Avec seulement 24 secondes de retard sur le leader Isaac Del Toro avant le dernier week-end du Tour de France 2026, le jeune Français Paul Seixas (19 ans) conserve une infime chance de monter sur le podium à Paris. Selon RMC Sport, Jérôme Pineau, ancien coureur et commentateur des Grandes Gueules du Sport, s’est dit optimiste quant aux chances de son compatriote pour décrocher une place parmi les trois premiers du classement général. Une performance qui ferait de Seixas le plus jeune coureur à réaliser cet exploit depuis 1937.
Ce qu'il faut retenir
- Paul Seixas, 4e du général à 24 secondes d’Isaac Del Toro, peut encore viser le podium final à Paris.
- L’étape de samedi, avec près de 5 500 mètres de dénivelé positif, pourrait être décisive pour réduire l’écart.
- Jérôme Pineau a souligné que Seixas devra attaquer dans des cols comme le Sarenne, où le « drafting » est impossible.
- Seixas a déjà démontré sa capacité à rivaliser avec Del Toro, notamment lors de l’ascension de l’Alpe d’Huez.
- Pineau a rappelé que Del Toro avait déjà perdu le maillot rose lors du Tour d’Italie 2025.
Avant le départ de la 20e étape entre Le Bourg-d’Oisans et l’Alpe d’Huez, les observateurs s’interrogent sur la stratégie à adopter pour le Français de la formation Decathlon CMA CGM. Pineau a rappelé que Seixas avait été « le seul à rouler dans l’Alpe d’Huez » vendredi, une montée où le « drafting » (l’économie d’énergie par le slipstream) est possible. « C’est une étape de chantier », a-t-il souligné, précisant que l’objectif pour Seixas se résume désormais à réduire l’écart de 25 secondes sur Del Toro. « Derrière, il est large », a-t-il ajouté, évoquant les autres concurrents.
La 20e étape s’annonce comme l’une des plus exigeantes de ce Tour de France 2026. Le parcours prévoit près de 5 500 mètres de dénivelé positif, avec des ascensions redoutables comme le col de la Croix de Fer, le col du Télégraphe, le col du Galibier, puis le col de Sarenne avant le retour vers l’Alpe d’Huez. Pineau a mis en garde contre les difficultés spécifiques de certains cols : « Dans le col de Sarenne, il n’y a pas de possibilité de faire du drafting. Dès qu’on est décollé d’un mètre ou deux, on ne peut pas s’abriter. » Un avantage certain pour Del Toro, qui peut compter sur le soutien de son coéquipier Tadej Pogačar. « T’as beau avoir un coéquipier comme Pogačar, si tu coinces, tu coinces dans Sarenne », a-t-il résumé.
Pour Seixas, la tâche s’annonce ardue, mais Pineau a rappelé son profil d’attaquant, souvent en retrait depuis le début de la course. « Paul, pour la première fois depuis le début du Tour, va se découvrir. Il va devoir attaquer et prendre des risques », a-t-il prédit. « Le risque de quoi ? De faire quatrième à deux minutes ou de finir sur le podium. C’est un attaquant, ça fait trois semaines qu’il ronge son frein. » L’ancien coureur a comparé la situation à celle du Tour d’Italie 2025, où Del Toro avait perdu le maillot rose lors de l’avant-dernière étape. « Il a déjà mis à mal Del Toro dans des pentes un peu plus raides », a-t-il conclu, tout en reconnaissant que l’avantage psychologique penchait pour l’instant en faveur du Mexicain.
Seixas, plus jeune participant du Tour de France depuis près de 90 ans, pourrait donc entrer dans l’histoire si l’écart se réduit suffisamment d’ici dimanche. Son équipe, Decathlon CMA CGM, mise sur son potentiel offensif pour renverser la tendance. Pour l’heure, Pineau mise sur la capacité du jeune Français à jouer son va-tout dans les cols où le « drafting » est impossible. « Même si bien sûr, pour l’instant, il y a un avantage psychologique pour Del Toro », a-t-il nuancé.
Un week-end décisif pour le classement général
La 20e étape, avec son enchaînement de cols mythiques, pourrait redistribuer les cartes avant l’arrivée finale sur les Champs-Élysées. Pineau a souligné que Seixas n’avait plus rien à perdre et devait adopter une stratégie agressive. « Il n’a plus le choix, il doit attaquer », a-t-il insisté. L’enjeu est double : non seulement Seixas doit réduire son retard sur Del Toro, mais il doit aussi éviter de se faire distancer par les autres concurrents du top 5, notamment le troisième, l’Équatorien Richard Carapaz, qui semble en position de force après l’étape de l’Alpe d’Huez.
Selon RMC Sport, Seixas a déjà montré des signes de progression au fil de la course, notamment dans les étapes de montagne. Cependant, la pression psychologique pèse sur ses épaules, d’autant que Del Toro, malgré ses 19 ans également, affiche une maturité impressionnante. « Il a déjà prouvé qu’il pouvait tenir la route face aux meilleurs », a rappelé Pineau. Pour Seixas, l’enjeu est donc autant physique que mental.
Un duel Seixas-Del Toro aux accents historiques
Si Seixas parvient à décrocher une place sur le podium, il deviendra le premier Français depuis Laurent Fignon en 1984 à réaliser cet exploit à moins de 20 ans. Un scénario qui ajouterait une nouvelle page à l’histoire du Tour de France, déjà riche en rebondissements cette année. Pineau a rappelé que Del Toro, vainqueur de la 15e étape, avait déjà démontré sa capacité à rivaliser avec les grands noms du peloton. « Il a un profil de grimpeur pur, ce qui pourrait jouer en sa faveur dans les derniers cols », a-t-il analysé.
Pour Seixas, la tâche s’annonce encore plus difficile. Pineau a évoqué la nécessité de « prendre des risques », une stratégie qui pourrait s’avérer payante ou, au contraire, le condamner à un échec. « Dans le cyclisme, tout est une question de timing », a-t-il conclu. « Seixas a le talent, mais il lui faut aussi la chance de son côté. »
Quoi qu’il en soit, cette édition 2026 du Tour de France restera marquée par la performance des jeunes coureurs, qui ont su s’imposer comme les principaux acteurs de cette course. Pineau a d’ailleurs salué le « courage » de Seixas, soulignant que sa présence en tête du classement était déjà une victoire en soi pour le cyclisme français. « Peu importe le résultat final, il a montré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs », a-t-il déclaré.
La conclusion de ce Tour de France se jouera donc dans les Alpes, où les grimpeurs auront une dernière fois l’occasion de briller avant l’arrivée parisienne. Pour Seixas, l’heure est venue de passer à l’offensive.
La 20e étape relie Le Bourg-d’Oisans à l’Alpe d’Huez, avec un parcours passant par le col de la Croix de Fer, le col du Télégraphe, le col du Galibier, puis le col de Sarenne avant l’arrivée finale. Selon RMC Sport, ce tracé représente près de 5 500 mètres de dénivelé positif.
Le col de Sarenne est un passage où le « drafting » (économie d’énergie par le slipstream) est impossible. Pineau a expliqué que, une fois décollé du peloton, un coureur ne peut plus s’abriter et doit fournir un effort maximal, ce qui rend la montée particulièrement exigeante.