Un an après le décès du pape François, survenu le 21 avril 2025 — jour de Pâques —, la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome continue d’accueillir un flux constant de pèlerins venus se recueillir devant sa tombe. Selon Euronews FR, ce phénomène illustre une dévotion persistante, bien au-delà des cérémonies funèbres et de l’Année Sainte qui avait coïncidé avec son enterrement.

Ce qu'il faut retenir

  • Le pape François a été enterré dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, un lieu qu’il affectionnait particulièrement, notamment pour son attachement à l’icône du Salus Populi Romani.
  • Plus de 20 millions de fidèles ont visité la basilique depuis sa mort, malgré la fin de l’Année Sainte en 2025.
  • Le cardinal Rolandas Makrickas évoque une « mémoire priante » plutôt qu’un culte, soulignant l’héritage pastoral du pape.
  • Les pèlerins viennent du monde entier pour prier devant sa tombe, puis se recueillent dans la chapelle paulinienne où il avait l’habitude de prier.
  • Les fidèles saluent son engagement pour la paix et sa simplicité, dans un contexte international marqué par les conflits.

Une basilique devenue un lieu de pèlerinage permanent

Chaque jour, devant la basilique papale Sainte-Marie-Majeure — l’une des quatre basiliques majeures de Rome et un site de référence pour des millions de croyants —, des files d’attente se forment pour accéder à la tombe du pape François. Comme l’explique Euronews FR, ce lieu n’a pas été choisi au hasard : Bergoglio s’y rendait régulièrement avant et après ses voyages apostoliques, notamment pour se recueillir devant l’icône du Salus Populi Romani, conservée dans la chapelle paulinienne. Cette icône, vénérée depuis des siècles, était particulièrement chère au pape, qui y voyait un symbole de protection divine pour le peuple romain.

Depuis un an, les fidèles du monde entier font le déplacement pour honorer sa mémoire. Selon les autorités de la basilique, la fréquentation n’a jamais faibli, même après la clôture de l’Année Sainte en 2025. Plus de 20 millions de personnes ont franchi les portes de l’édifice depuis la mort du souverain pontife, un chiffre qui témoigne de l’attachement durable des croyants à sa figure.

Une « mémoire priante » plutôt qu’un culte, selon le cardinal Makrickas

Le cardinal Rolandas Makrickas, archiprêtre coadjuteur de la basilique, a été l’un des premiers à décrire ce phénomène. Interrogé par Euronews FR, il a précisé que l’afflux de fidèles ne relève pas d’un culte officiel, mais d’une « mémoire priante » : « Je dirais que nous ressentons une mémoire priante de nombreux fidèles. Je ne parlerais pas encore de culte, car c’est un terme théologique qui évoque d’autres réalités. » Il a ajouté que cette dévotion reflète avant tout « un désir de rendre grâce pour son pontificat, qui a illuminé le monde d’une lumière très spéciale de l’Évangile ».

Le pape François, poursuit-il, s’est distingué par « une approche pastorale bien plus simple, des gestes et des paroles très cordiales, proches des gens ». Une simplicité qui, selon le cardinal, a marqué les fidèles et continue de les inspirer. « Nous voyons des gens venir prier sur sa tombe, puis ils se rendent dans la chapelle pour prier là où lui-même priait », explique-t-il. Pour Makrickas, ce geste concret incarne l’héritage du souverain pontife : « Je pense que c’est un héritage très important pour l’Église, pour montrer que l’Église est guidée avant tout par Dieu. »

Un héritage marqué par l’engagement pour la paix et la proximité avec les fidèles

Un an après sa disparition, le souvenir du pape François reste vif parmi les croyants. Plusieurs d’entre eux, interrogés par Euronews FR devant la basilique, ont souligné deux aspects majeurs de son pontificat : sa proximité avec les fidèles et son action en faveur de la paix dans un monde en proie aux conflits. Une Allemande, émue, a confié : « C’était un pape extraordinaire. Sa mort a été un choc. Comme il ne s’est écoulé que peu de temps depuis son décès, il est toujours présent dans nos esprits. Nous pensons encore beaucoup à lui. »

Une autre pèlerine a mis en avant son rôle sur la scène internationale : « Du point de vue du travail qu’il a accompli pour la paix dans le monde, il laisse un grand héritage. À une époque comme la nôtre, marquée par tant de guerres et de conflits, il s’est beaucoup battu. Je crois que, de ce point de vue, il a été un grand pape. » Ces témoignages illustrent la double dimension de son héritage : spirituel et politique, humain et universel.

