Selon Le Figaro, Julien Théry, professeur d’histoire à l’université Lyon 2, a été sanctionné par son établissement pour avoir relayé des contenus jugés antisémites sur les réseaux sociaux. L’université a prononcé une interdiction d’exercer d’une durée de **18 mois**, assortie d’une privation totale de traitement. Cette décision, rendue publique via un affichage interne, s’appuie sur des publications remontant à janvier 2024 et à fin décembre 2025, qui ont suscité une vive polémique.

Ce qu'il faut retenir

  • 18 mois d’interdiction d’exercer et privation de salaire pour Julien Théry, professeur à l’université Lyon 2.
  • Les publications incriminées incluent une caricature jugée antisémite postée en janvier 2024 et une liste de « génocidaires à boycotter » diffusée fin décembre 2025.
  • L’établissement reproche au professeur un « manquement au devoir de dignité, de mesure et d’exemplarité » ainsi qu’une « atteinte à l’image de Lyon 2 ».
  • L’université a estimé que ces propos ne relèvent pas de la liberté académique mais d’opinions personnelles incompatibles avec ses valeurs.
  • Julien Théry avait présenté des excuses pour le caractère ambigu de l’image relayée, tout en dénonçant une « cabale » à son encontre.

Une polémique déclenchée par des publications en ligne

L’affaire trouve son origine dans deux types de contenus partagés par Julien Théry. D’abord, en janvier 2024, le professeur avait relayé sur Facebook un « même » jugé antisémite, en réaction au plan d’accaparement de Gaza annoncé par le gouvernement israélien de l’époque. Selon les éléments rapportés par Le Figaro, ce visuel a été jugé ambigu et susceptible d’alimenter des interprétations problématiques, alors que le climat géopolitique était déjà très tendu.

Puis, fin décembre 2025, une liste intitulée « génocidaires à boycotter » a été diffusée par l’enseignant. Cette publication, exhumée peu après, a conduit l’université à réagir promptement. Dans un communiqué, la présidente de Lyon 2, Isabelle von Bueltzingsloewen, avait annoncé une suspension à titre conservatoire le 25 novembre 2025, soulignant que « la teneur des propos et du visuel que celui-ci a postés sur les réseaux sociaux n’est pas compatible avec les valeurs de la République et de l’université ».

Des accusations de manquement à la déontologie universitaire

Dans sa décision, l’université Lyon 2 a pointé un « manquement au devoir de dignité, de mesure et d’exemplarité » de la part de Julien Théry. Les responsables de l’établissement ont également relevé une « atteinte à l’image et au fonctionnement » de l’université, estimant que les propos incriminés ne s’inscrivaient pas dans le cadre de la liberté académique mais relevaient d’opinions personnelles exprimées en tant qu’agent public.

Selon les informations recueillies par Le Figaro, l’enquête interne a également révélé l’usage d’autres termes problématiques dans d’autres publications du professeur, comme « juiverie internationale », « pharisiens » ou encore « métastase ». Les responsables ont notamment reproché à Julien Théry de ne pas avoir pris en compte l’impact potentiel de ses messages auprès d’un public vulnérable, dans un contexte géopolitique déjà fortement dégradé.

« Les propos incriminés ne s’inscrivent aucunement dans le cadre de la liberté académique et ne respectent pas les principes déontologiques de la méthode scientifique. Ils relèvent d’opinions personnelles émises par un agent public ayant fait valoir à dessein sa qualité d’universitaire. » — Extrait de la décision de l’université Lyon 2, rapporté par Le Figaro

Des excuses et une défense centrée sur la liberté d’expression

Face aux critiques, Julien Théry a présenté des excuses pour le caractère ambigu de la caricature relayée en 2024. Dans un communiqué, il a réaffirmé son « rejet absolu de l’antisémitisme » tout en dénonçant une « cabale » à son encontre. Il a expliqué avoir partagé ce visuel en réaction aux « provocations » du gouvernement israélien de l’époque, tout en reconnaissant que l’image « n’est pas suffisamment claire et peut facilement prêter à confusion ».

Pour autant, ses déclarations n’ont pas suffi à convaincre les autorités universitaires. Dans sa réponse, l’université a rappelé que Julien Théry, connu pour ses positions antisionistes assumées, avait utilisé sa qualité d’universitaire pour diffuser des contenus jugés inappropriés. Les responsables ont souligné que cette situation portait atteinte à la crédibilité de l’établissement et à sa neutralité.

Un débat qui dépasse le cadre universitaire

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la liberté académique et de l’expression des opinions politiques dans les établissements d’enseignement supérieur. À Lyon 2, comme dans d’autres universités françaises, la question du respect des valeurs républicaines et de la lutte contre les discriminations reste un sujet de débat récurrent. Certains observateurs soulignent que cette sanction pourrait être perçue comme une réponse à la montée des discours polémiques sur les réseaux sociaux, où les frontières entre débat d’idées et propos litigieux sont souvent floues.

D’autres, en revanche, y voient une illustration des limites à ne pas franchir pour les enseignants, dont la parole publique peut avoir un écho particulier en raison de leur statut. Selon Le Figaro, cette décision pourrait également alimenter les discussions sur la déontologie des universitaires et leur responsabilité dans la diffusion d’informations, notamment à l’ère des réseaux sociaux.

Et maintenant ?

La sanction prononcée contre Julien Théry prendra effet immédiatement, pour une durée de 18 mois, sans possibilité de percevoir de salaire pendant cette période. L’université Lyon 2 n’a pas indiqué si des poursuites disciplinaires supplémentaires pourraient être engagées. De son côté, Julien Théry pourrait contester cette décision devant les instances compétentes, une éventualité qui pourrait prolonger le débat sur les limites de la liberté d’expression dans l’enseignement supérieur. Une décision définitive pourrait intervenir dans les prochains mois, en fonction des recours possibles.

Cette affaire rappelle également que les universités, en tant qu’institutions publiques, sont tenues de garantir le respect des valeurs républicaines, y compris dans les prises de parole de leurs membres. Elle pourrait donc servir de précédent dans la gestion des conflits liés à la liberté académique, alors que les réseaux sociaux continuent de jouer un rôle croissant dans la diffusion des idées.

L’université Lyon 2 a retenu contre Julien Théry un « manquement au devoir de dignité, de mesure et d’exemplarité », une « atteinte à l’image et au fonctionnement de l’établissement », ainsi que des propos jugés incompatibles avec les valeurs républicaines. Ces éléments s’appuient sur des publications jugées antisémites ou ambiguës, diffusées en 2024 et 2025.

Oui, il dispose d’un droit de recours. La décision de l’université Lyon 2 pourrait donc être contestée devant les instances compétentes, ce qui pourrait entraîner un examen plus approfondi de l’affaire ou une modification de la sanction.