Une Belgique fracturée, une extrême droite au pouvoir et une émission de téléréalité proposant au gagnant une carte de séjour : c’est le scénario de la série « The Best Immigrant », diffusée depuis hier sur la plateforme France.tv, comme le rapporte Franceinfo – Culture.

Ce qu'il faut retenir

  • Une série flamande en 5 épisodes, diffusée depuis le 6 juillet 2026 sur France.tv.
  • L’histoire se déroule dans une Belgique divisée entre la Flandre et la Wallonie, après la victoire électorale de l’extrême droite.
  • Les étrangers non originaires du pays sont menacés d’expulsion, sauf s’ils participent à une émission de téléréalité.
  • Le gagnant de « The Best Immigrant » remporte une carte de séjour et le droit de rester sur le territoire.
  • Inspirée par des émissions comme Squid Game et Loft Story, la série explore les limites éthiques des jeux télévisés.
  • Créée par deux scénaristes flamands, Christina Poppe et Raoul Groothuizen, dont l’idée remonte à 2018.

Une fiction qui s’inspire d’un contexte politique réel

L’intrigue de « The Best Immigrant » prend pour cadre une Belgique profondément divisée. Selon le scénario, la Flandre a fait sécession avec la Wallonie, et l’extrême droite a remporté les élections nationales. Dans ce contexte, tous les étrangers non nés sur le sol belge sont menacés d’expulsion : la police convoque les intéressés et détruit systématiquement leurs titres de séjour, rapporte Franceinfo – Culture.

Pourtant, une échappatoire existe. Une chaîne de télévision a mis au point un jeu télévisé dont le vainqueur se voit offrir une carte de séjour. Les candidats sont soumis à des épreuves d’élimination rappelant Squid Game, tandis qu’une productrice – à l’image des émissions comme Loft Story – sélectionne les profils les plus à même d’émouvoir le public. Le tout dans une ambiance où le suspense et l’angoisse servent de carburant à l’audience.

Une création née en 2018, dans un monde déjà inquiétant

Les deux scénaristes à l’origine de cette série, Christina Poppe et Raoul Groothuizen, ont commencé à travailler sur ce projet dès 2018. « On a eu cette idée en 2018, donc cela remonte un peu », a expliqué Christina Poppe. À l’époque, l’élection de Donald Trump venait de bouleverser le paysage politique international, et la présence militaire à Bruxelles était particulièrement marquée.

Pour Christina Poppe, l’inspiration venait aussi d’un sentiment d’inquiétude grandissante : « Le monde nous paraissait vraiment inquiétant. » De son côté, Raoul Groothuizen a précisé que l’objectif était également d’explorer « jusqu’où un producteur de jeux télévisés est prêt à aller pour créer ce genre de reality show ». Une question d’autant plus pertinente que, depuis 2018, le contexte politique et médiatique a encore évolué.

Des références assumées à Squid Game et à Loft Story

Christina Poppe ne cache pas les influences qui ont nourri l’écriture de « The Best Immigrant ». « Quand on a eu l’idée, Squid Game n’existait pas encore », a-t-elle indiqué. Mais lors de la rédaction du scénario, la série coréenne cartonnait déjà à l’échelle mondiale. « Ça nous a clairement inspirés. » Les épreuves d’élimination et la tension extrême mises en scène dans « The Best Immigrant » en sont directement issues.

Autre inspiration : les émissions de téléréalité comme Loft Story, avec une productrice qui choisit ses candidats en fonction de leur potentiel émotionnel. « La réalité nous a aussi rattrapés », a souligné Christina Poppe. En 2018, les politiques migratoires de Donald Trump aux États-Unis n’étaient pas encore aussi radicales qu’aujourd’hui. Pourtant, la série anticipe déjà les dérives possibles d’une société obsédée par l’audience et les frontières.

Un présentateur de jeu télévisé inspiré des animateurs réels

Pour incarner le personnage du présentateur de l’émission, Raoul Groothuizen s’est inspiré de la réalité des animateurs de jeux télévisés. « On a regardé de vrais animateurs de jeux télé, comment ils se comportent, le fait qu’ils semblent faux », a-t-il détaillé. Ces présentateurs, toujours souriants et charismatiques, n’hésitent pas à rire aux dépens des candidats, créant une ambiance à la fois artificielle et cruelle.

Ce choix renforce le côté satirique de la série. En dépeignant un présentateur manipulateur et superficiel, les auteurs soulignent l’hypocrisie des émissions de téléréalité, où la dignité des participants est souvent sacrifiée sur l’autel du spectacle. « Ils sont toujours très beaux, très charismatiques », a ajouté Groothuizen, « En même temps, ils rient aussi aux dépens des candidats. »

Et maintenant ?

La série « The Best Immigrant » est disponible depuis hier sur France.tv, où elle peut être visionnée sans restriction. Si la fiction s’inspire d’un contexte politique et social réel, elle pose surtout une question : jusqu’où la société est-elle prête à aller pour satisfaire son obsession de l’entertainment et de la sécurité ? La diffusion de cette série intervient dans un contexte où les débats sur l’immigration et l’identité nationale restent vifs en Europe. Reste à savoir si cette fiction, aussi provocante soit-elle, parviendra à susciter une réflexion plus large sur ces enjeux.

Présentée au Festival Séries Mania cette année, la série a déjà marqué les esprits par son audace. Ses créateurs, Christina Poppe et Raoul Groothuizen, espèrent qu’elle suscitera des discussions sur les dérives possibles des médias et des politiques migratoires. Une série à voir, donc, non seulement pour son scénario, mais aussi pour les questions qu’elle soulève sur notre époque.