La fréquentation record du tour du Mont Blanc a conduit les autorités à durcir les règles cet été. Désormais, le bivouac sauvage est interdit en dessous de 2 500 mètres d’altitude dans la réserve naturelle des Contamines-Montjoie, selon Franceinfo - Sport. Une mesure prise pour protéger un site naturel de plus en plus fragilisé par l’afflux de randonneurs.
Ce qu'il faut retenir
- Le bivouac sauvage est désormais interdit en dessous de 2 500 mètres d’altitude dans la réserve naturelle des Contamines-Montjoie, où passe le tour du Mont Blanc.
- Le nombre de randonneurs est passé de 40 000 en 2019 à plus de 100 000 en 2025, selon les chiffres communiqués par la réserve.
- Deux aires de bivouac autorisées ont été mises en place, avec un quota de 90 tentes maximum et réservation obligatoire.
- L’été dernier, la police de l’environnement a relevé 700 infractions liées au bivouac sauvage et procédé à une trentaine de verbalisations.
Une réserve naturelle sous pression
La réserve naturelle des Contamines-Montjoie, située au cœur des Alpes, est un passage incontournable du tour du Mont Blanc. Ce site, le plus haut de France, attire toujours plus de randonneurs chaque année. En 2019, ils étaient 40 000 à emprunter ses sentiers. En 2025, leur nombre a plus que doublé, atteignant plus de 100 000 personnes. Cette affluence croissante exerce une pression sans précédent sur les écosystèmes alpins, souvent fragiles.
Pour Mailys Doucet, conservatrice de la réserve, « il y a de plus en plus de gens qui pratiquent le trail ou le bivouac. La multiplicité de ces pratiques fait qu’aujourd’hui, il y a très peu d’espaces de tranquillité pour la faune ». Les agents de la réserve observent aussi une réduction des périodes de repos pour les espèces animales, perturbées par la présence humaine. Autant dire que l’équilibre naturel du site est menacé.
Des dégradations visibles et des infractions en hausse
Les conséquences de cette surfréquentation sont déjà tangibles. Les patrouilles de la réserve ont recensé l’été dernier quelque 700 infractions liées au bivouac sauvage, entraînant une trentaine de verbalisations. Autour des lacs d’altitude, autrefois prisés des campeurs, les dégradations sont nombreuses : traces de feu, déchets abandonnés, zones de sol stérilisées par les déjections humaines. « Ces déchets et ces zones de sol mortes sont les traces de notre passage et de comportements qui dégradent les milieux naturels », souligne Mailys Doucet.
Jusqu’à 50 tentes pouvaient bivouaquer simultanément au même endroit. Ces rassemblements laissent des séquelles durables : sacs de couchage abandonnés, sachets de thé, papiers, mouchoirs… « Avant, ce type de déchets pouvait se retrouver n’importe où. Aujourd’hui, ils sont concentrés sur les aires de bivouac autorisées », explique Vanessa Tani, directrice des services techniques des Contamines-Montjoie. La mise en place de ces zones dédiées permet un nettoyage plus efficace, mais aussi une meilleure surveillance des comportements.
Deux aires de bivouac pour encadrer la pratique
Pour limiter l’impact environnemental, les autorités ont créé deux aires de bivouac autorisées, accessibles sur réservation. Chacune peut accueillir un maximum de 90 tentes. Cette mesure, bien que restrictive, est globalement bien accueillie par les randonneurs. « On comprend, parce qu’aujourd’hui, ces espaces naturels sont de plus en plus sollicités », confie un campeur rencontré par Franceinfo - Sport. Une mère de famille ajoute : « Je trouve ça plutôt pas mal. Il faut juste la connaître pour anticiper. Si on n’avait pas eu de place, ç’aurait été la grosse déception ».
Cependant, certains campeurs ignorent encore ces nouvelles règles. Deux randonneurs néerlandais, en pleine traversée du tour du Mont Blanc, ont été informés par une patrouille de l’interdiction de bivouaquer en dessous de 2 500 mètres. « On aimerait trouver un endroit pour bivouaquer ici, mais ça ne va pas être possible », a reconnu l’un d’eux. Ils n’ont pas été sanctionnés, leur tente n’étant pas encore montée, mais cette mesure s’appliquera strictement pour les prochaines saisons.
Vers une réglementation encore plus stricte ?
Face à l’ampleur des dégradations constatées, les responsables de la réserve envisagent d’aller plus loin. « Des réglementations supplémentaires pourraient entrer en vigueur l’été prochain », indique Mailys Doucet. L’objectif est clair : préserver l’un des plus beaux sentiers de randonnée d’Europe, tout en maintenant une activité touristique durable. Pour les agents, il s’agit de concilier attractivité et protection des milieux naturels, sans quoi le site pourrait perdre son caractère exceptionnel.
Cette volonté de régulation s’inscrit dans un mouvement plus large, alors que le tourisme en montagne atteint des records historiques. Le Mont Blanc, symbole des Alpes françaises, cristallise ces enjeux. Les gestionnaires des réserves naturelles doivent désormais trouver un équilibre entre accueil des visiteurs et préservation des écosystèmes, une tâche rendue d’autant plus complexe que le nombre de randonneurs ne cesse d’augmenter.
Avec l’essor du tourisme alpin, la question dépasse désormais le cadre des Contamines-Montjoie. Elle interroge la capacité des espaces naturels à absorber une fréquentation toujours plus massive, sans perdre leur authenticité.
Deux aires de bivouac autorisées ont été aménagées avec un quota de 90 tentes maximum par site. La réservation est obligatoire, et les campeurs doivent respecter les règles de propreté et de tranquillité.
L’été dernier, la police de l’environnement a verbalisé une trentaine de campeurs en infraction. Les amendes peuvent être appliquées en cas de récidive ou de dégradations importantes, mais les autorités privilégient pour l’instant la sensibilisation.