Moins d’une semaine avant le gala de l’UFC Freedom 250, prévu dans la nuit du 14 au 15 juin sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, un recours judiciaire pourrait contraindre les organisateurs à annuler l’événement. Selon RMC Sport, une organisation de surveillance de la vie publique américaine a déposé une plainte devant la justice fédérale pour faire obstacle à la tenue de ce combat exceptionnel, porté par l’UFC et soutenu par Donald Trump.
Ce qu'il faut retenir
- Un recours judiciaire a été déposé par le Public Integrity Project, une ONG de surveillance, pour faire annuler l’UFC Freedom 250, prévu le 14 juin à la Maison Blanche.
- Les plaignants, un vétéran de la guerre du Vietnam et un militant associatif, contestent la légalité de l’événement et l’utilisation des lieux fédéraux à des fins privées.
- L’organisation met en cause la présence d’une structure de combat de 600 tonnes installée sans validation du Congrès, ainsi que des intérêts financiers liés à Donald Trump.
- L’UFC assure que l’événement est entièrement financé par ses soins et que les billets ne sont pas commercialisés, mais la plainte souligne des bénéfices indirects pour l’organisation.
- Le gala doit célébrer le 250e anniversaire des États-Unis, mais coïncide aussi avec les 80 ans de Donald Trump, un détail qui alimente les critiques.
- Sur le plan sportif, l’affiche promet deux combats majeurs : Ciryl Gane en quête de la ceinture intérimaire des poids lourds et Ilia Topuria défendant son titre des -70 kg.
Un recours judiciaire pour entraver l’événement
Le Public Integrity Project, une organisation indépendante spécialisée dans la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts, a saisi la justice fédérale samedi 7 juin pour tenter d’annuler l’UFC Freedom 250. Deux plaignants, un vétéran de la guerre du Vietnam et un militant associatif, ont porté plainte au nom de l’intérêt général. Leur argumentaire repose sur deux axes principaux : la légalité de l’événement et l’utilisation abusive de lieux symboliques appartenant à l’État.
Dans leur plainte, les requérants estiment que l’UFC Freedom 250 est avant tout un événement sportif privé à but lucratif, organisé et financé par l’UFC et ses partenaires commerciaux. Selon eux, même si l’organisation affirme assumer tous les coûts et ne pas vendre de billets au public, les retombées financières indirectes pourraient être substantielles. « Cet événement n’a rien d’une célébration officielle. C’est une opération commerciale déguisée », a déclaré l’un des plaignants, cité par RMC Sport.
Des infrastructures contestées et des questions sur les financements
L’installation d’une structure de combat géante, baptisée « La Griffe » et pesant près de 600 tonnes, sur la pelouse sud de la Maison Blanche a également suscité l’indignation des plaignants. Ceux-ci affirment que cette construction, haute de 28 mètres, a été érigée sans l’aval préalable du Congrès, comme l’exige la loi pour toute utilisation des espaces fédéraux à des fins non gouvernementales. « La Maison Blanche n’est pas un décor de cinéma. Ces installations transforment un lieu de mémoire nationale en une scène de spectacle privé », a souligné l’ONG dans un communiqué.
La plainte va plus loin en pointant du doigt l’utilisation du Lincoln Memorial pour la pesée officielle des combattants. Les plaignants y voient une instrumentalisation d’un monument historique à des fins promotionnelles. « Le Lincoln Memorial incarne les valeurs de démocratie et d’unité. L’y associer à un événement sportif privé relève du détournement de sens », a expliqué l’un des avocats des requérants.
Les liens troubles entre l’UFC, Dana White et Donald Trump
La proximité entre l’UFC, son président Dana White et Donald Trump alimente les soupçons de conflits d’intérêts. Selon les documents judiciaires, Dana White a reconnu que l’idée d’organiser un gala UFC à la Maison Blanche venait directement du président américain. Pourtant, l’UFC a toujours nié tout lien entre la date de l’événement et les 80 ans de Donald Trump, officiellement célébrés le 14 juin. « Ce gala n’a rien à voir avec un anniversaire personnel. C’est une célébration nationale », a affirmé Dana White lors d’une conférence de presse, sans convaincre ses détracteurs.
Les plaignants soulignent aussi les intérêts financiers de Donald Trump dans l’UFC. Dans ses dernières déclarations financières, publiées en mai 2026, le président américain détient entre 15 000 et 50 000 dollars d’actions de TKO Group Holdings, la société mère de l’UFC. Ces actions, acquises en mars 2026, représentent un placement modeste, mais leur simple existence nourrit les critiques sur une possible implication personnelle de Trump dans l’organisation de l’événement.
Une promotion officielle de la Maison Blanche qui envenime la polémique
La polémique a pris une nouvelle dimension lorsque la Maison Blanche a elle-même assuré la promotion de l’UFC Freedom 250 sur le réseau social X. Une vidéo, accompagnée de la légende « Attachez vos ceintures. Ça va chauffer. », montre la construction de « La Griffe » ainsi que des archives de Donald Trump lors de précédents galas UFC. Dans ces images, le président américain promet que cet événement sera « le plus grand moment de l’histoire de l’UFC ». Pour les opposants, cette implication directe de la présidence américaine confirme le caractère politique et partisan de l’événement.
Les plaignants dénoncent également les modalités de diffusion du gala. Si certains combats préliminaires seront retransmis sur des chaînes câblées, la carte principale sera diffusée exclusivement sur Paramount+, la plateforme de streaming du groupe ViacomCBS, partenaire de l’UFC. Les requérants y voient une nouvelle preuve de la nature commerciale de l’événement, organisé avant tout pour maximiser les revenus de l’UFC et de ses partenaires.
Une affiche sportive de haut niveau malgré la polémique
Malgré les tensions judiciaires, l’affiche sportive de l’UFC Freedom 250 reste exceptionnelle. Le Français Ciryl Gane affrontera Alex Pereira pour le titre intérimaire des poids lourds (-120 kg), une catégorie où Pereira a déjà été champion à deux reprises (-84 kg et -93 kg). Dans le combat principal, le Géorgien Ilia Topuria, champion en titre des -70 kg, défendra sa ceinture contre le champion intérimaire Justin Gaethje.
Pour l’UFC, ces affrontements justifient à eux seuls l’organisation de l’événement. « Nous ne sommes pas là pour faire de la politique. Nous organisons un gala sportif de haut niveau, comme nous le faisons depuis des années », a rappelé Dana White, qui a toujours nié toute instrumentalisation de l’événement à des fins politiques.
Reste à savoir si l’UFC Freedom 250 inscrira son nom dans l’histoire du sport américain ou si, au contraire, il restera comme un symbole des dérives d’un mélange entre politique et spectacle.
L’événement est critiqué pour son utilisation de lieux fédéraux comme la Maison Blanche et le Lincoln Memorial à des fins privées, ainsi que pour les liens entre l’UFC, Dana White et Donald Trump, jugés conflictuels. La plainte déposée par le Public Integrity Project dénonce aussi une opération commerciale déguisée, financée par l’UFC mais bénéficiant indirectement à ses partenaires et au président américain.
Les plaignants sont un vétéran de la guerre du Vietnam et un militant associatif, représentés par le Public Integrity Project, une organisation de surveillance de la vie publique américaine. Leur objectif est d’obtenir l’annulation de l’événement avant son déroulement.