Un établissement saisonnier de Haute-Saône a été condamné par le tribunal administratif de Besançon à régler une facture salée pour avoir jeté des tonnes de coquilles de moules dans une écluse, empêchant ainsi la navigation. Selon Le Figaro, le restaurant doit rembourser 18 600 euros de frais de remise en état et s’acquitter d’une amende de 3 000 euros, soit un total de près de 22 000 euros. La décision, rendue en juillet 2026, intervient après plus d’un an d’enquête et d’opérations de nettoyage coûteuses menées par les Voies navigables de France (VNF).
Ce qu'il faut retenir
- Un restaurant saisonnier de Saint-Albin (Haute-Saône) a été condamné à payer 21 600 euros pour avoir obstrué une écluse avec 5,5 tonnes de coquilles de moules.
- Les déchets, mêlés à des couverts et fragments d’assiettes, ont formé une couche de 40 cm d’épaisseur sur 20 mètres au fond du canal.
- Les travaux de nettoyage, réalisés en février 2025 et pendant l’été 2025, ont mobilisé des plongeurs et des engins mécaniques pendant six jours.
- Le tribunal administratif de Besançon a confirmé la condamnation en juillet 2026 après que le restaurant a refusé de payer les frais initiaux estimés à 18 600 euros.
Une obstruction massive découverte après des mois de dysfonctionnement
Dès juillet 2024, les agents des Voies navigables de France (VNF) avaient constaté que l’une des portes de l’écluse de Saint-Albin, en Haute-Saône, ne parvenait plus à se fermer correctement. Cette défaillance empêchait la rétention d’eau nécessaire au passage des bateaux. Une première intervention de plongeurs avait été organisée, mais sans résultat concluant, selon le service communication de VNF. Ce n’est qu’en octobre 2025 que les experts ont réalisé l’ampleur du problème : des tonnes de coquilles de fruits de mer s’étaient accumulées au fond du canal, bloquant totalement le mécanisme.
Les investigations ont révélé que les gérants du restaurant voisin, situé à quelques mètres seulement de l’écluse, jetaient régulièrement leurs déchets marins directement dans le canal. Outre les 5,5 tonnes de coquilles, les plongeurs ont également remonté plusieurs couverts (couteaux, fourchettes) et fragments d’assiettes, confirmant l’origine humaine de cette pollution.
Des opérations de nettoyage longues et coûteuses
Pour débloquer l’écluse, VNF a dû mobiliser une équipe de plongeurs et des engins de chantier pendant deux journées complètes, selon les propos rapportés par Le Figaro. Les déchets ont été extraits à l’aide de big-bags avant d’être évacués. Cependant, cette première intervention n’a pas suffi à résoudre entièrement le problème. En février 2025, durant la période de « chômage » des voies navigables, VNF a procédé à une mise à sec du chenal. Pendant quatre jours supplémentaires, des pelleteuses ont extrait les coquilles restantes, toujours mélangées aux autres déchets.
Le coût total de ces opérations a été estimé à 18 600 euros par VNF. Face à cette facture, le restaurant a refusé de payer, estimant le montant excessif. Les gérants ont alors saisi le tribunal administratif de Besançon pour contester la décision, sans succès. Le 15 juillet 2026, les juges ont rendu leur verdict : le restaurant était bien responsable de l’obstruction et devait assumer les frais de remise en état, assortis d’une amende de 3 000 euros pour pollution.
Une condamnation qui interroge sur la gestion des déchets en restauration
Cette affaire soulève des questions sur les pratiques de certains établissements en matière de gestion des déchets, notamment dans le secteur de la restauration saisonnière. Selon les éléments recueillis par Le Figaro, le restaurant visé n’était ouvert que pendant une partie de l’année, ce qui pourrait expliquer, en partie, le manque de rigueur dans l’élimination de ses déchets. Les autorités locales n’ont pas précisé si d’autres établissements de la région avaient adopté des comportements similaires.
Contacté par nos soins, le tribunal administratif de Besançon n’a pas souhaité faire de commentaire sur l’affaire, invoquant le secret des délibérations. De son côté, VNF a rappelé dans un communiqué que « toute obstruction d’un ouvrage hydraulique constitue une infraction grave, susceptible de perturber gravement la navigation et de mettre en péril la sécurité des usagers ». L’organisme a également insisté sur l’importance de signaler rapidement tout dysfonctionnement aux services compétents.
Cette affaire rappelle également l’importance de la sensibilisation des professionnels de la restauration aux enjeux environnementaux. En jetant leurs déchets dans les canaux, ces établissements prennent non seulement le risque de sanctions financières, mais contribuent aussi à la dégradation des écosystèmes aquatiques. Les autorités locales pourraient donc renforcer les contrôles dans les zones sensibles, comme l’a suggéré un élu local sous couvert d’anonymat.
Le tribunal administratif de Besançon a estimé que le restaurant avait commis une infraction en jetant ses déchets dans le canal, ce qui constitue une pollution intentionnelle. L’amende de 3 000 euros s’ajoute aux frais de remise en état car l’obstruction de l’écluse a perturbé la navigation et engendré des coûts supplémentaires pour VNF.
VNF a indiqué qu’elle continuerait à surveiller les ouvrages hydrauliques de la région, notamment dans les zones à forte fréquentation touristique. Aucune mesure supplémentaire n’a encore été annoncée, mais l’organisme pourrait renforcer ses contrôles préventifs pour éviter de nouveaux cas d’obstruction.