Sous le second mandat de Donald Trump, le fonctionnement de la Maison-Blanche a connu une transformation radicale, au point de ressembler davantage à celui d’une entreprise familiale qu’à un gouvernement moderne. C’est ce que révèle l’ouvrage Regime Change, signé par les journalistes Maggie Haberman et Jonathan Swan du New York Times, selon Le Figaro. Basé sur plus d’un millier d’interviews menées auprès de membres de l’entourage du président, ce livre dresse le portrait d’un exécutif où les décisions se prennent dans un cercle restreint, souvent guidé par les intuitions de Trump plutôt que par les avis des experts.
Ce qu'il faut retenir
- Un fonctionnement de la Maison-Blanche calqué sur une « compagnie familiale », avec des décisions centralisées autour de Trump.
- Un cercle restreint de conseillers, incluant Susie Wiles, JD Vance et le vice-président, systématiquement présents lors des réunions sensibles.
- Une gestion du pouvoir axée sur les instincts présidentiels plutôt que sur les analyses des experts ou des institutions.
- Des crises majeures (guerre en Iran, affaire Epstein) gérées en petit comité, sans consultation élargie.
- Une image de la présidence américaine profondément modifiée, tant aux États-Unis qu’à l’international.
Un exécutif repensé à l’image d’un empire familial
Dans Regime Change, les auteurs décrivent une Maison-Blanche où le président, « le plus influent et le plus redouté de notre époque » selon leurs termes, a imposé un style de gouvernance inédit. « Les premiers mois de ce mandat ont bouleversé la nature même de la présidence », soulignent Haberman et Swan. Loin des processus décisionnels traditionnels, l’administration Trump fonctionne en effet comme une structure où les choix politiques, diplomatiques ou judiciaires sont validés par un cercle très restreint de fidèles. Les réunions sensibles, qu’il s’agisse de la crise avec l’Iran ou de l’affaire Epstein, rassemblent invariablement les mêmes personnes : Susie Wiles, secrétaire générale de la Maison-Blanche, le vice-président JD Vance, et quelques autres collaborateurs triés sur le volet.
Ce mode de fonctionnement, basé sur la méfiance envers les institutions établies, a profondément modifié l’image de la présidence américaine. « L’image que les habitants de ce pays et du monde entier se font du président américain a changé », rappellent les journalistes. Autant dire que l’héritage de Trump ne se limite plus à ses deux mandats passés : il redéfinit, en temps réel, les contours du pouvoir exécutif aux États-Unis.
L’instinct avant l’expertise : une méthode controversée
L’un des traits les plus marquants de cette présidence réside dans la méthode de prise de décision. Contrairement aux pratiques habituelles, où les conseillers et les agences gouvernementales jouent un rôle central, Trump privilégie ses propres ressentis. « Il se repose sur ses instincts plutôt que sur les avis des experts », indique le livre. Cette approche, qui a déjà suscité de vives critiques lors de son premier mandat, s’est amplifiée lors de son retour à la Maison-Blanche. Les décisions, qu’elles concernent la politique étrangère ou la gestion des crises internes, sont souvent prises dans l’urgence et sans consultation préalable des ministères ou des conseillers habituels.
Ce fonctionnement a notamment été observé lors de la gestion des tensions avec l’Iran, où les annonces présidentielles ont pris de court les analystes et les alliés traditionnels des États-Unis. « Les réunions sensibles rassemblent toujours le même petit cercle », précise l’ouvrage, confirmant que la transparence et la collégialité ne font pas partie des priorités de cette administration.
Un cercle restreint aux commandes
Parmi les personnalités clés de ce dispositif figurent Susie Wiles, dont le rôle de secrétaire générale de la Maison-Blanche a été renforcé, et JD Vance, vice-président, qui joue un rôle pivot dans la coordination des décisions. Leur influence, ainsi que celle d’autres proches du président, s’étend bien au-delà des questions administratives : ils sont souvent les premiers informés des initiatives présidentielles, avant même que les départements concernés ne soient consultés. « De l’Iran à l’affaire Epstein, les réunions sensibles rassemblent toujours le même petit cercle », rappelle Le Figaro.
Cette concentration du pouvoir entre les mains d’une poignée d’individus interroge sur la pérennité de ce modèle. Les observateurs s’interrogent : jusqu’où cette centralisation peut-elle aller sans fragiliser les équilibres institutionnels américains ? La question reste ouverte, alors que l’administration Trump continue d’imprimer sa marque sur le paysage politique.
Reste à voir si cette méthode, qui a tant marqué les esprits, parviendra à s’inscrire dans la durée sans éroder davantage la confiance des Américains et de leurs alliés dans leurs institutions.
Selon Le Figaro, cette gouvernance a entraîné une gestion plus impulsive des relations internationales, avec des décisions prises sans consultation élargie des experts ou des alliés traditionnels. Par exemple, la crise avec l’Iran a été gérée en petit comité, ce qui a pu surprendre les partenaires des États-Unis et modifier la perception de la stabilité de la politique américaine.
Les auteurs, Maggie Haberman et Jonathan Swan du New York Times, se sont appuyés sur plus d’un millier d’interviews avec des membres de l’entourage de Trump. Leur enquête révèle des détails inédits sur le fonctionnement interne de la Maison-Blanche sous le second mandat, mettant en lumière une gestion du pouvoir centrée sur le président et un cercle restreint de conseillers.