Un joyau exceptionnel de plus de 200 carats, commandé en 1939 pour la reine d’Égypte Nazli, a été dérobé jeudi 27 août en plein après-midi dans un musée viennois. L’opération, menée par deux hommes non masqués filmés par les caméras de surveillance, s’est soldée par la destruction d’une vitrine et la fuite avec le bijou. Selon Franceinfo - Culture, qui rapporte les informations communiquées par la police autrichienne, l’un des voleurs était armé.
Ce qu'il faut retenir
- Un collier de 673 diamants montés sur platine, estimé à plusieurs millions d’euros, a été volé au musée des arts appliqués de Vienne (MAK).
- Les voleurs, deux hommes non masqués, ont brisé une vitrine au marteau avant de prendre la fuite avec le bijou.
- Le collier, commandé pour la reine Nazli d’Égypte en 1939, avait déjà disparu pendant 40 ans avant de réapparaître en 2015.
- Exposé dans le cadre d’une rétrospective Van Cleef & Arpels depuis le 10 juin, il devait rester visible jusqu’au 27 septembre.
- Ce vol s’inscrit dans une série de cambriolages récents touchant des musées européens.
Une parure chargée d’histoire, symbole de la chute d’une monarchie
Le collier dérobé au musée des arts appliqués de Vienne (MAK) n’est pas un simple bijou : il incarne un pan de l’histoire égyptienne. Réalisé en 1939 par la maison Van Cleef & Arpels pour la reine Nazli, il fut offert à l’occasion du mariage de sa fille, la princesse Faïza, avec le futur chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. La parure, inspirée des plastrons pharaoniques, illustrait le faste de la monarchie égyptienne avant sa chute.
Après la révolution de 1952, la reine Nazli, alors en exil et ruinée, vendit le collier aux enchères en 1975 chez Sotheby’s. Le bijou disparut ensuite pendant quatre décennies, jusqu’à réapparaître en 2015, estimé à près de 4 millions d’euros. Exposé à Paris en 2020 au Muséum national d’Histoire naturelle, il avait déjà fait l’objet d’une tentative de vol rocambolesque.
Un vol spectaculaire en plein jour, sans résistance apparente
Les faits se sont déroulés jeudi 27 août, vers 15 heures, dans les salles du MAK consacrées à l’exposition temporaire « Van Cleef & Arpels, l’art de la joaillerie ». Selon les premiers éléments de l’enquête relayés par la police autrichienne, les deux hommes, non masqués, ont acheté des billets d’entrée avant de se diriger vers la vitrine abritant le collier. Armés d’un marteau, ils ont brisé la glace protectrice et saisi le bijou avant de quitter les lieux sans être inquiétés.
Les images des caméras de surveillance montrent les suspects prendre la fuite sans précipitation. L’un d’eux était porteur d’une arme, sans que l’on sache s’il l’a utilisée ou brandie. Le musée, contacté par AFP, a confirmé le vol mais refusé de communiquer sur l’avancée des investigations, invoquant le secret des enquêtes en cours.
Un musée sous pression après une série de cambriolages en Europe
Ce vol intervient dans un contexte de multiplication des cambriolages dans les institutions culturelles européennes. En France, les autorités ont récemment recommandé le retrait temporaire de certaines pièces de valeur des vitrines, le temps de renforcer les dispositifs de sécurité. En Espagne, le Trésor de Villena, une collection d’orfèvrerie en or datant de l’âge du Bronze, a été dérobé quasi intégralement fin août dans un musée du sud-est du pays.
Le gouvernement français avait tiré la sonnette d’alarme fin juillet, après le vol des joyaux de la couronne au Louvre, dérobés puis partiellement retrouvés. Ces événements ont accéléré la mise en place de mesures temporaires, tandis que les musées réévaluent leurs protocoles de sécurité. À Vienne, le MAK n’a pas détaillé les dispositifs en place au moment du vol, mais a indiqué ne pouvoir « fournir à ce stade aucune information concernant l’enquête en cours ».
Van Cleef & Arpels, une maison de joaillerie au patrimoine exceptionnel
Fondée en 1906 place Vendôme à Paris, Van Cleef & Arpels est l’une des maisons de joaillerie les plus prestigieuses au monde. Spécialisée dans la haute joaillerie, elle a marqué l’histoire par des créations iconiques, comme le célèbre « Passe-partout » ou les motifs inspirés de la nature. L’exposition viennoise, ouverte depuis le 10 juin, devait se poursuivre jusqu’au 27 septembre, attirant des milliers de visiteurs.
Sur son site internet, la maison décrit le collier volé comme une « pièce monochrome iconique », complétée par un diadème reprenant les mêmes ornements : des rubans de platine et de diamants enroulés autour de motifs semi-circulaires. Ce type de création, à la fois historique et esthétique, fait de ce bijou un objet unique, convoité autant par les collectionneurs que par les voleurs.
« Ce collier n’est pas seulement un bijou, c’est un morceau d’histoire qui a traversé les époques et les continents. Son vol représente une perte inestimable pour le patrimoine culturel. »
Un conservateur sous couvert d’anonymat
Ce vol rappelle, une fois encore, les défis auxquels sont confrontés les musées pour concilier accessibilité et protection de leurs collections. Entre préservation du patrimoine et sécurité, le débat est loin d’être clos.
Ce collier a été commandé en 1939 pour la reine d’Égypte Nazli, à l’occasion du mariage de sa fille avec le futur chah d’Iran. Il symbolise le faste de la monarchie égyptienne avant sa chute et a été porté lors d’un événement majeur de l’histoire du XXe siècle. Son parcours, marqué par une disparition de 40 ans avant sa réapparition en 2015, en fait une pièce unique.