Les amateurs de cinéma qui seraient tentés de télécharger illégalement le blockbuster « The Odyssey », prévu pour une sortie en salles dans les prochains jours, s’exposent à un risque majeur d’infection par un malware, selon une alerte lancée par l’entreprise spécialisée Bitdefender. Dans un communiqué publié ces dernières heures, le groupe révèle que des utilisateurs ont déjà tenté de récupérer des versions piratées du film, lesquelles dissimulent en réalité des exécutables malveillants conçus pour voler des données sensibles.
Ce qu'il faut retenir
- Des copies piratées de « The Odyssey » diffusent déjà le malware Lumma Stealer, capable de voler mots de passe, données bancaires et fichiers locaux.
- Plusieurs noms de fichiers pièges circulent en ligne, comme « the odyssey 2160phd (2026) engsubs eztv.exe » ou « the odyssey 2026 1080p h264-djt.exe ».
- Ce malware, développé en Russie, cible non seulement les ordinateurs, mais aussi les comptes financiers et les outils de communication des victimes.
- Cette campagne s’inscrit dans une tendance récurrente où les films à succès sont exploités pour diffuser des logiciels malveillants.
- Les chercheurs rappellent que la vigilance reste de mise, même sur des sites illégaux où les utilisateurs anticipent des risques.
Un malware déjà en circulation avant même la sortie officielle
Selon Bitdefender, les premières tentatives d’infection ont été détectées « quelques jours seulement » après que « The Odyssey » soit devenu l’un des plus gros lancements cinématographiques de l’année 2026. Alors que le film n’est pas encore disponible en ligne, ses séances en salles affichent complet dans de nombreuses villes, notamment en version IMAX. Pourtant, des sites illégaux proposent déjà des fichiers se faisant passer pour des versions légales ou des bandes-annonces.
Dans la majorité des cas, ces fichiers ne contiennent aucune vidéo, mais un malware nommé Lumma Stealer, qui s’active dès leur ouverture. Ce logiciel malveillant, originaire de Russie, est capable de subtiliser une gamme étendue d’informations : identifiants et mots de passe enregistrés, cookies de session, historique de navigation, outils d’accès à distance, applications de messagerie, ou encore tous les documents stockés sur l’appareil.
Des conséquences potentiellement dévastatrices pour les victimes
Une fois installé, Lumma Stealer offre aux pirates un contrôle quasi total sur la machine compromise. Les attaquants peuvent ainsi accéder aux comptes bancaires, intercepter les communications, ou encore utiliser l’appareil comme porte d’entrée vers d’autres systèmes connectés. « En accédant à un éventail aussi large de données, les criminels obtiennent une marge de manœuvre considérable, tant sur le plan financier que numérique », explique Bitdefender dans son rapport.
Cette méthode n’est pas nouvelle : elle s’inspire directement d’une campagne similaire repérée en 2025 autour du film « Mission: Impossible – The Final Reckoning ». À l’époque, des chercheurs en cybersécurité avaient également identifié la diffusion de Lumma Stealer via des sites de torrents, sous des fichiers présentant des noms de sortie cinéma.
Une technique de piratage qui touche bien au-delà du cinéma
Les malwares comme Lumma Stealer ne ciblent pas uniquement les films à succès. Selon les experts, les séries, les jeux vidéo piratés et même les logiciels contrefaits sont régulièrement utilisés comme vecteurs d’infection. « Plutôt que d’inventer de nouvelles attaques, les criminels recyclent en permanence des méthodes ayant déjà fait leurs preuves », souligne Bitdefender, qui précise que ces pratiques sont particulièrement répandues sur les plateformes de torrents.
La vigilance des internautes est souvent mise à mal sur ces sites, où l’illégalité du contenu conduit à une forme de résignation. Beaucoup s’attendent à des fichiers inhabituels ou suspects, ce qui réduit leur méfiance face à des noms de fichiers ou des formats anormaux.
Comment éviter de tomber dans le piège ?
Pour limiter les risques, Bitdefender recommande de privilégier les plateformes de streaming légales et reconnues, qui garantissent l’absence de malwares dans les contenus proposés. L’entreprise insiste également sur la nécessité de mettre à jour régulièrement ses logiciels de cybersécurité et son système d’exploitation, afin de bénéficier des dernières protections contre les vulnérabilités connues.
Les utilisateurs doivent aussi éviter de télécharger des fichiers depuis des sources non vérifiées, même s’ils semblent provenir de sites populaires. Une simple vérification de l’extension du fichier (par exemple, la présence d’un « .exe » en fin de nom) peut parfois suffire à éviter une infection.
Les fichiers malveillants utilisent souvent des noms évocateurs, comme « the odyssey 2160phd (2026) engsubs eztv.exe » ou « the odyssey 2026 1080p h264-djt.exe ». L’extension « .exe » est un indice majeur, car elle indique un exécutable Windows et non un fichier vidéo. De plus, les sites proposant ces fichiers sont généralement des plateformes de torrents ou des liens externes non officiels.
Ce malware cible prioritairement les identifiants de connexion (mots de passe, cookies de session), les données bancaires enregistrées, l’historique de navigation, ainsi que les documents locaux stockés sur l’ordinateur. Il peut également intercepter les communications via des applications comme Discord ou Telegram, et même installer des outils d’accès à distance pour prendre le contrôle complet de la machine.