention d’armes à feu, soulignant que « c’est pour cette raison que nous n’autorisons pas la possession d’armes à feu ». La Thaïlande compte l’un des taux de possession d’armes les plus élevés d’Asie du Sud-Est, avec environ 10 millions d’armes en circulation, soit une pour sept habitants.
Cette fusillade s’ajoute à une série d’incidents similaires dans le pays. En février 2026, un adolescent avait tué le directeur d’une école du Sud et blessé deux élèves avant d’être arrêté. En 2022, un ancien policier avait massacré 24 enfants et 12 adultes dans une garderie du nord du pays. Malgré les engagements politiques à durcir la législation, les fusillades récurrentes illustrent les difficultés à endiguer ce phénomène.
En attendant, la communauté éducative et les familles des victimes restent sous le choc. Le lycée Debsirin, fermé jusqu’à nouvel ordre, fait l’objet d’une surveillance renforcée, tandis que des cellules psychologiques ont été déployées pour accompagner élèves et enseignants. Le Premier ministre a annoncé son déplacement sur place dans l’après-midi du 7 août pour évaluer la situation et soutenir les opérations de secours.
Les autorités n’ont pas encore précisé si des signes avant-coureurs avaient été détectés par l’établissement ou les services sociaux. Le conseiller d’orientation du lycée a indiqué que l’élève était perçu comme un « bon élève » ayant des amis, ce qui contraste avec les témoignages évoquant un adolescent harcelé et obsédé par les armes. Une enquête approfondie sera nécessaire pour comprendre pourquoi ces signaux n’ont pas été interprétés comme une menace.