La Corée du Sud mise sur une nouvelle forme de tourisme pour dynamiser son économie : le tourisme médical, porté par la demande croissante de soins esthétiques non invasifs. Selon Le Figaro, le pays a accueilli près de 2 millions de touristes médicaux en 2025, soit presque le double des 1,17 million enregistrés en 2024. Cette tendance s’inscrit dans une stratégie nationale visant à positionner le pays comme une destination de référence pour la beauté et les soins de la peau.
Ce qu'il faut retenir
- 2 millions de touristes médicaux accueillis en 2025, contre 1,17 million en 2024 (Le Figaro).
- Le tourisme médical dépasse désormais le tourisme traditionnel en termes de dépenses pour les visiteurs étrangers.
- Les soins non invasifs, comme la thérapie par la lumière rouge ou les injections de botox, séduisent davantage que les chirurgies esthétiques lourdes.
- Le quartier de Gangnam à Séoul concentre des centaines de cliniques dédiées, avec un coût moyen de 1,5 million de wons (environ 854 euros) par traitement.
- Les patients étrangers dépensent davantage en services médicaux qu’en activités touristiques classiques.
Cette transformation s’explique par l’attrait des technologies coréennes en matière de beauté, souvent considérées comme plus avancées qu’en Occident. Les touristes, notamment originaires des États-Unis, d’Europe ou du Moyen-Orient, viennent désormais pour des traitements comme le lifting cutané par ultrasons ou les soins par thérapie LED. « La croissance du nombre de patients étrangers dépasse désormais celle des touristes classiques », a indiqué Hong Seung-wook, directeur des activités mondiales de santé à l’Institut coréen de développement de l’industrie de la santé, cité par Le Figaro.
Une offre pléthorique dans le quartier de Gangnam
À Séoul, le quartier de Gangnam incarne cette nouvelle industrie. On y dénombre des centaines de cliniques médicales et esthétiques, souvent regroupées dans des immeubles dédiés. Cette concentration permet une concurrence accrue, qui joue un rôle clé dans la baisse des prix. « La concurrence fait baisser les coûts des services », explique Se-rin Lee, directrice du service de dermatologie esthétique de la clinique Lienjang, située dans ce quartier huppé. La clinique accueille en moyenne une centaine de patients étrangers par jour, avec des tarifs compétitifs par rapport à l’Occident. « Les soins de la peau en Corée du Sud peuvent coûter jusqu’à 20 % moins cher qu’aux États-Unis ou en Europe », précise-t-elle.
La communication n’est pas en reste : de nombreuses cliniques emploient des coordinateurs multilingues pour faciliter l’accueil des patients internationaux. Cindy Gu, une monteuse vidéo américaine de 30 ans, en témoigne. Elle s’apprêtait à subir un lifting du visage à la clinique Lienjang lors d’un séjour à Séoul. « J’apprécie la grande variété de soins coréens, qui ne sont même pas proposés aux États-Unis », a-t-elle déclaré à Le Figaro.
Des standards de beauté inspirants, amplifiés par les réseaux sociaux
L’engouement pour le « Korea glow up » – un hashtag devenu viral sur les réseaux sociaux – illustre l’influence mondiale des standards de beauté coréens. Ce phénomène repose sur deux piliers : l’expertise technologique et l’accessibilité financière. Les techniques sud-coréennes, souvent perçues comme plus innovantes que celles pratiquées en Occident, attirent une clientèle internationale en quête de résultats rapides et non invasifs. « Les touristes recherchent désormais des traitements comme la thérapie par la lumière rouge ou les injections de botox, plutôt que des rhinoplasties ou des chirurgies des paupières », souligne Hong Seung-wook.
Parmi les patients étrangers, Maria Zu, une consultante mexicaine basée à Dubaï, incarne cette nouvelle tendance. Venue pour la première fois en Corée du Sud il y a huit ans pour ses paysages et sa culture, elle a récemment passé l’essentiel de son séjour dans des cliniques de soins de la peau. « Nous nous sentons en sécurité en venant dans ce pays pour prendre soin de notre visage », a-t-elle confié à Le Figaro. Elle fait partie de ces voyageurs qui reviennent régulièrement pour cumuler plusieurs traitements lors d’un même voyage. « Aujourd’hui, mon rêve est de vivre ici », a-t-elle ajouté, évoquant son projet de créer des expériences touristiques combinant soins et découverte du pays.
Une économie en mutation, où le médical dépasse le traditionnel
Le tourisme médical représente désormais un levier économique majeur pour la Corée du Sud. Les visiteurs étrangers dépensent en moyenne davantage en soins médicaux qu’en activités touristiques classiques, selon les autorités sanitaires. Le ministère de la Santé du pays a chargé l’Institut coréen de développement de l’industrie de la santé de promouvoir ces services auprès des visiteurs internationaux, notamment les personnes d’âge mûr en quête de solutions anti-âge. « Les touristes étrangers dépensent davantage en services médicaux qu’en tourisme en Corée », confirme Hong Seung-wook.
Cette dynamique s’appuie sur un écosystème dense : avec environ 15 000 cliniques de soins de la peau dans le pays, la plupart gérées par des médecins généralistes, la Corée du Sud offre une accessibilité rare. Les prix, souvent inférieurs de 20 % à ceux pratiqués en Europe ou aux États-Unis, renforcent son attractivité. « Les clinques sud-coréennes attirent une centaine de patients étrangers par jour en moyenne », précise Se-rin Lee de Lienjang. Cette affluence illustre l’évolution des attentes des voyageurs, désormais en quête de bien-être et d’innovation plutôt que de simples visites culturelles.
Cette tendance pose cependant des questions sur la régulation du secteur. Avec une majorité de cliniques gérées par des médecins généralistes plutôt que par des dermatologues, la qualité des soins et la sécurité des patients restent un enjeu de taille. Les autorités devront probablement renforcer les normes pour garantir un niveau d’expertise constant, alors que la demande ne cesse de croître.
Selon Le Figaro, les touristes recherchent principalement des traitements non invasifs comme la thérapie par la lumière rouge, les injections de botox, le lifting cutané par ultrasons et les soins par thérapie LED. Les rhinoplasties et les chirurgies des paupières, autrefois dominantes, cèdent désormais la place à ces alternatives moins risquées et plus rapides.
Les cliniques sud-coréennes misent sur plusieurs leviers : la concurrence qui fait baisser les prix, la présence de coordinateurs multilingues pour faciliter la communication, et une réputation d’innovation technologique. Le coût moyen d’un soin, environ 854 euros, est également un argument de poids face à des pays comme les États-Unis ou l’Europe, où les tarifs sont souvent plus élevés.