Selon BFM Bourse, la banque allemande Deutsche Bank a revu à la hausse son évaluation sur l’action du groupe de technologies et de défense Thales. Dans une note publiée le 27 juillet 2026, l’institution financière relève son conseil de 'conserver' à 'achat', tout en rehaussant son objectif de cours de 283 € à 296 €. Cette révision intervient dans un contexte où Thales affiche une dynamique positive sur l’ensemble de ses activités, après des résultats semestriels jugés 'de haut vol'.
Les marchés ont réagi favorablement à cette annonce. Le titre Thales a progressé de 3,2 % à la Bourse de Paris en fin de journée du 27 juillet, soit une performance quotidienne de 5,07 % – la meilleure du CAC 40 depuis le début de la saison des résultats. Selon Deutsche Bank, cette hausse reflète une amélioration tangible des perspectives économiques du groupe, porté par ses divisions défense, aérospatial et cybersécurité.
Ce qu'il faut retenir
- Deutsche Bank passe son avis sur Thales de 'conserver' à 'achat', avec un objectif de cours relevé à 296 € contre 283 € auparavant.
- Le titre a progressé de 5,07 % en une séance, soit la meilleure performance du CAC 40 depuis le début de la saison des résultats.
- Les résultats semestriels de Thales montrent une amélioration de la rentabilité dans ses divisions défense et aérospatial, tandis que la cybersécurité renoue avec la croissance.
- La France a approuvé une extension de 36 milliards d’euros dans sa loi de programmation militaire (LPM), avec une hausse des budgets prévue entre 2026 et 2028.
- Thales est bien positionné face à la montée en puissance des start-ups spécialisées dans les technologies de défense, grâce à son portefeuille diversifié et ses partenariats industriels.
Une révision de l’avis motivée par des performances solides
Deutsche Bank justifie son changement d’avis par une analyse détaillée des résultats du premier semestre 2026 de Thales, publiés la semaine précédant l’annonce. Selon la banque, tous les métiers du groupe – défense, aérospatial et cybersécurité – affichent une « meilleure fortune » que prévu. Les chiffres semestriels confirment une trajectoire positive, avec des marges opérationnelles en progression et un carnet de commandes dynamique dans la défense. « Le portefeuille de produits est le bon dans le contexte actuel », souligne Deutsche Bank, qui estime que Thales est désormais « sur la bonne voie pour l’ensemble de ses métiers ».
Cette révision s’inscrit dans un mouvement plus large de réappréciation des valeurs de défense en Europe, alors que les tensions géopolitiques et les budgets militaires en hausse redonnent de la visibilité aux acteurs historiques du secteur. Pour Thales, cela se traduit par une croissance annuelle moyenne estimée à 11,2 % entre 2024 et 2028, contre un rythme initial prévu de 6 à 7 % par le groupe. Un écart que la banque attribue à la robustesse des commandes militaires, notamment en France et en Europe.
La défense, moteur de la croissance future
Deutsche Bank met en avant l’amélioration des perspectives de la division défense de Thales, qui représente une part significative de son chiffre d’affaires. La banque souligne que la France, qui pèse 20 % des ventes totales du groupe, a non seulement adopté son budget militaire pour 2026, mais a également approuvé une extension de 36 milliards d’euros dans sa loi de programmation militaire (LPM) le 30 juin 2026. « Cela signifie que le budget de la Défense français pourrait augmenter de 13 %, 11 % et 8 % entre 2026 et 2028, par rapport à la trajectoire initiale de 6 % », précise Deutsche Bank.
Thales est particulièrement exposé aux segments prioritaires de cette LPM, à savoir les missiles, les munitions, les drones, l’espace et la préparation opérationnelle des forces. La banque rappelle que le groupe est présent dans ces domaines via ses activités en radars, systèmes spatiaux et optronique. « Une augmentation du budget alloué à ces domaines prioritaires est généralement une bonne nouvelle pour Thales, même si la prolongation du LPM n’a pas de caractère juridiquement contraignant », ajoute Deutsche Bank. Les prises de commandes récentes confirment ce dynamisme, avec des perspectives de croissance à deux chiffres pour la division défense.
