Un investisseur britannique vient de récupérer des bitcoins placés en 2011 sur une plateforme disparue en 2014, réalisant une plus-value de plus de 3 millions de livres sterling. Selon nos confrères de Cryptoast, Chris — dont l’identité a été préservée — a pu débloquer son portefeuille grâce à une procédure judiciaire engagée douze ans après son dépôt initial.

Ce qu'il faut retenir

  • Un Britannique a récupéré 55 bitcoins, bloqués depuis 2014 sur la plateforme Intersango, après une bataille juridique de plusieurs mois.
  • Son investissement initial de 1 750 € en 2011 vaut désormais près de 4 millions d’euros.
  • Intersango, une des premières plateformes d’échange britannique, a cessé ses activités en 2014 sans régler les retraits de ses clients.
  • Le cabinet d’avocats CEL Solicitors a permis la récupération des fonds par la négociation plutôt que par un procès.
  • Des milliers d’autres bitcoins pourraient encore être récupérables, selon les documents judiciaires révélés en 2026.

L’histoire commence en 2011, lorsque Chris, un Britannique souhaitant rester anonyme, décide de placer l’équivalent de 1 750 € en bitcoin sur Intersango. À l’époque, la plateforme, alors connue sous le nom de Britcoin, était l’une des rares options disponibles au Royaume-Uni pour acheter ou échanger des cryptomonnaies. Le cours du bitcoin était alors d’environ 3,40 €, ce qui correspondait à environ 550 BTC pour l’investissement initial. Autant dire que la valeur de ce portefeuille a connu une évolution spectaculaire en une décennie.

Dès 2012, des signes de fragilité apparaissent chez Intersango. La plateforme, non régulée par la Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur financier britannique, peine à maintenir ses services. En 2014, elle devient inaccessible, laissant des centaines de clients sans possibilité de retirer leurs fonds. Le compte de Chris est gelé, et ses bitcoins, alors valorisés à environ 4 675 €, restent hors de portée. Face à l’absence de réponse de la part de l’entreprise, il abandonne progressivement ses démarches.

Ce n’est qu’en 2018 que Chris reçoit un premier mail des cofondateurs d’Intersango, l’invitant à se manifester pour récupérer ses fonds. Persuadé qu’il s’agit d’une tentative d’arnaque, il ignore ces messages. Ce n’est qu’en 2026, poussé par son épouse, qu’il décide de contacter le cabinet d’avocats CEL Solicitors, spécialisé dans la récupération d’actifs numériques perdus. Ryan Sweetnam, directeur du contentieux financier chez CEL Solicitors, explique que la procédure a été menée par la négociation plutôt que par un procès, ce qui a permis une résolution rapide du dossier.

« Ils ont eu le privilège de fermer boutique et de partir. »
— Chris, interviewé par LBC

En quelques mois, les 55 bitcoins de Chris sont transférés vers un nouveau portefeuille sous son contrôle. Leur valeur, au moment de la récupération, avoisine les 4 millions d’euros. « Je vérifie encore l’application vingt fois par jour, je n’arrive pas à croire que c’est réel », confie-t-il à LBC. Une partie de cette somme devrait lui permettre d’offrir à sa famille un logement mieux adapté, tandis qu’il envisage de conserver une partie de ses bitcoins pour l’avenir.

L’affaire soulève la question des milliers d’autres bitcoins potentiellement perdus ou bloqués à la suite de la fermeture d’Intersango. Selon les documents judiciaires rendus publics en 2026, l’un des cofondateurs détiendrait encore environ 5 500 BTC, soit près de 585 millions d’euros. Une partie de ces actifs pourrait appartenir à d’anciens clients britanniques. Cette révélation marque une première, puisque jamais auparavant un responsable d’Intersango n’avait reconnu détenir encore des fonds issus de la plateforme.

Pour récupérer ces actifs, les anciens clients devront cependant fournir des preuves solides de propriété, un processus qui peut s’avérer long et complexe. Cette affaire rappelle celle de James Howells, cet ingénieur gallois qui tente depuis plus de dix ans d’obtenir l’autorisation de fouiller une décharge à Newport pour retrouver un disque dur contenant les clés d’accès à 8 000 BTC. Sa dernière demande a été rejetée par la Haute Cour britannique en janvier 2025, illustrant les difficultés rencontrées pour récupérer des cryptomonnaies perdues dans des circonstances similaires.

Et maintenant ?

Cette récupération réussie pourrait encourager d’autres anciens clients d’Intersango à engager des démarches similaires, notamment si les preuves de propriété peuvent être établies. Le cabinet CEL Solicitors pourrait jouer un rôle clé dans ces procédures, en capitalisant sur son expérience récente. Cependant, la récupération de fonds dépendra largement de la localisation et de la liquidité des actifs détenus par les anciens responsables de la plateforme.

Cette histoire illustre également les risques inhérents aux investissements dans les cryptomonnaies, notamment ceux réalisés sur des plateformes non régulées ou aujourd’hui disparues. Les autorités financières, comme la FCA, rappellent régulièrement aux investisseurs l’importance de choisir des intermédiaires agréés et de sécuriser leurs actifs. Pour Chris, cette expérience se solde par une issue heureuse, mais elle reste un rappel des aléas du secteur crypto, où les fortunes peuvent se construire… ou disparaître en quelques années.

La récupération dépend de plusieurs facteurs : la régulation de la plateforme au moment des faits, la possibilité de prouver sa propriété des actifs, et l’existence de procédures judiciaires ou de négociations en cours. Dans le cas d’Intersango, la récupération a été possible grâce à une procédure judiciaire engagée par le cabinet CEL Solicitors, qui a permis de négocier le transfert des fonds. Les anciens clients doivent rassembler des preuves solides, comme des relevés de transactions ou des confirmations de dépôt, et engager un avocat spécialisé pour entamer les démarches.