Depuis le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis en janvier 2025, son administration multiplie les signaux en direction des partis d’extrême droite européens. Libération révèle comment cette stratégie s’organise, à travers des soutiens diplomatiques, financiers et médiatiques, dans le but de consolider une alliance idéologique transatlantique.

Ce qu'il faut retenir

  • L’entourage de Trump travaille à un soutien actif aux partis eurosceptiques et d’extrême droite en Europe, selon Libération.
  • Cette stratégie passe par des soutiens financiers et des alliances politiques avec des figures comme Viktor Orbán en Hongrie ou Marine Le Pen en France.
  • Des rencontres discrètes et des financements indirects sont mis en place pour renforcer l’influence de ces mouvements.

Une stratégie de longue haleine

Dès son retour au pouvoir, l’administration Trump a fait le choix de s’appuyer sur les mouvements les plus conservateurs et souverainistes du continent européen. Libération souligne que cette approche ne relève pas du hasard, mais d’un projet mûri en amont. Des conseillers proches du président américain, comme Steve Bannon, ont multiplié les déplacements en Europe pour rencontrer des dirigeants de partis comme le Rassemblement national en France ou le Fidesz en Hongrie.

Les échanges portent notamment sur des questions de souveraineté, de migration et de politique économique, des thèmes centraux pour ces formations. « Nous partageons une vision commune de l’Europe », a déclaré Viktor Orbán lors d’un entretien en mars 2026, cité par Libération. « La Hongrie et les États-Unis doivent travailler main dans la main pour défendre nos frontières et nos valeurs. »

Un réseau d’influence en construction

Selon Libération, ce soutien ne se limite pas aux déclarations. Des financements indirects, via des think tanks ou des fondations américaines, auraient été mis en place pour aider ces partis à renforcer leur communication et leur organisation. Aux Pays-Bas, le Parti pour la Liberté de Geert Wilders a bénéficié de conseils en stratégie numérique, tandis qu’en Italie, Fratelli d’Italia a reçu un appui logistique pour ses campagnes électorales.

Ces liens ne sont pas toujours publics. Libération indique que de nombreuses rencontres se déroulent dans des cercles fermés, comme lors du sommet de la Conservative Political Action Conference (CPAC) en 2025, où plusieurs responsables européens d’extrême droite ont été invités. « L’objectif est de créer un écosystème politique cohérent », explique un analyste politique interrogé par le quotidien. « Une fois que ces partis auront gagné en influence, ils pourront peser sur les décisions européennes. »

Les réactions en Europe

Cette stratégie suscite des divisions au sein de l’Union européenne. Les partis traditionnels, comme le Parti populaire européen (PPE), dénoncent une ingérence américaine dans les affaires européennes. « L’Europe doit rester un continent souverain », a réagi Ursula von der Leyen en janvier 2026. « Nous ne pouvons pas accepter que des puissances étrangères soutiennent des mouvements qui sapent nos valeurs démocratiques. »

De leur côté, les partis d’extrême droite minimisent ces critiques. Marine Le Pen a déclaré en mars 2026 : « Nous défendons les intérêts de la France, pas ceux de Bruxelles. Si les États-Unis veulent nous soutenir, c’est parce qu’ils reconnaissent notre légitimité. »

Et maintenant ?

Les prochaines élections européennes de juin 2026 pourraient offrir un premier test à cette stratégie. Une percée des partis soutenus par Trump pourrait modifier l’équilibre politique au Parlement européen, avec des conséquences sur les politiques migratoires, commerciales et sécuritaires. Reste à voir si cette alliance résistera aux divisions internes ou aux changements de cap à Washington.

Pour les observateurs, l’enjeu est double : d’une part, comprendre l’ampleur réelle de cette influence américaine, et d’autre part, évaluer les réactions des institutions européennes face à cette offensive politique.

Selon Libération, les principaux bénéficiaires incluent le Fidesz de Viktor Orbán en Hongrie, le Rassemblement national de Marine Le Pen en France, le Parti pour la Liberté de Geert Wilders aux Pays-Bas, et Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni. Ces formations partagent une ligne anti-immigration, souverainiste et souvent critique envers l’Union européenne.

Non. Libération souligne que les soutiens passent par des intermédiaires, comme des fondations ou des think tanks, ce qui rend leur traçabilité difficile. Aucune preuve publique ne permet pour l’instant d’établir un lien direct entre l’administration Trump et des financements illégaux.