L’espace et la cybersécurité : des activités en redressement
Dans le domaine spatial, Thales Alenia Space – filiale du groupe spécialisée dans les satellites et les infrastructures orbitales – bénéficie d’un contexte porteur. Deutsche Bank note que les budgets spatiaux alloués par l’Agence spatiale européenne, l’Union européenne et plusieurs États membres sont en hausse, « motivés par des impératifs de souveraineté et de défense ». Cette dynamique soutient un redressement déjà visible : le spatial a retrouvé la croissance et affiche une marge opérationnelle positive au premier semestre 2026.
Côté cybersécurité, la division « Cyber and Digital » de Thales, qui regroupe également les activités d’identité numérique et de biométrie, semble avoir « possiblement atteint un creux ». Après plusieurs trimestres difficiles, cette activité renoue avec la croissance au deuxième trimestre. Deutsche Bank y voit un signe encourageant, même si le segment reste moins porteur que les autres divisions. « Thales a su diversifier ses sources de revenus et réduire sa dépendance à un seul métier », explique la banque, qui souligne la résilience de l’entreprise face aux cycles économiques.
Un positionnement unique face à la concurrence
Deutsche Bank insiste sur la capacité de Thales à se différencier dans un paysage concurrentiel marqué par l’émergence de start-ups spécialisées dans les technologies de défense. Alors que des groupes comme Rheinmetall, Renk ou CSG subissent la concurrence des acteurs plus agiles sur les drones et l’IA, Thales mise sur ses plateformes de grande envergure et son portefeuille diversifié. « L’entreprise est spécialisée dans les solutions à grande échelle, grâce à des produits de pointe et une R&D intensive », souligne Deutsche Bank.
Avec des dépenses de recherche et développement représentant 6 % de son chiffre d’affaires, Thales investit massivement dans des technologies de rupture comme l’informatique quantique, l’IA de confiance, le cloud computing et la biométrie. « Les start-ups innovent rapidement, mais elles doivent souvent s’associer à de grands industriels pour déployer leurs solutions à grande échelle. Thales s’engage dans ce type de collaborations, tirant parti de ces partenariats pour mener à bien des projets de prototypage sans s’exposer à des risques excessifs », explique la banque. Cette stratégie permet au groupe de concilier agilité et stabilité, un atout majeur dans un secteur en pleine mutation.
Pour les actionnaires, l’objectif de cours de 296 € fixé par Deutsche Bank représente un potentiel de hausse de plus de 25 % par rapport au cours de clôture du 26 juillet 2026. Une cible ambitieuse, mais qui reflète la confiance retrouvée dans le modèle économique de Thales. Reste à voir si le groupe parviendra à transformer cette dynamique en croissance durable, alors que les défis géopolitiques et technologiques persistent.
Selon Deutsche Bank, la révision de son avis à 'achat' s’appuie sur plusieurs éléments : des résultats semestriels solides, une amélioration de la rentabilité dans toutes les divisions du groupe (défense, aérospatial, cybersécurité), et des perspectives économiques plus favorables, notamment grâce à la hausse des budgets militaires en France et en Europe. La banque souligne également la pertinence du portefeuille de produits de Thales, qui lui permet de se différencier face à la concurrence.
Parmi les risques identifiés par les analystes, on trouve la dépendance de Thales aux budgets militaires, qui peuvent être revus à la baisse en cas de changement de priorités politiques. La division cybersécurité, bien que stabilisée, reste vulnérable à la concurrence des acteurs plus agiles. Enfin, la capacité du groupe à maintenir son rythme d’innovation et à intégrer les partenariats technologiques sera déterminante pour sa croissance future.