Le président américain Donald Trump a signé un décret demandant aux entreprises technologiques de soumettre volontairement leurs nouveaux modèles d’intelligence artificielle (IA) à la supervision du gouvernement avant de les rendre publics, selon Courrier International. Cette mesure constitue la plus importante de l’administration Trump pour réglementer l’IA et fait suite à des mois de débats au sein du gouvernement sur la manière de gérer l’IA et ses effets sur la cybersécurité et la sécurité nationale.

Ce décret a été signé discrètement, sans photographes ni caméras, et stipule que les laboratoires d’IA peuvent mettre leurs modèles à la disposition du gouvernement pour une période pouvant aller jusqu’à 30 jours avant de les rendre publics, comme le rapporte The Hill. Le délai prévu dans la précédente version du texte était de 90 jours, un point qui avait suscité des controverses lors de l’élaboration du projet.

Ce qu'il faut retenir

  • Le décret signé par Trump demande aux entreprises de soumettre volontairement leurs nouveaux modèles d’IA à la supervision du gouvernement.
  • La démarche est entièrement volontaire pour les entreprises du secteur de l’IA.
  • Le délai pour soumettre les modèles est de 30 jours, contre 90 jours initialement prévus.

Le contexte de la régulation de l'IA

Les conseillers du président américain sont divisés quant à la manière de réagir face à une nouvelle génération d’outils d’IA capables de s’introduire dans les systèmes informatiques, confirme The Washington Post. Le locataire de la Maison-Blanche devait déjà signer un décret à ce sujet le mois dernier, mais avait fait marche arrière suite aux pressions de dernière minute des dirigeants du secteur et de son ancien conseiller pour l’IA, David Sacks.

Le débat au sein du gouvernement s’est accéléré en avril, lorsque la société Anthropic a dévoilé son modèle Mythos, capable de détecter efficacement les failles de sécurité dans les logiciels – des failles que des pirates informatiques pourraient ensuite exploiter, rappelle The Washington Post. Cette nouvelle avait déclenché une véritable course contre la montre au sein de l’administration Trump pour savoir comment réagir à ces risques, pouvant toucher aussi bien les entreprises que les services gouvernementaux.

Les limites du décret

Pour CNET, le problème du décret n’est pas tant ce qu’il prévoit que ce qu’il omet, notamment l’absence de dispositions coercitives ou d’exigences contraignantes à l’égard des entreprises d’IA. Il ne précise pas non plus ce qu’il adviendrait si le gouvernement, ayant obtenu un accès anticipé à un modèle d’IA, y découvrait un problème majeur.

Anthony Aguirre, PDG et président du Future of Life Institute – une organisation à but non lucratif dédiée à la sécurité de l’IA –, estime que les cadres volontaires ne suffisent pas pour réguler le secteur. Nous avons besoin d’un processus gouvernemental obligatoire d’examen préalable pour les systèmes d’IA les plus puissants, déclare-t-il. Un processus qui permettrait au gouvernement de bloquer la mise sur le marché de systèmes présentant un risque inacceptable pour la sécurité nationale.

Et maintenant ?

Le décret signé par Trump illustre la difficulté qu’éprouve M. Trump à concilier les factions rivales au sein de la Maison-Blanche : l’une réclamant un contrôle accru sur les modèles, l’autre cherchant à lever tous les obstacles au déploiement de l’IA, comme le souligne The Wall Street Journal. Le débat n’est pas nouveau : les implications de cette technologie pour l’économie et la sécurité nationale avaient également mis l’administration Biden à rude épreuve, et divisé le Congrès, qui n’a toujours pas adopté de législation sur l’IA.

En conclusion, le décret signé par Trump pour réguler l’IA de manière timide soulève autant de questions que de réponses. Les prochaines étapes et les conséquences de cette mesure restent à voir, dans un contexte où la sécurité nationale et la cybersécurité sont de plus en plus liées aux avancées de l’IA."