Près d’un Américain sur six en couple avoue nourrir secrètement l’idée d’un partenaire de rechange, une personne réelle et non un fantasme, susceptible de remplacer son conjoint actuel en cas d’opportunité. Selon une étude menée par l’institut Talker Research et publiée en décembre 2025, ce phénomène, souvent minimisé, révèle des dynamiques relationnelles complexes où l’attirance et la peur de la solitude jouent un rôle central.
Ce qu'il faut retenir
- 16 % des adultes américains en couple déclarent avoir une « solution de rechange » amoureuse, c’est-à-dire une personne identifiée pour laquelle ils quitteraient leur partenaire actuel si l’occasion se présentait.
- Les hommes sont 19 % à adopter cette pratique, contre 12 % des femmes, selon l’échantillon de 1 279 participants en couple au moment de l’étude.
- Ce comportement n’est pas lié à l’insatisfaction dans la relation actuelle, mais plutôt à une peur profonde du célibat et à un besoin de sécurité émotionnelle.
- Les psychologues interrogés soulignent que le « plan B » agit comme un filet de sécurité psychologique, atténuant l’angoisse d’une éventuelle rupture ou d’un abandon.
Un phénomène plus courant qu’on ne le pense
Contrairement aux idées reçues, le fait de se ménager une porte de sortie affective n’est pas exceptionnel. Selon Courrier International, qui relaie l’enquête publiée par le quotidien espagnol El País, cette pratique est bien plus répandue qu’on ne l’imagine. L’étude de Talker Research, menée auprès de 1 279 Américains en couple, montre que 16 % des participants reconnaissent avoir identifié une personne susceptible de remplacer leur partenaire actuel. Il ne s’agit pas d’un inconnu hypothétique, mais d’une personne déjà connue, avec laquelle une attirance existe ou pourrait se développer.
Cette stratégie, souvent qualifiée de « solution de rechange » ou de « plan B », s’inscrit dans une logique où l’engagement monogame ne signifie pas l’exclusion totale des autres options. Comme le souligne le média Vice, « dans une relation monogame, la plupart des gens pensent que s’engager signifie éliminer toutes les autres options. En réalité, nombreux sont ceux qui se gardent mentalement au moins une possibilité ‘en cas d’urgence’ ».
Des motivations qui dépassent l’attirance pure
Les raisons qui poussent à entretenir un tel scénario ne sont pas uniquement liées à une insatisfaction dans le couple. Lucia O’Sullivan, psychologue, chercheuse et coauteure de l’étude, explique à El País que « nourrir consciemment une attirance au point de se créer un partenaire de secours tout en partageant sa vie avec quelqu’un d’autre n’est plus une question de biologie, mais un choix ». Pour elle, l’attirance ne disparaît pas avec l’engagement, mais la manière dont on la gère peut révéler des insécurités profondes.
Parmi ces insécurités, la peur de la solitude occupe une place centrale. « Souvent, ces personnes ont un profil bien particulier : elles ne veulent pas courir le risque de se retrouver seules », précise Lucia O’Sullivan. L’étude a mesuré un niveau de « peur du célibat » bien plus élevé que la moyenne chez ces individus, souvent caractérisés par un attachement anxieux. « Ils présentent une hantise de l’abandon et du remplacement par quelqu’un d’autre, un besoin maladif de proximité et de validation, ainsi qu’une intolérance prononcée au moindre signe de rejet », ajoute-t-elle.
Des profils psychologiques marqués par l’angoisse
Les résultats de l’enquête montrent que les personnes ayant un « plan B » ne sont pas nécessairement insatisfaites de leur relation actuelle. Miriam Morales, une autre psychologue citée par El País, confirme que « ces motifs n’ont pas toujours de lien avec la qualité de la relation en cours. Ils révèlent plutôt les insécurités, les besoins ou les angoisses de celui qui se garde un plan B ». Pour elle, le problème ne réside pas dans le sentiment lui-même, mais dans l’usage qu’on en fait : « Nourrir sciemment une attirance ‘au cas où’ tout en partageant sa vie avec quelqu’un d’autre n’est pas plus fort que soi : c’est un choix délibéré ».
Adam Horvath, psychologue interrogé par Vice, résume cette dynamique en rappelant que « l’attirance ne disparaît pas dès qu’on déclare : ‘Je te choisis toi’. Ce qui compte, c’est ce qu’on ressent, et notre capacité à être honnête envers nous-même sur ce que nous sommes ». Ainsi, le « plan B » devient une sorte de mécanisme de défense, permettant de gérer l’incertitude et la peur de l’abandon.
Des différences hommes-femmes notables
L’étude révèle une disparité marquée entre les genres. Parmi les participants, 19 % des hommes déclarent avoir une « personne de secours », contre seulement 12 % des femmes. Cette différence pourrait s’expliquer par des attentes sociales et des schémas relationnels distincts. Les hommes seraient plus enclins à entretenir des fantasmes ou des scénarios de remplacement, tandis que les femmes privilégieraient davantage la stabilité émotionnelle, selon les interprétations des chercheurs.
Cependant, les psychologues soulignent que ces chiffres ne reflètent pas nécessairement une infidélité active, mais plutôt une tendance à se projeter dans des alternatives pour se rassurer. « Pour certains, l’idée de se retrouver célibataire est tellement angoissante qu’ils ont besoin de se rassurer avec l’existence d’une solution de rechange », explique Lucia O’Sullivan. Ce filet de sécurité psychologique atténue l’angoisse d’une éventuelle rupture, même si la relation actuelle est satisfaisante.
Si le phénomène reste marginal, il interroge sur la place de l’engagement dans les relations modernes. Faut-il y voir une preuve d’insatisfaction croissante ou simplement une stratégie de gestion des risques affectifs ? Une chose est sûre : ces résultats rappellent que l’amour, même partagé, ne se réduit pas à une simple équation entre deux personnes.
Selon les psychologues interrogés, cette pratique répond principalement à une peur profonde du célibat et à un besoin de sécurité émotionnelle. Elle agit comme un filet de sécurité psychologique, atténuant l’angoisse d’une éventuelle rupture ou d’un abandon, même si la relation actuelle est satisfaisante.
Oui, l’étude révèle que 19 % des hommes en couple déclarent avoir une « personne de secours », contre 12 % des femmes. Cette différence pourrait s’expliquer par des attentes sociales et des schémas relationnels distincts, bien que les chercheurs n’excluent pas d’autres facteurs culturels ou psychologiques.