Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en Ukraine, plus de 7 000 volontaires colombiens se sont engagés aux côtés de l’armée ukrainienne, selon RFI. Ce contingent, le plus important parmi les étrangers combattant en Ukraine, attire de nombreux engagés par des promesses de salaires élevés, souvent destinés à soutenir leurs familles restées en Colombie. Pourtant, ce choix héroïque se transforme parfois en tragédie lorsque ces familles apprennent la mort de leur proche au front. Un périple douloureux s’ensuit alors, marqué par l’espoir désespéré de rapatrier un corps, condition nécessaire pour obtenir des indemnités.
Ce qu'il faut retenir
- 7 000 volontaires colombiens se sont engagés en Ukraine depuis 2022, faisant d’eux le principal contingent étranger.
- Leurs motivations incluent des salaires élevés pour aider leurs familles en Colombie.
- Des familles colombiennes découvrent parfois avec effroi le décès de leur proche au front.
- Le retour des corps est un enjeu crucial pour les proches, car il conditionne l’accès à des indemnités.
- Un voyage périlleux et émotionnellement éprouvant s’engage alors pour les mères, épouses ou sœurs des défunts.
Un engagement motivé par des promesses économiques
Les volontaires colombiens ont massivement rejoint les rangs ukrainiens depuis 2022, attirés par des rémunérations attractives comparées aux standards locaux. Selon les témoignages recueillis par RFI, certains engagés évoquent des salaires pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars par mois, une somme colossale pour des familles souvent modestes en Colombie. « On m’a promis un salaire décent pour ma famille, surtout pour mes enfants », a expliqué un volontaire colombien sous couvert d’anonymat. Pourtant, cette perspective économique s’accompagne d’un risque bien réel : celui de ne jamais revenir.
Le deuil et le voyage vers l’Ukraine
Lorsque la nouvelle du décès parvient aux proches restés en Colombie, une quête commence. Mères, épouses ou sœurs entament un voyage épuisant vers l’Ukraine, motivées par l’espoir de retrouver les restes de leur proche. Ce périple, souvent financièrement et émotionnellement éprouvant, s’ajoute à la douleur de la perte. « Elles arrivent ici avec un seul objectif : retrouver un corps. Sans cela, elles n’ont aucun droit à des indemnités », précise un responsable humanitaire en Ukraine. Les démarches administratives et logistiques s’avèrent complexes, dans un pays en guerre où les infrastructures sont partiellement détruites.
Les défis logistiques et émotionnels
Une fois sur place, les familles colombiennes se heurtent à des obstacles multiples. L’accès aux zones de conflit reste restreint, et l’identification des corps peut prendre des semaines, voire des mois. Certaines doivent même faire face à des refus de rapatriement pour des raisons administratives ou sécuritaires. « Le processus est long et incertain. Certaines familles repartent sans avoir pu accomplir leur quête », confie une travailleuse sociale en contact avec ces proches. Par ailleurs, le coût du voyage et des démarches est souvent supporté par des associations locales ou des dons, faute de soutien officiel.
Face à l’ampleur des pertes humaines parmi les volontaires étrangers, la question du soutien aux familles endeuillées devrait rester au cœur des débats dans les prochains mois. Les prochaines négociations diplomatiques entre l’Ukraine et la Colombie pourraient apporter des réponses, mais en attendant, le combat se poursuit aussi pour ces familles colombiennes prises au piège d’un conflit qui les a éloignées de chez elles.
D’après RFI, les Colombiens représentent le plus grand groupe de volontaires étrangers en Ukraine depuis 2022, attirés par des salaires élevés bien supérieurs à ceux proposés localement. Leur engagement s’explique aussi par des dynamiques économiques difficiles en Colombie, où le salaire moyen reste faible pour une grande partie de la population.