Une fillette chinoise d’un an a subi une intervention chirurgicale rare après que des examens d’imagerie médicale ont révélé la présence d’un fœtus de son jumeau dans son cerveau. Selon Futura Sciences, cette anomalie congénitale, appelée « foetus in foetu » ou « jumeau parasite », concerne environ une naissance vivante sur 500 000. Les médecins ont découvert cette masse osseuse lors d’un examen de routine visant à expliquer son retard de développement moteur et l’augmentation anormale de son périmètre crânien.

Ce qu'il faut retenir

  • Une fillette chinoise de un an a été opérée d’un fœtus de son jumeau logé dans son cerveau, selon Futura Sciences.
  • Le diagnostic a été posé après l’observation d’un retard moteur, d’une hypertrophie crânienne et d’une accumulation de liquide cérébrospinal.
  • L’examen radiologique a révélé la présence d’os (colonne vertébrale, fémur et tibia) ainsi qu’un spina bifida dans une poche intracrânienne.
  • Cette anomalie, appelée « foetus in foetu », touche environ une naissance sur 500 000.
  • Les médecins ont extrait un fœtus de 10 cm de long, composé d’ébauches de membres, confirmé par des tests ADN comme étant son jumeau.

Une découverte médicale exceptionnelle

Les symptômes présentés par la petite patiente – retard de développement moteur, périmètre crânien anormalement élevé et signes d’hydrocéphalie – ont conduit les médecins à prescrire une radiographie du crâne. C’est ainsi que, dans un premier temps, ils ont identifié une masse suspecte à l’intérieur de son cerveau. Les images obtenues ont ensuite révélé la présence d’os formant une colonne vertébrale, ainsi que deux os longs identifiés comme étant un fémur et un tibia. « Autant dire que la découverte a laissé l’équipe médicale sans voix », souligne l’article.

D’après les examens complémentaires, cette masse intraventriculaire contenait également des signes de spina bifida, une malformation congénitale souvent associée à une paralysie des membres inférieurs. Le cas a été décrit en détail dans la revue Neurology en février 2023, illustrant l’extrême rareté de cette pathologie.

Le mécanisme du « foetus in foetu »

Ce phénomène se produit lorsque deux jumeaux fusionnent pendant la grossesse, mais qu’un seul poursuit son développement normal. Le jumeau non développé est alors absorbé par le corps de l’autre, mais au lieu de se localiser dans l’abdomen, il se retrouve piégé dans le cerveau. « L’absorption cérébrale est extrêmement rare », rappelle l’article, « avec moins de 20 cas publiés dans le monde à ce jour ».

Dans le cas de cette fillette, les spécialistes supposent que la fusion anormale s’est produite très tôt, au stade de blastocyste, lorsque l’ovule fécondé forme un amas de cellules. Les parties fusionnées ont ensuite formé le cerveau antérieur de la fillette, enveloppant partiellement l’embryon parasite lors du repliement de la plaque neurale. Ce processus explique la localisation intracrânienne exceptionnelle de ce « jumeau parasite ».

Une extraction chirurgicale pour préserver la santé de l’enfant

Face au risque de complications liées à la compression cérébrale et à l’hydrocéphalie, l’équipe médicale a décidé d’intervenir chirurgicalement pour extraire la masse fœtale. Lors de l’opération, les chirurgiens ont retiré un fœtus de 10 cm de long, présentant des ébauches de membres supérieurs avec des doigts. Des analyses ADN ultérieures ont confirmé qu’il s’agissait bien du jumeau de la fillette.

Le compte rendu médical ne précise pas l’état de santé de l’enfant après l’intervention. Toutefois, cette opération a permis d’éviter des séquelles irréversibles liées à la compression cérébrale et à l’hydrocéphalie. Les médecins n’ont pas communiqué sur d’éventuelles complications postopératoires ou sur le suivi à long terme de la patiente.

Un phénomène médical rarissime

Le « foetus in foetu » intraventriculaire, comme celui diagnostiqué chez cette fillette, est une forme particulièrement rare de cette anomalie. Contrairement aux cas plus fréquents où le jumeau parasite se situe dans la cavité abdominale, cette localisation intracrânienne n’a été documentée que dans quelques dizaines d’observations à travers le monde.

Les experts soulignent que cette pathologie résulte d’une erreur dans le processus de développement embryonnaire, où les cellules destinées à former deux individus distincts ne parviennent pas à se séparer complètement. « Les cas de jumeaux parasites intracrâniens sont si exceptionnels que chaque nouvelle observation contribue à enrichir les connaissances médicales sur les mécanismes de la gémellité », explique l’article.

Et maintenant ?

Ce cas clinique, publié dans une revue spécialisée, pourrait inciter les équipes médicales à systématiser les examens d’imagerie cérébrale chez les nourrissons présentant des retards de développement ou des anomalies crâniennes inexpliquées. Les spécialistes pourraient également approfondir les recherches sur les causes génétiques ou environnementales de cette anomalie, afin de mieux la prévenir ou la détecter précocement. Pour l’heure, le pronostic de la fillette reste inconnu, mais son opération représente une avancée majeure dans la prise en charge de cette pathologie rarissime.

Ce type de découverte médicale, bien que spectaculaire, rappelle l’importance des examens de routine dans le dépistage précoce des anomalies congénitales. Elle illustre également la complexité des processus embryonnaires et la nécessité de poursuivre les recherches dans ce domaine.

Le « foetus in foetu », ou « jumeau parasite », est une anomalie congénitale extrêmement rare où un fœtus non développé se retrouve à l’intérieur du corps de son jumeau vivant. Dans la plupart des cas, il est situé dans la cavité abdominale, mais il peut aussi se loger dans d’autres parties du corps, comme le cerveau. Cette pathologie concerne environ une naissance sur 500 000.

Les experts estiment que cette localisation intracrânienne résulte d’une fusion anormale très précoce entre les deux embryons, au stade de blastocyste. Les cellules destinées à former deux fœtus distincts seraient restées soudées, et lors du repliement de la plaque neurale, l’un des embryons a été enveloppé par le cerveau de l’autre. Ce mécanisme explique pourquoi le jumeau parasite s’est retrouvé piégé dans le crâne.