Depuis le début du mois de juin 2026, les touristes pris en flagrant délit de jeter leurs déchets dans le quartier animé de Shibuya, à Tokyo, s’exposent à une amende immédiate de 2 000 yens, soit environ 10,75 euros. Cette mesure, rapportée par Euronews FR, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à lutter contre les conséquences du surtourisme qui frappe la capitale japonaise.

Ce qu'il faut retenir

  • Une amende immédiate de 2 000 yens (10,75 €) est désormais infligée aux touristes jetant des déchets à Shibuya.
  • 50 agents sont déployés quotidiennement pour patrouiller dans le quartier et verbaliser.
  • Le Japon a accueilli 42,7 millions de touristes internationaux en 2025, un record qui alourdit la pression sur les infrastructures.
  • Les autorités misent sur une campagne de sensibilisation avec le slogan : « Si tu jettes tes déchets, tu perds ton cash ».
  • Le manque de poubelles publiques, lié à des craintes sécuritaires, aggrave le problème selon 20 % des touristes interrogés.

Un quartier sous pression, des autorités en première ligne

Shibuya, l’un des arrondissements les plus emblématiques de Tokyo, avec son célèbre carrefour piéton, est devenu un symbole des défis posés par l’afflux massif de visiteurs. Euronews FR indique que les rues du quartier, déjà saturées par des millions de passants chaque jour, voient désormais s’accumuler déchets et bouteilles vides. La consommation d’alcool en public, souvent associée à ces dépôts sauvages, ajoute une dimension supplémentaire au problème.

Pour y répondre, les autorités locales ont décidé de durcir les sanctions. Jusqu’à 50 agents sont mobilisés quotidiennement pour traquer les contrevenants. Les amendes peuvent être réglées sur place en espèces, par carte bancaire ou via un QR code, une flexibilité destinée à faciliter leur recouvrement. « La priorité est d’abord de sensibiliser, mais nous n’hésiterons pas à sanctionner si nécessaire », a précisé un responsable municipal cité par la chaîne japonaise NHK.

Un phénomène amplifié par l’essor du tourisme post-pandémie

Le Japon a enregistré un nombre record de 42,7 millions de touristes internationaux en 2025, selon les chiffres officiels. Ce bond spectaculaire s’explique par plusieurs facteurs : la faiblesse du yen, qui rend le pays plus abordable, et l’explosion des contenus viraux sur les réseaux sociaux mettant en avant des destinations nippones. Pourtant, cette manne économique s’accompagne d’effets collatéraux, comme la hausse des déchets dans les zones touristiques.

À Shibuya, la situation est particulièrement visible. Les poubelles publiques, déjà rares dans tout le pays en raison de craintes liées à des risques terroristes, peinent à absorber l’afflux de détritus. Une enquête gouvernementale menée en 2025 révélait que 20 % des touristes interrogés citaient précisément le manque de poubelles comme leur principal désagrément au Japon. Un paradoxe pour un pays réputé pour son hygiène et son ordre public.

Des mesures complémentaires pour réguler le surtourisme

Les autorités nippones multiplient les initiatives pour concilier attractivité touristique et qualité de vie pour les résidents. Outre les amendes à Shibuya, des contrôles sont renforcés dans d’autres quartiers de Tokyo, notamment auprès des commerces de restauration et de boissons. Ceux qui ne fournissent pas de poubelles à leurs clients s’exposent désormais à des sanctions.

Une campagne de communication a également été lancée avec un slogan percutant : « Si tu jettes tes déchets, tu perds ton cash ». Son objectif ? Inciter les visiteurs à adopter des comportements plus responsables, tout en rappelant que les amendes sont une réalité. Les autorités misent sur l’éducation autant que sur la répression, une approche qui semble s’imposer face à l’ampleur du phénomène.

« Nous ne voulons pas donner une image négative de Tokyo, mais il est indispensable d’agir pour préserver notre environnement et le bien-être de nos habitants. »
Un porte-parole de la mairie de Shibuya

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir un renforcement des patrouilles dans les quartiers touristiques de Tokyo, avec une attention particulière portée à Shinjuku et Asakusa. Une hausse des taxes pour les touristes étrangers est également envisagée pour 2027, afin de financer les infrastructures et limiter l’afflux dans les zones les plus saturées. Enfin, une application mobile pourrait être déployée d’ici la fin de l’année pour orienter les visiteurs vers des zones moins fréquentées et réduire la pression sur les sites emblématiques.

Le Japon face à un défi structurel

Le surtourisme n’est pas un phénomène isolé. D’autres destinations asiatiques, comme la Thaïlande ou Bali, font face à des enjeux similaires. Pour le Japon, le défi est double : maintenir son attractivité tout en préservant son modèle de société, où l’ordre et la propreté sont des valeurs fondamentales. Les mesures mises en place à Shibuya pourraient servir de test pour d’autres villes du pays.

Dans un contexte où le gouvernement japonais cherche à équilibrer croissance économique et préservation des espaces publics, l’expérience de Shibuya pourrait bien dessiner les contours des politiques touristiques de demain. Autant dire que l’enjeu dépasse largement les frontières du quartier tokyoïte.

Les autorités encouragent les touristes à conserver leurs déchets jusqu’à leur retour à l’hôtel ou à les déposer dans les poubelles installées devant certains commerces. Des points de collecte temporaires pourraient être mis en place dans les prochains mois, notamment dans les gares et les sites touristiques.

L’amende vise en priorité les touristes, mais les résidents locaux sont également soumis aux mêmes règles. Cependant, les autorités ont indiqué qu’une approche pédagogique serait privilégiée pour les habitants, avec des campagnes de sensibilisation avant toute sanction.