Lors de son assemblée générale tenue ce vendredi 29 mai 2026, le PDG de Totalenergies, Patrick Pouyanné, a réaffirmé sa position contre une taxation supplémentaire des profits exceptionnels du groupe, préférant privilégier le blocage des prix à la pompe. Selon BFM Business, cette stratégie vise à « protéger les Français par le partage, quelque part, de nos profits », a-t-il déclaré, alors que les bénéfices du groupe ont été dopés par le contexte géopolitique au Moyen-Orient.
Ce qu'il faut retenir
- Totalenergies prolonge jusqu’à fin juin son plafonnement des prix de l’essence à 1,99 €/litre et du diesel à 2,25 €/litre dans ses stations-service en France.
- Le groupe abaisse temporairement le prix du diesel à 2,09 €/litre les week-ends de la Fête des mères (31 mai) et de la Fête des pères (14 juin).
- Patrick Pouyanné rejette l’idée d’une taxe sur les superprofits, arguant que les Français préfèrent des baisses directes à la pompe plutôt qu’un mécanisme fiscal indirect.
- Le ministre du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a salué « le travail » de Totalenergies, soulignant l’efficacité de cette mesure pour les automobilistes.
- Le PDG rappelle que les profits exceptionnels de Totalenergies sont déjà largement taxés, notamment par les pays producteurs où se situent les gisements.
Un plafonnement des prix prolongé jusqu’à fin juin
Depuis mars 2026, Totalenergies applique un plafonnement des prix des carburants dans ses stations-service en France, une mesure mise en place dans un contexte de tensions géopolitiques et de flambée des cours du pétrole. Comme le rapporte BFM Business, le groupe a annoncé mercredi 28 mai la prolongation de cette opération jusqu’au 30 juin. Le prix de l’essence reste bloqué à 1,99 € le litre, tandis que celui du diesel est fixé à 2,25 € le litre, un niveau jugé accessible pour les ménages.
Une exception notable est prévue pour le diesel, dont le prix sera abaissé à 2,09 € le litre pendant les week-ends de la Fête des mères (du 29 au 31 mai) et de la Fête des pères (du 13 au 15 juin). Cette décision vise à alléger la charge des automobilistes lors de périodes traditionnellement marquées par des déplacements familiaux. Selon les données communiquées par le groupe, cette initiative aurait déjà permis à des millions de conducteurs d’économiser plusieurs euros par plein.
Patrick Pouyanné défend le partage des profits via les prix à la pompe
Interrogé lors de l’assemblée générale du groupe, Patrick Pouyanné a insisté sur le caractère volontaire et direct de cette politique de protection des consommateurs. « Nous avons proposé de nous-mêmes une politique visant à protéger les Français par le partage, quelque part, de nos profits », a-t-il affirmé. Le PDG a précisé que ce plafonnement avait un coût pour l’entreprise, soulignant : « Ce n’est pas une opération gratuite. » Pour lui, cette approche est préférable à une taxation supplémentaire, qu’il juge moins efficace pour les ménages.
Selon Pouyanné, les Français privilégient, dans leur grande majorité, des baisses immédiates à la pompe plutôt qu’un mécanisme fiscal indirect. « Ce que répondent les Français dans la grande majorité des sondages, c’est qu’ils préfèrent avoir le bénéfice direct à la pompe des rabais de TotalEnergies (...) plutôt que d’avoir une taxe », a-t-il expliqué. Le dirigeant a ajouté que cette préférence expliquerait, selon lui, le revirement du gouvernement sur la question d’une taxe sur les superprofits.
Une taxe sur les superprofits jugée inefficace par Totalenergies
Patrick Pouyanné a une nouvelle fois rejeté l’idée d’une taxation ciblée sur les profits exceptionnels de Totalenergies, estimant que ces bénéfices sont déjà largement captés par les États producteurs. « La vérité, c’est qu’aujourd’hui, ceux qui captent la plus grande partie des profits, ce sont les pays producteurs », a-t-il souligné. Il a rappelé que le taux d’imposition mondial du groupe était passé de 40 % à 50 % depuis 2022, une hausse qui reflète l’augmentation des prélèvements dans les pays où TotalEnergies exploite ses gisements.
Le PDG a mis en garde contre le risque d’un transfert de charge vers les consommateurs ou d’une dilution des investissements dans la transition énergétique. « Une taxe alimenterait en France, peut-être pas la transition énergétique ou la protection des consommateurs, mais plus sûrement le déficit de l’État », a-t-il déclaré. Cette position s’inscrit dans un contexte où plusieurs voix politiques et associatives réclament une contribution exceptionnelle des groupes pétroliers, perçus comme bénéficiaires de la crise énergétique.
Le gouvernement salue l’initiative, mais le débat sur la fiscalité persiste
Le ministre du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a tenu à « saluer le travail » de TotalEnergies et s’est dit « reconnaissant » envers le groupe pour cette mesure. « Le plafonnement des prix à la pompe est une aide concrète et immédiate pour les Français », a-t-il déclaré, soulignant son impact sur le portefeuille des ménages. Cette prise de position contraste avec les critiques formulées par certains élus, qui estiment que les géants du secteur devraient contribuer davantage à la résilience économique du pays.
Pourtant, la question d’une taxe sur les superprofits des entreprises énergétiques reste d’actualité. Plusieurs propositions législatives ont été déposées ces derniers mois, portées par des groupes parlementaires de gauche comme de droite. Certains économistes rappellent que la France a déjà mis en place en 2022 une contribution exceptionnelle de 33 % sur les surprofits des énergéticiens, mais que son rendement reste inférieur aux attentes initiales. Le débat porte désormais sur l’opportunité d’élargir cette mesure ou d’en cibler de nouveaux acteurs.
Si TotalEnergies mise sur le volontarisme pour apaiser les tensions, le secteur pétrolier reste sous haute surveillance, notamment dans un contexte de transition énergétique et de pression accrue sur les marges des ménages. La question de la redistribution des profits des énergéticiens pourrait ainsi s’imposer comme un enjeu politique majeur dans les mois à venir.
Les tarifs plafonnés s’appliquent automatiquement dans toutes les stations-service TotalEnergies en France, sans démarche préalable. Il suffit de faire le plein dans l’une de ces stations pour bénéficier des prix réduits. Aucun coupon ou abonnement n’est requis.