Et maintenant ?

Si l’afflux de pèlerins persiste, les autorités de la basilique Sainte-Marie-Majeure pourraient être amenées à adapter l’organisation des visites, notamment pour gérer les flux de visiteurs. Par ailleurs, la mémoire du pape François devrait continuer de nourrir les réflexions au sein de l’Église, alors que le Vatican prépare l’après-2025. Aucune date n’a encore été officiellement annoncée pour d’éventuelles cérémonies commémoratives, mais les spécialistes s’attendent à ce que son héritage pastoral reste un sujet de débats et d’hommages dans les mois à venir.

La basilique Sainte-Marie-Majeure, un lieu chargé d’histoire et de symboles

Outre sa tombe, la basilique Sainte-Marie-Majeure abrite d’autres trésors religieux et artistiques, dont l’icône du Salus Populi Romani, considérée comme l’un des symboles les plus importants du catholicisme romain. Selon la tradition, cette représentation de la Vierge Marie aurait été peinte au Ve siècle et aurait protégé la ville de Rome lors d’une épidémie de peste. Le pape François s’y rendait fréquemment, notamment avant ses voyages à l’étranger, pour demander la protection divine sur ses missions.

Son enterrement dans cette basilique, le 27 avril 2025 — six jours après son décès —, avait été l’un des moments forts des cérémonies funèbres. Contrairement à ses prédécesseurs, qui avaient été enterrés dans les grottes vaticanes sous la basilique Saint-Pierre, Bergoglio avait choisi cet endroit pour son attachement personnel à ce lieu. Un choix qui, un an plus tard, semble avoir renforcé le lien entre les fidèles et sa mémoire.

Un phénomène qui dépasse les frontières religieuses

Si la dévotion envers le pape François reste avant tout un phénomène catholique, les observateurs notent que son héritage attire aussi des personnes en quête de spiritualité ou d’exemples de leadership humain. Son engagement en faveur des migrants, des pauvres et de l’écologie a marqué bien au-delà des cercles religieux. Plusieurs associations laïques ont d’ailleurs rendu hommage à son action lors d’événements organisés à Rome ces dernières semaines.

Pour l’Église, la question se pose désormais de pérenniser cette mémoire. Le cardinal Makrickas a indiqué que des réflexions étaient en cours pour organiser des initiatives symboliques, comme des conférences ou des expositions, afin de rappeler son pontificat. Rien n’a encore été officialisé, mais l’idée d’un « chemin de mémoire » au sein de la basilique est évoquée pour les années à venir.

Quoi qu’il en soit, un an après sa disparition, la basilique Sainte-Marie-Majeure reste un lieu de pèlerinage actif, où les fidèles viennent chercher à la fois réconfort et inspiration. Comme le résume une pèlerine italienne : « Il nous a montré qu’un pape pouvait être à la fois proche de Dieu et proche des hommes. C’est ça, son plus beau message. »

Le pape François avait un attachement particulier à cette basilique, où il se rendait régulièrement pour prier, notamment devant l’icône du Salus Populi Romani. Son enterrement dans ce lieu reflète cette proximité spirituelle, contrairement à ses prédécesseurs qui avaient été inhumés sous la basilique Saint-Pierre au Vatican.

Avant même l’Année Sainte 2025, la basilique accueillait plusieurs millions de visiteurs par an. Depuis la mort du pape François, plus de 20 millions de pèlerins ont franchi ses portes, un chiffre qui témoigne de l’engouement durable pour sa mémoire.