Les autorités sanitaires françaises ont établi une limite précise concernant la consommation hebdomadaire de thon en boîte, un aliment apprécié pour ses apports nutritionnels mais aussi critiqué pour sa teneur en méthylmercure. Selon Top Santé, ces recommandations varient selon les profils de consommateurs et l’espèce de thon consommée.

Ce qu'il faut retenir

  • 2 à 3 portions par semaine pour un adulte en bonne santé, dans la limite de 400 grammes cumulés.
  • Une limite plus stricte de 1 portion par semaine pour les femmes enceintes, les enfants de moins de 30 mois et les personnes fragiles.
  • Le thon blanc (albacore) est plus contaminé que le thon pâle (listao) en raison de sa taille et de son régime alimentaire.
  • Le méthylmercure, présent dans le thon, peut affecter le système nerveux en cas de surconsommation.
  • Les autorités sanitaires rappellent que les repères de consommation sont fixés par l’Anses et le ministère de la Santé.

Le thon en conserve occupe une place de choix dans les placards des Français. Prisé pour sa praticité, sa richesse en protéines, en oméga-3 et en sélénium, il séduit autant les adultes que les enfants. Pourtant, ce produit star des assiettes soulève des interrogations majeures en matière de sécurité sanitaire. Le méthylmercure, un composé toxique issu de la pollution des océans, s’accumule dans les grands prédateurs marins, dont le thon fait partie. Selon Top Santé, cette substance peut présenter un risque pour le développement neurologique des fœtus et des jeunes enfants, même à faible dose.

Pour encadrer ces risques, les autorités sanitaires françaises ont défini des repères de consommation stricts. Ces limites, fixées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et le ministère de la Santé, s’appuient sur les recommandations européennes et les données toxicologiques disponibles. Un adulte en bonne santé peut ainsi consommer jusqu’à 400 grammes de thon en boîte par semaine, soit l’équivalent de deux à trois portions standard de 140 à 200 grammes. « Ces seuils visent à concilier les bénéfices nutritionnels du thon et les risques liés au méthylmercure », précise un expert cité par Top Santé. « Ils tiennent compte de la variabilité des teneurs selon les espèces. »

Pourquoi cette limite varie-t-elle selon les espèces de thon ?

Tous les thons ne se valent pas en matière de contamination. Le thon blanc, ou albacore, est généralement plus riche en méthylmercure que le thon pâle, ou listao. La raison ? Les grands spécimens, comme l’albacore, vivent plus longtemps et se nourrissent de poissons plus contaminés, ce qui favorise l’accumulation de mercure dans leurs tissus. Un adulte peut consommer jusqu’à 3 portions de thon pâle par semaine sans dépasser les seuils, contre seulement 2 portions pour le thon blanc.

Les autorités sanitaires recommandent donc de privilégier le thon pâle et de limiter la consommation de thon blanc. « Les données disponibles montrent que le listao contient en moyenne deux fois moins de méthylmercure que l’albacore », explique un nutritionniste interrogé par Top Santé. « Autant dire que le choix de l’espèce fait une différence significative en termes d’exposition. » Pour les consommateurs réguliers, alterner entre les deux types de thon permet de réduire les risques tout en profitant des bienfaits du produit.

Quels sont les profils à risque et comment adapter sa consommation ?

Certaines populations doivent faire preuve de prudence accrue. Les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants de moins de 30 mois et les personnes souffrant de troubles neurologiques sont considérés comme particulièrement vulnérables. Pour ces groupes, les autorités sanitaires recommandent de ne pas dépasser une portion de thon par semaine, tous types confondus. « Le méthylmercure traverse la barrière placentaire et peut affecter le développement cérébral du fœtus », rappelle un pédiatre cité par Top Santé. « Une consommation excessive pendant la grossesse expose à des risques de troubles de l’attention ou de retards psychomoteurs. »

Les personnes souffrant d’insuffisance rénale ou de maladies auto-immunes doivent également limiter leur consommation. Pour elles, un suivi médical est conseillé afin d’ajuster les apports en fonction de leur état de santé. « Ces recommandations ne signifient pas qu’il faut bannir le thon de son alimentation », souligne un diététicien. « Mais elles invitent à une consommation raisonnée et adaptée à son profil. »

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires pourraient réévaluer ces seuils dans les années à venir, notamment en fonction des nouvelles données sur l’exposition au méthylmercure et des avancées scientifiques. Une révision des recommandations n’est pas exclue d’ici 2028, lorsque l’Anses devrait publier un nouveau rapport sur les contaminants dans les produits de la mer. En attendant, les consommateurs sont invités à diversifier leurs sources de protéines et à privilégier les petits poissons, moins contaminés que les grands prédateurs comme le thon.

Cette question soulève une interrogation plus large : comment concilier plaisir alimentaire et sécurité sanitaire dans un contexte où les produits de la mer sont à la fois indispensables à une alimentation équilibrée et porteurs de risques ? La réponse passe sans doute par une consommation éclairée, où l’information et la modération priment. Pour l’heure, les repères fixés par les autorités restent la meilleure boussole pour naviguer entre ces enjeux.