Trois supporters sénégalais et un Français d’origine algérienne ont été libérés ce samedi 18 avril 2026 après avoir purgé une peine de trois mois de prison ferme au Maroc. Selon RMC Sport, ces quatre hommes avaient été condamnés pour leur participation aux violences survenues lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2026, disputée le 18 janvier à Rabat. À l’issue de cette rencontre, marquée par une décision arbitrale controversée, des supporters sénégalais avaient envahi la pelouse et lancé des projectiles, plongeant la finale dans le chaos.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre supporters – trois Sénégalais et un Français d’origine algérienne – ont été libérés après trois mois d’emprisonnement.
- Quinze autres supporters sénégalais purgent encore des peines allant de six mois à un an pour les mêmes faits.
- Les condamnations concernent des actes de hooliganisme, incluant violences contre les forces de l’ordre, dégradations et invasion de pelouse.
- La finale, remportée par le Sénégal 1-0 en prolongations, avait été marquée par une décision arbitrale contestée.
- La CAF a attribué la CAN 2025 au Maroc en réaction à la sortie des joueurs sénégalais, une décision contestée par le Sénégal devant le Tribunal arbitral du sport.
Une libération après trois mois de détention
Les trois supporters sénégalais ont quitté la prison d’Al Arjat 2, située au nord-est de Rabat, dans la matinée du samedi 18 avril. Selon RMC Sport, ils ont été conduits en véhicule de la gendarmerie jusqu’à un poste de police près de Salé, avant d’être officiellement libérés. À leur sortie du commissariat, ils ont été accueillis par des représentants de l’ambassade du Sénégal, venus les prendre en charge.
Parmi eux, l’un des trois hommes a réagi auprès d’un journaliste de l’AFP en déclarant : « Dima Maroc, dima Maghrib ». Cette phrase, qui peut se traduire par « Toujours le Maroc, toujours le Maghreb », reflète selon les observateurs une forme de résignation ou de détermination à rester liés à la région, malgré les tensions.
Un Français condamné pour un jet de bouteille
Dans le cadre de cette même affaire, un Français d’origine algérienne a également été libéré ce samedi. Comme les trois supporters sénégalais, il a purgé une peine de trois mois de prison ferme. Sa condamnation portait sur un jet de bouteille d’eau commis pendant la finale, un acte qui avait contribué à l’ambiance explosive de la soirée.
Selon RMC Sport, ce dernier a été libéré dans les mêmes conditions que ses co-détenus, sans autre précision sur son accueil à la sortie.
Quinze autres supporters sénégalais toujours emprisonnés
Sur les dix-neuf supporters sénégalais initialement condamnés, quinze purgent encore des peines allant de six mois à un an de prison. Ces condamnations ont été confirmées en appel lundi 17 avril, indiquant que les autorités marocaines maintiennent une ligne ferme sur ce dossier. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué sur les conditions de détention ou les démarches en cours pour leur éventuelle libération.
Parmi les faits reprochés aux condamnés figurent des actes de violence contre les forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs, l’invasion de la pelouse et des jets de projectiles. Ces éléments ont été retenus dans le cadre de la qualification pénale de « hooliganisme », une notion large incluant des comportements perturbateurs lors d’événements sportifs.
Rappel des faits : une finale explosive
Le soir du 18 janvier 2026, la finale de la CAN opposait le Maroc au Sénégal au Stade Moulay Abdallah de Rabat. Dans les dernières minutes du match, l’arbitre avait accordé un pénalty au Maroc, peu après avoir refusé un but valable pour le Sénégal. Ulcérés par cette décision, des supporters sénégalais avaient envahi la pelouse et lancé des projectiles vers le terrain, provoquant l’interruption du jeu.
Les joueurs sénégalais avaient quitté le terrain, plongeant la rencontre dans une crise sans précédent. Après une suspension prolongée, ils étaient finalement revenus sur la pelouse. L’attaquant marocain Brahim Díaz avait ensuite manqué son pénalty, permettant au Sénégal de s’imposer 1-0 en prolongations grâce à un but de Pape Gueye.
La CAF attribue la CAN 2025 au Maroc en représailles
Le 17 mars 2026, soit près de deux mois après la finale, la Confédération africaine de football (CAF) avait annoncé l’attribution sur tapis vert de l’organisation de la CAN 2025 au Maroc. Cette décision faisait suite à la sortie des joueurs sénégalais du terrain, jugée comme une violation des règlements sportifs. Le Sénégal avait immédiatement saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester cette sanction.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre les instances dirigeantes du football africain et les fédérations nationales, ainsi que les conséquences parfois imprévisibles des décisions arbitrales sur le déroulement des compétitions.
En attendant, la libération de quatre des vingt détenus marque une étape, mais le dossier reste ouvert. La question de l’impact de ces violences sur l’image du football africain et sur la sécurité des compétitions de grande ampleur pourrait resurgir lors des prochaines rencontres internationales.
Les supporters ont été condamnés pour « hooliganisme », un terme qui englobe des actes de violence contre les forces de l’ordre, des dégradations d’équipements sportifs, l’invasion de la pelouse et des jets de projectiles, comme le précise RMC Sport.
Le Sénégal a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester la décision de la CAF d’attribuer la CAN 2025 au Maroc. Aucune date n’a été annoncée pour une décision, mais la procédure pourrait s’étaler sur plusieurs mois.
