Lloret de Mar, en Catalogne espagnole, incarne un terrain d’étude privilégié pour comprendre les dynamiques du « tourisme festif » masculin. Dans son enquête intitulée « Où vont les garçons », l’anthropologue française Alix Boirot, publiée par Le Monde, explore comment ces fêtes organisées sur la Costa Brava constituent un « épisode ritualisé de la construction des masculinités » chez les jeunes hommes.
Ce qu'il faut retenir
- Alix Boirot, anthropologue, publie une enquête sur le « tourisme festif » des jeunes hommes à Lloret de Mar, en Espagne, selon Le Monde.
- Ces fêtes sont analysées comme un « épisode ritualisé de la construction des masculinités » par l’autrice.
- La Costa Brava, destination prisée pour son ambiance nocturne, attire des milliers de jeunes hommes chaque année.
À travers des observations de terrain menées lors de fêtes étudiantes et de soirées organisées dans des clubs de Lloret de Mar, l’autrice y décrit un phénomène où la consommation d’alcool, les comportements à risque et les interactions sociales jouent un rôle central. Pour Alix Boirot, ces pratiques s’inscrivent dans une quête de reconnaissance et de performance masculine, où l’excès devient un marqueur de virilité. Le Monde souligne que l’enquête s’appuie sur des entretiens approfondis avec des participants et des organisateurs de ces événements, offrant ainsi une analyse nuancée de ce phénomène social.
Lloret de Mar, ville côtière de la province de Gérone, est devenue au fil des années une destination emblématique de ce type de tourisme. Avec ses plages animées, ses boîtes de nuit réputées et son ambiance festive permanente, la ville attire chaque été des milliers de jeunes Européens — principalement des hommes âgés de 18 à 25 ans. Selon des données locales citées par Le Monde, Lloret de Mar a enregistré plus de 200 000 visiteurs lors de la saison 2025, dont une majorité de jeunes en quête de divertissement intense.
Dans son analyse, Alix Boirot met en lumière la dimension collective de ces expériences. « Les fêtes à Lloret de Mar ne sont pas de simples soirées, mais des rituels collectifs où se jouent des normes de genre et des hiérarchies entre pairs », a-t-elle déclaré à Le Monde. Elle explique que ces événements fonctionnent comme des « laboratoires de la masculinité », où les comportements individuels sont à la fois influencés par le groupe et renforcent des stéréotypes traditionnels. « On y observe une surenchère dans la consommation d’alcool, les défis physiques ou les interactions avec les femmes, autant d’éléments qui répondent à des attentes sociales très codifiées », précise-t-elle.
« Les fêtes à Lloret de Mar ne sont pas de simples soirées, mais des rituels collectifs où se jouent des normes de genre et des hiérarchies entre pairs. » — Alix Boirot, anthropologue, selon Le Monde
L’enquête aborde également les conséquences de ces pratiques, tant sur le plan individuel que collectif. Si certains participants y trouvent une forme de libération temporaire, d’autres s’y engagent dans une spirale de comportements à risque, parfois avec des répercussions juridiques ou sanitaires. Le Monde évoque notamment des incidents signalés par les autorités locales, comme des bagarres ou des conduites sous l’emprise de substances, qui ont conduit à des interventions policières lors de certaines soirées.
L’enquête d’Alix Boirot ouvre par ailleurs des pistes de réflexion plus larges sur la manière dont les sociétés européennes abordent la jeunesse et les normes de genre. En analysant un phénomène comme le tourisme festif, elle invite à repenser les politiques publiques et les approches éducatives face à des comportements qui, bien que festifs, révèlent des enjeux sociétaux profonds. Comme le souligne Le Monde, son travail rappelle que ces fêtes, souvent perçues comme anecdotiques, sont en réalité des miroirs de transformations sociales plus larges.
Alors que la saison estivale 2026 approche, la question se pose : jusqu’où les acteurs locaux et les institutions seront-ils capables de concilier attractivité touristique et protection des jeunes participants ? Une réponse partielle pourrait émerger d’ici l’été, lorsque les premières mesures mises en place porteront leurs fruits — ou révéleront leurs limites.
Selon Le Monde, ces jeunes recherchent avant tout une expérience collective de libération et de reconnaissance sociale. Les fêtes de Lloret de Mar deviennent ainsi des espaces où se construisent et se renforcent des normes de masculinité, à travers des comportements ritualisés comme la consommation excessive d’alcool, les défis physiques ou les interactions avec les femmes.