Le ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a salué ce vendredi 29 mai les actions de TotalEnergies et de son PDG Patrick Pouyanné, alors que le géant pétrolier fait face à des critiques récurrentes sur ses marges, selon Capital.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministre Serge Papin a défendu TotalEnergies et son PDG Patrick Pouyanné lors d’une intervention sur Sud Radio, le 29 mai 2026.
- Il a mis en avant la décision de l’entreprise de plafonner le prix du gasoil à 2,09 euros le litre.
- Les bénéfices records de TotalEnergies au premier trimestre 2026 s’élèvent à près de 5 milliards d’euros, en hausse de 51 % sur un an.
- Cette performance intervient dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de blocage du détroit d’Ormuz.
- Le débat sur la taxation des « superprofits » des entreprises pétrolières a été relancé par ces résultats.
Un soutien public face aux critiques sur les marges de TotalEnergies
Invité de Sud Radio ce 29 mai 2026, Serge Papin a tenu à saluer « le travail que fait Total [et] que fait monsieur Pouyanné », selon ses propos rapportés par Capital. Le ministre a justifié son soutien en soulignant l’importance stratégique du groupe, « l’une des trois premières majors mondiales ». Il a également rappelé que TotalEnergies n’est plus uniquement axée sur les énergies fossiles, mais développe aussi des projets dans les énergies renouvelables, comme l’éolien et le photovoltaïque.
Cette prise de position intervient alors que TotalEnergies fait régulièrement l’objet de vives critiques. Le groupe est notamment accusé de profiter de la guerre au Moyen-Orient et de la flambée des prix des hydrocarbures pour engranger des profits exceptionnels. Une situation qui a ravivé le débat sur une éventuelle taxation des « superprofits » des entreprises pétrolières.
Le plafonnement des prix du carburant salué comme une mesure concrète
Le ministre a particulièrement mis en avant l’initiative commerciale prise par TotalEnergies pour limiter l’impact de la hausse des prix sur les automobilistes. « Elle bloque les prix à 2,09 euros le gasoil », a-t-il précisé, ajoutant que Patrick Pouyanné « est malin parce qu’il joue sur la fête des mères et la fête des pères pour continuer ». Cette mesure, selon Serge Papin, démontre que l’entreprise « fait un focus sur la France pour aider les citoyens et les automobilistes ».
Pour le ministre, cette décision s’inscrit dans une logique de soutien au pouvoir d’achat. « Les résultats de Total sont des résultats mondiaux, mais là il fait un focus sur la France », a-t-il expliqué. « Je ne vais pas non plus l’encenser, mais en tant que ministre du Pouvoir d’achat, j’apprécie. Sur le prix à la pompe, le geste de Total compte pour les Français. »
Des bénéfices records dans un contexte géopolitique tendu
Les déclarations de Serge Papin surviennent alors que TotalEnergies vient de publier des résultats financiers exceptionnels pour le premier trimestre 2026. Le groupe a enregistré un bénéfice net de près de 5 milliards d’euros, soit une progression de 51 % en un an. Cette performance s’explique en partie par la hausse des prix des hydrocarbures, liée à la guerre au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole.
Ces résultats ont relancé les tensions politiques autour des pratiques des grandes entreprises pétrolières. Plusieurs responsables politiques, de tous bords, dénoncent une situation jugée « difficilement acceptable » pour les consommateurs, alors que les prix à la pompe restent élevés malgré les mesures prises par certains acteurs du secteur.
Un débat récurrent sur la fiscalité des superprofits
La question de la taxation des « superprofits » des entreprises pétrolières, dont TotalEnergies, agite régulièrement le débat public. Les bénéfices records enregistrés par le groupe ces dernières années ont alimenté les critiques, certains y voyant une forme d’enrichissement excessif en période de crise économique et sociale. Plusieurs propositions ont été avancées pour taxer davantage ces marges exceptionnelles, mais aucune mesure concrète n’a encore été adoptée à ce stade.
Dans ce contexte, l’intervention de Serge Papin prend une dimension particulière. En saluant publiquement les actions de TotalEnergies, le ministre du Pouvoir d’achat apporte un soutien inattendu à un groupe souvent pointé du doigt. Une position qui pourrait s’expliquer par la volonté de reconnaître les efforts ponctuels du groupe en matière de prix, tout en évitant une remise en cause globale de son modèle économique.
Pour l’heure, TotalEnergies maintient sa stratégie de communication axée sur les énergies renouvelables et les gestes commerciaux en faveur des consommateurs. Reste à voir si ces initiatives suffiront à apaiser les tensions avec les associations de consommateurs et une partie de la classe politique.
La position de Serge Papin, bien que personnelle, reflète une volonté de nuancer le débat. Elle pourrait aussi préfigurer une approche plus pragmatique de la part du gouvernement, cherchant à concilier soutien aux entreprises stratégiques et protection du pouvoir d’achat des Français.
TotalEnergies est critiqué en raison de ses bénéfices records, estimés à près de 5 milliards d’euros au premier trimestre 2026, une hausse de 51 % sur un an. Ces profits, réalisés dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de blocage du détroit d’Ormuz, sont jugés excessifs par une partie de l’opinion publique et des responsables politiques, qui appellent à une taxation des « superprofits ».
Le gouvernement devrait se prononcer d’ici la fin de l’été 2026 sur d’éventuelles mesures de taxation des superprofits. Plusieurs propositions sont sur la table, mais aucune décision concrète n’a encore été annoncée. La pression sur les prix des carburants et l’évolution du contexte géopolitique pourraient influencer les arbitrages.