Une trentaine de militants des Faucheurs volontaires d'OGM se sont introduits, lundi 29 juin à 10 heures, dans un entrepôt du site Seveso seuil haut de l'usine BASF à Genay, dans le Rhône. Selon Reporterre, leur objectif était d'inspecter les produits stockés par l'entreprise, déjà épinglée à plusieurs reprises pour la présence de pesticides interdits sur ses sites. Les militants, vêtus de blouses blanches, ont pénétré sur le site en pleine journée, suscitant une intervention des forces de l'ordre.

Ce qu'il faut retenir

  • Trente militants des Faucheurs volontaires ont forcé l'entrée de l'usine BASF à Genay (Rhône) le 29 juin 2026 à 10 heures.
  • Ils agissaient en réaction à la présence avérée de pesticides interdits dans les locaux de l'entreprise, déjà signalée lors de précédentes inspections.
  • Le site de Genay est classé Seveso seuil haut, ce qui implique des risques industriels majeurs.
  • L'opération s'inscrit dans la continuité des actions menées par ce mouvement pour dénoncer l'utilisation de substances chimiques jugées dangereuses.

Une infiltration organisée en pleine journée

Les militants, tous membres du collectif des Faucheurs volontaires, ont pénétré dans l'enceinte de l'usine BASF à Genay sans autorisation préalable. Selon Reporterre, ils portaient des blouses blanches, se faisant passer pour des employés ou des visiteurs, avant de s'introduire dans un entrepôt de stockage. Leur action a été filmée et diffusée en direct sur les réseaux sociaux, où ils ont justifié leur démarche par l'urgence de dénoncer des pratiques qu'ils jugent illégales.

Cette infiltration survient quelques semaines après la publication d'un rapport des autorités sanitaires locales, confirmant la présence de substances actives interdites dans les stocks de l'entreprise. BASF, géant mondial de la chimie, est régulièrement visé par les associations écologistes pour son utilisation de produits phytosanitaires controversés.

BASF, un historique marqué par les infractions aux réglementations

L'usine de Genay, classée Seveso seuil haut depuis 2014, est l'une des plus importantes de la région Auvergne-Rhône-Alpes. BASF y produit notamment des pesticides et des engrais chimiques. Plusieurs rapports de la Direction régionale de l'environnement (DREAL) et de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) ont pointé du doigt des manquements répétés aux normes environnementales.

En 2024, une inspection avait révélé la présence de chlorpyrifos, un insecticide interdit en Europe depuis 2020, dans les eaux de ruissellement du site. BASF avait alors été verbalisé pour non-respect des arrêtés préfectoraux. Malgré les sanctions, l'entreprise continue d'être dans le collimateur des associations de protection de l'environnement.

Les Faucheurs volontaires, un mouvement en constante mobilisation

Créé en 1999, le collectif des Faucheurs volontaires d'OGM est connu pour ses actions directes contre les cultures transgéniques et l'utilisation de pesticides. Ses militants, souvent issus du milieu agricole ou écologiste, multiplient les opérations coup de poing pour attirer l'attention sur ce qu'ils considèrent comme des dérives industrielles. Leurs méthodes, parfois illégales, leur valent régulièrement des poursuites judiciaires.

« L'État ne nous donne pas le choix, nous devons agir par nous-mêmes pour faire respecter les réglementations », a déclaré Pierre V., porte-parole des Faucheurs volontaires, lors d'une conférence de presse improvisée après l'opération. Le mouvement estime que les contrôles officiels sont insuffisants et que les sanctions, même lorsqu'elles sont prononcées, ne suffisent pas à faire cesser ces pratiques.

Et maintenant ?

Les suites judiciaires de cette infiltration restent incertaines. BASF a porté plainte pour violation de propriété privée et intrusion illégale, tandis que les militants pourraient être poursuivis pour dégradation de biens et trouble à l'ordre public. Une enquête est ouverte par la gendarmerie, mais les autorités n'ont pas encore communiqué sur les éventuelles suites administratives ou pénales.

Côté réglementaire, la préfecture du Rhône a annoncé qu'un contrôle renforcé serait mené dans les prochaines semaines sur l'ensemble du site de Genay. Une réunion est prévue le 15 juillet avec les représentants de BASF et les associations locales pour évoquer les mesures correctives à mettre en place. Autant dire que la pression sur l'industriel ne devrait pas retomber de sitôt.

Cette affaire relance également le débat sur l'efficacité des contrôles sanitaires et environnementaux en France. Alors que l'Union européenne durcit ses règles sur les pesticides, certains s'interrogent : les industriels respectent-ils vraiment les normes, ou se contentent-ils de contourner les interdictions au gré des inspections ?