Avec plus de 600 000 nouveaux appareils en circulation chaque année en France, les trottinettes électriques se sont imposées comme un moyen de transport à part entière. Pourtant, cette popularité s’accompagne d’une hausse inquiétante des accidents. Selon les dernières données de la Sécurité routière, le nombre d’accidents impliquant des trottinettes a bondi de 58 % en 2025 par rapport à l’année précédente, tandis que les accidents graves ont progressé de 18 %, atteignant 1 500 cas par an. Face à cette situation, plusieurs communes d’Île-de-France ont décidé de renforcer la réglementation, comme le rapporte Capital.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, les accidents de trottinettes ont augmenté de 58 % en un an, avec 1 500 accidents graves enregistrés.
  • Les maires de Montmorency, Franconville et d’autres communes imposent désormais le port du casque et limitent la vitesse à 25 km/h en ville.
  • Le non-respect des nouvelles règles entraînera une amende de 150 euros à partir de la mise en application définitive.
  • À Franconville, l’accès aux trottinettes est interdit dans les parcs et jardins publics, et le gilet réfléchissant devient obligatoire la nuit.
  • Une phase de prévention d’un mois précédera l’entrée en vigueur des sanctions, prévue après cette période.

Pour endiguer cette tendance, les élus locaux multiplient les initiatives. Dans le Val-d’Oise, les maires de Montmorency et Franconville, tous deux membres des Républicains (LR), ont signé des arrêtés municipaux visant à encadrer strictement l’usage des engins motorisés. Ces mesures s’inspirent de celles déjà adoptées dans d’autres villes comme Compiègne (Oise) ou Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne), où le port du casque était devenu obligatoire dès 2025.

« C’est une mesure de protection des utilisateurs, et notamment des jeunes », explique Maxime Thory, maire de Montmorency. « En cas d’accident, les conséquences peuvent être dramatiques. » L’arrêté municipal impose désormais une vitesse maximale de 25 km/h en zone urbaine, contre 5 km/h dans les rues piétonnes et les parcs. Le transport de plusieurs personnes sur une même trottinette est également interdit, tout comme la circulation sur les trottoirs. « Ces règles sont destinées à faire cohabiter ces nouveaux types de mobilité avec les autres usagers, comme les piétons », précise l’édile.

Côté sanctions, les contrevenants s’exposeront à une amende de 150 euros une fois la période de prévention achevée. Cette phase de sensibilisation, d’une durée d’un mois, permettra aux usagers de prendre connaissance des nouvelles obligations avant leur application stricte. « On observe qu’il y a des abus, comme dans toutes les villes. Aujourd’hui, de nombreuses trottinettes circulent sur les trottoirs. C’est un fléau », souligne Maxime Thory.

« C’est une mesure de protection des utilisateurs, et notamment des jeunes. En cas d’accident, les conséquences peuvent être dramatiques. »
— Maxime Thory, maire de Montmorency (LR)

À Franconville, la municipalité va encore plus loin. Le maire a décidé d’interdire l’accès aux trottinettes dans les parcs et jardins publics, une décision justifiée par les comportements dangereux observés ces derniers mois. « Malgré les actions de prévention et de contrôle menées depuis plusieurs mois, les comportements dangereux restent trop nombreux : circulation à plusieurs sur un même engin, utilisation par des mineurs de moins de 14 ans, circulation sur les trottoirs ou encore non-respect des règles de circulation », indique la ville sur son compte Facebook. Désormais, le port du gilet réfléchissant sera obligatoire dès la tombée de la nuit.

Ces mesures, bien que récentes, semblent recueillir l’assentiment d’une partie de la population. « C’est vraiment dangereux, déplore Régis, retraité de Montmorency. Je vois plein de gens faire n’importe quoi, sans faire attention. Ils ne se rendent pas compte du danger. » Certains habitants, comme Alain, un père de famille, réclament même des sanctions plus sévères : « Pourquoi ne pas les confisquer en cas de grosse faute ? On le fait bien pour les voitures », propose-t-il. Des riverains de communes voisines ont d’ailleurs interpellé leurs élus locaux pour qu’ils emboîtent le pas à Montmorency ou Franconville.

Cette volonté de régulation s’inscrit dans un contexte national où les autorités cherchent à mieux encadrer l’usage des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). En 2024, le gouvernement avait déjà annoncé un arsenal de mesures pour limiter les excès, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’instaurer un permis à points pour les utilisateurs de trottinettes et vélos électriques. Si aucune décision définitive n’a encore été prise à ce stade, la multiplication des arrêtés municipaux pourrait accélérer la réflexion au niveau national.

Et maintenant ?

La mise en œuvre des nouvelles règles dans les communes concernées pourrait s’étaler sur les prochains mois, une fois la période de prévention achevée. D’autres villes d’Île-de-France, comme celles des Yvelines ou de l’Essonne, pourraient suivre l’exemple de Montmorency ou Franconville, à condition que les bilans locaux confirment une amélioration de la sécurité. Par ailleurs, une possible harmonisation des sanctions au niveau national n’est pas exclue, notamment si les abus persistent. À suivre, donc, dans les semaines et mois à venir.

Reste à savoir si ces mesures suffiront à inverser la tendance. Avec une hausse continue des accidents, les autorités locales et nationales devront sans doute aller plus loin pour garantir la sécurité de tous les usagers de la route.

Outre Montmorency et Franconville dans le Val-d’Oise, les villes de Compiègne (Oise) et Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne) ont déjà rendu le port du casque obligatoire pour les utilisateurs de trottinettes électriques.

Les amendes de 150 euros pour non-respect des règles seront appliquées après une phase de prévention d’un mois, dont les dates exactes seront fixées par chaque commune concernée.