D'après RFI, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé ce 21 avril la réparation complète de l'oléoduc Droujba, endommagé par une frappe russe, permettant à cette infrastructure de « reprendre » ses opérations. Cette nouvelle intervient alors que Kyiv observe avec une vigilance accrue les mouvements de troupes en Biélorussie, pays voisin dont les forces ont participé à l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. La crainte d'une implication militaire directe de Minsk dans le conflit grandit, bien que son ampleur reste à préciser.
Ce qu'il faut retenir
- L'oléoduc Droujba, reliant la Russie à plusieurs pays européens dont la Hongrie, a été réparé et peut désormais fonctionner normalement, selon les déclarations de Zelensky ce 21 avril.
- La Biélorussie, où des troupes russes étaient stationnées avant l'invasion de 2022, est désormais perçue par l'Ukraine comme une menace militaire potentielle.
- Volodymyr Zelensky exprime ses inquiétudes quant à une éventuelle intervention de Minsk dans le conflit aux côtés de Moscou.
- La réparation de Droujba intervient dans un contexte de tensions accrues entre l'Ukraine et ses voisins, notamment après des mois de frappes russes ciblant les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Un oléoduc stratégique rétabli après des mois de tensions
L'annonce de la remise en service de l'oléoduc Droujba, « parachevée » selon les termes de Zelensky, marque un tournant pour plusieurs pays européens dépendants du pétrole russe. Cet oléoduc, long de près de 4 000 kilomètres, transite notamment par l'Ukraine avant de rejoindre la Hongrie, la Slovaquie et d'autres États membres de l'Union européenne. « L'infrastructure est désormais opérationnelle », a-t-il précisé, sans évoquer de calendrier précis pour le redémarrage complet des livraisons. — D'après les autorités ukrainiennes, les frappes russes de l'hiver 2025-2026 avaient provoqué des dégâts majeurs, perturbant temporairement l'approvisionnement en énergie de plusieurs pays européens.
La Biélorussie, nouveau point de friction entre Kyiv et Moscou
Côté sécurité, la situation se tend depuis plusieurs semaines. Le président ukrainien a rappelé que Minsk avait déjà servi de base arrière pour les troupes russes lors du déclenchement de l'invasion en février 2022. « Nous surveillons de près les mouvements militaires en Biélorussie », a-t-il déclaré, sans confirmer l'existence de preuves tangibles d'une préparation offensive. — RFI souligne que des images satellites et des rapports de renseignement ont montré ces dernières semaines une concentration inhabituelle de forces biélorusses près de la frontière ukrainienne, alimentant les spéculations sur une possible implication dans le conflit.
Pour autant, les analystes restent prudents. Si une intervention directe de la Biélorussie pourrait changer la donne stratégique en faveur de la Russie, son engagement concret reste incertain. « Rien n'indique à ce stade une entrée en guerre imminente de Minsk », tempère un expert en géopolitique cité par RFI. — La dépendance économique de la Biélorussie à Moscou, déjà mise à mal par les sanctions occidentales, rend une telle décision risquée pour le régime de Loukachenko.
En attendant, la question reste entière : la Biélorussie basculera-t-elle dans une alliance militaire active avec Moscou, ou se contentera-t-elle de jouer un rôle logistique ? Autant dire que l'équilibre des forces en Europe de l'Est pourrait basculer en fonction de cette équation.
L'oléoduc Droujba alimente principalement la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque et partiellement la Pologne et l'Allemagne en pétrole russe. Avant les frappes de 2025-2026, il transitait à 80 % par l'Ukraine, ce qui en faisait une cible stratégique pour Moscou.
À ce jour, Minsk n'a pas officiellement envoyé de troupes en Ukraine. Cependant, des rapports de renseignement et des mouvements de troupes près de la frontière ukrainienne alimentent les craintes d'une participation indirecte ou future. Aucune preuve d'engagement direct n'a été rendue publique par Kyiv ou ses alliés.