D'après nos confrères de Le Figaro, un couple de Français a été condamné pour avoir rejoint le groupe terroriste Daech. Océane Granger, 31 ans, a été condamnée à cinq ans de prison pour avoir rejoint le groupe État islamique (EI) avec son compagnon, proche de la filière djihadiste des Buttes-Chaumont. Amirouche Belounis, supposé mort, a été condamné à 30 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste ainsi que pour sa participation à une vidéo de propagande du groupe EI diffusée en juin 2016.

Ce verdict met fin à un parcours complexe et tragique pour ce couple, qui a quitté la France en juin 2015 avec leur bébé pour rallier la Syrie via l'Allemagne, la Lettonie ou encore la Géorgie. Ils font partie des 1490 départs de France, dont 417 femmes parties majeures, recensés depuis 2012 par les autorités.

Ce qu'il faut retenir

  • Océane Granger a été condamnée à cinq ans de prison pour avoir rejoint Daech.
  • Amirouche Belounis a été condamné à 30 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste et participation à une vidéo de propagande.
  • Le couple a quitté la France en juin 2015 pour rallier la Syrie.
  • Ils font partie des 1490 départs de France recensés depuis 2012.

Le parcours du couple

Les deux jours de procès ont retracé le parcours de cette adolescente «sage» à l'environnement familial «tendu», selon des experts, particulièrement affectée par la séparation de son père cordonnier et de sa mère aide à domicile. À sa majorité, la «bonne élève» étudiante en sciences se convertit à l'islam puis rencontre en ligne Amirouche Belounis, qui est fiché S et déjà formé aux armes au Maghreb.

Avant le départ, «il ne m'a jamais présenté à personne», assure Océane Granger. Une agente de la DGSI dépeint à l'audience la «galaxie d'individus» à «la trajectoire terroriste majeure», dans laquelle l'accusé gravite : la filière précurseure des Buttes-Chaumont qui comprenait notamment Chérif Kouachi et Peter Cherif.

La vie en Syrie

Des éléments de preuve retrouvés par la coalition permettront d'établir que Belounis a été combattant. Il sert notamment dans la katiba d'élite Tarek Ibn Ziad, à Routba et Ramadi en Irak, précise la DGSI. Il parle souvent d'attentat suicide. Océane Granger décrit à la barre un quotidien centré autour des enfants, mais aussi cet «attroupement et engouement» d'une foule lapidant pour l'achever un homme jeté d'un toit par l'EI.

L'émotion la gagne lorsqu'elle aborde le bombardement dans lequel mourront, selon elle, son conjoint et ses deux enfants en octobre 2017 à Raqqa, quelques jours avant la prise par les forces kurdes de cette ville du nord de la Syrie dont l'EI avait fait la capitale de son «califat» transfrontalier.

Le retour en France

Océane Granger restera sur zone jusqu'à 2019 et la chute de Baghouz, l'ultime bastion de l'EI. Dans les camps d'Al-Hol et Roj dans le nord-est syrien, tenus par les forces kurdes, elle retrouve «une partie des femmes» avec qui elle était et est sortie de Baghouz, «un groupe dans le groupe» composé de femmes de «diverses nationalités», prônant une idéologie encore plus radicale qui «rendait Daech mécréant».

Dans l'«animosité» de ces camps, «vous ne pouvez pas faire bande à part, vous devez être rattachée à un groupe», dit-elle. Les deux orphelins qu'elle avait recueillis bénéficient du premier rapatriement. «Les filles du groupe» mettent alors la pression. «Elles se sont réunies pour remotiver les troupes, expliquer d'un point de vue religieux ce que ce rapatriement impliquerait», explique-t-elle.

Et maintenant ?

Océane Granger, qui aujourd'hui travaille et a repris des études, est sortie de prison fin mars 2025 sous bracelet électronique. Le reliquat de la peine prononcée, inférieur à deux ans, sera aménagé sous le même régime. La peine est assortie d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans. La cour a relevé au moment du prononcé du verdict «la gravité des faits» et la durée de sa présence sur zone, mais souligné «une reconnaissance des faits» et un «réel travail de remise en cause».

Les prochaines étapes dans cette affaire restent à voir, mais il est clair que ce verdict marque une étape importante dans la lutte contre le terrorisme et dans la prise en charge des individus ayant rejoint des groupes terroristes.

En conclusion, ce verdict met en lumière la complexité des parcours de ceux qui rejoignent des groupes terroristes et souligne l'importance d'une prise en charge appropriée pour ceux qui cherchent à quitter ces groupes et à réintégrer la société.