Les professionnels du tourisme français tablent sur un été 2026 en retrait par rapport à 2025, marqué par un net repli des réservations estivales et des incertitudes géopolitiques persistantes. Selon BFM Business, le Syndicat des entreprises du Tour Operating (Seto) constate une baisse de 6,7 % des réservations pour la période du 1er mai au 31 octobre, comparé à l’année précédente. Après un exercice 2025 particulièrement dynamique, cette tendance s’explique notamment par un attentisme accru des voyageurs et une hausse des coûts du long-courrier.
Ce qu'il faut retenir
- Recul de 6,7 % des réservations estivales (1er mai - 31 octobre) par rapport à 2025, selon le Seto.
- Les destinations long-courriers, pénalisées par la hausse du prix du kérosène, enregistrent un net ralentissement.
- Reprise des réservations de dernière minute et de l’arrière-saison (septembre-octobre) pour limiter les pertes.
- L’Espagne reste la destination phare des Français, tandis que la France enregistre une hausse de 6,1 % de ses voyageurs.
- L’hiver 2025-2026 affiche un chiffre d’affaires en hausse de 2,5 % pour les membres du Seto, porté par le ski et certaines destinations comme l’Égypte (+34,3 %).
Un été 2026 en demi-teinte après un exercice 2025 prometteur
L’année 2025 avait été marquée par un excellent bilan touristique, avec un été particulièrement dynamique. Pourtant, les professionnels du secteur anticipent désormais un été 2026 bien moins favorable. « L’année 2025 a été une bonne année, un bel été. 2026 ne sera pas à la hauteur », a déclaré Patrice Caradec, président du Seto, lors d’une conférence de presse organisée jeudi. Cette prévision s’appuie sur un recul marqué des réservations depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les anticipations des voyageurs.
Dès fin février 2026, les réservations pour l’été affichaient un bon niveau, mais la situation géopolitique a inversé la tendance. Entre fin février et fin mai, le recul des réservations a atteint 6,7 % sur un an. « On a bien senti que le Français épargne en disant : « Je veux partir, mais pour l’instant, je n’ai pas envie de me décider trop vite » », a souligné Patrice Caradec. Les destinations long-courriers, dont les coûts ont été alourdis par la hausse du prix du kérosène, ont été les plus touchées.
La reprise des réservations de dernière minute et de l’arrière-saison comme planche de salut
Face à ce ralentissement, les tour-opérateurs misent désormais sur les réservations de dernière minute et l’arrière-saison (septembre-octobre) pour limiter l’impact financier. « Les derniers retours du terrain indiquent depuis début juin une reprise pour les départs immédiats, le cœur de l’été et l’arrière-saison, qui pourrait compenser le manque de volumes des derniers mois », indique le Seto dans un communiqué. Une stratégie qui repose sur une clientèle opportuniste, prête à saisir les meilleures offres au dernier moment.
Patrice Caradec a d’ailleurs insisté sur l’importance de ne pas rater cette opportunité : « Il ne faudrait pas rater l’arrière-saison pour pouvoir compenser un peu l’avant-saison qu’on a ratée ». Les professionnels espèrent ainsi récupérer une partie des pertes enregistrées au printemps. Parmi les destinations plébiscitées pour ces périodes, la Grèce, la Tunisie et l’Italie se distinguent, tandis que l’Espagne reste la destination préférée des Français.
La France, seule destination en hausse grâce à ses montagnes et ses prix attractifs
Contrairement aux autres destinations européennes, la France enregistre une hausse de 6,1 % du nombre de voyageurs cet été, selon les données du Seto. Cette performance s’explique notamment par l’attrait croissant pour les moyennes montagnes, où les températures sont moins élevées et les prix plus attractifs. Les activités variées proposées dans ces régions jouent également un rôle clé dans cette tendance. Les stations de ski, quant à elles, avaient déjà dopé les chiffres lors de l’hiver 2025-2026, avec une hausse de 5,5 % du nombre de clients en France.
Côté international, certaines destinations tirent leur épingle du jeu. L’Égypte affiche une progression spectaculaire de 34,3 % en nombre de clients, suivie par l’Italie (+13,9 %) et le Royaume-Uni (+20,2 %). Ces chiffres contrastent avec le ralentissement observé sur les autres marchés, notamment en raison des tensions géopolitiques et de la hausse des coûts de transport.
Un hiver 2025-2026 globalement positif malgré les perturbations
Malgré les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient, l’hiver 2025-2026 s’est clos sur une note positive pour les tour-opérateurs. Les membres du Seto ont réalisé un chiffre d’affaires de 1,85 milliard d’euros, en progression de 2,5 % par rapport à l’hiver précédent. Le nombre de clients a également augmenté, avec une hausse de 1,4 %, atteignant 1,1 million de voyageurs. Si les résultats avaient pu être encore meilleurs sans les tensions géopolitiques, cette performance reste encourageante pour le secteur.
Les professionnels soulignent que le ski a joué un rôle majeur dans ce bilan, tout comme certaines destinations comme l’Égypte, qui a connu une forte affluence. « Les bons résultats de l’hiver auraient pu être meilleurs si le conflit au Moyen-Orient n’était pas venu perturber la fin de l’exercice », a rappelé Patrice Caradec.
Avec un été déjà bien entamé et des réservations qui peinent à décoller, la période estivale s’annonce comme un test pour la résilience du secteur touristique français. Les prochaines statistiques, attendues d’ici fin juillet, permettront de mesurer l’ampleur des dégâts et d’ajuster les stratégies commerciales en conséquence.
L’Espagne reste la destination phare des Français, suivie par la Grèce, la Tunisie et l’Italie. La France enregistre elle-même une hausse de 6,1 % de ses voyageurs, notamment grâce à l’attrait des moyennes montagnes.
Ils misent sur les réservations de dernière minute et l’arrière-saison (septembre-octobre) pour limiter les pertes. Cette stratégie repose sur une clientèle opportuniste, prête à saisir les meilleures offres au dernier moment.