Un relief en bois sculpté, doré et polychrome représentant saint Bonaventure, dérobé en 2010 dans le cadre d’un important vol de patrimoine artistique en Navarre, a été récupéré seize ans plus tard grâce à une collaboration entre la Police nationale espagnole et les Mossos d’Esquadra catalans. Selon Euronews FR, l’œuvre, attribuée à l’école de Juan de Ancheta, un sculpteur guipuscoan du XVIe siècle, a été saisie fin avril à Barcelone avant d’être restituée à l’archidiocèse de Pampelune et Tudela, légitimes propriétaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Un retable représentant saint Bonaventure, volé en 2010 dans la Communauté forale de Navarre, a été récupéré seize ans plus tard.
  • L’œuvre, attribuée à l’école de Juan de Ancheta (XVIe siècle), est un relief en bois sculpté, doré et polychrome.
  • La récupération a été possible grâce à une enquête conjointe entre la Police nationale et les Mossos d’Esquadra.
  • L’enquête a révélé que l’œuvre était passée par le marché noir de l’art, notamment le Rastro de Madrid.
  • La restitution a été ordonnée par l’autorité judiciaire compétente fin avril 2026.

Un patrimoine volé en 2010 dans six ermitages et églises navarrais

Le monastère de Santa María la Real de Fitero, joyau roman cistercien fondé au XIIe siècle par le moine-guerrier Raimundo de Fitero, est situé à la croisée des régions de La Rioja, la Navarre, Saragosse et Soria, sur les rives de l’Alhama. En 2010, ce site historique, tout comme six ermitages et deux églises de la Communauté forale de Navarre, a été victime d’un vol massif de son patrimoine artistique. Selon les autorités, plusieurs pièces ont été dérobées, dont un relief en bois sculpté représentant saint Bonaventure, attribué à l’école de Juan de Ancheta, un sculpteur guipuscoan du XVIe siècle et figure majeure du style romaniste.

Une enquête transfrontalière pour démanteler le marché noir de l’art

L’enquête a démarré grâce au propriétaire actuel de la pièce, qui l’avait acquise dans une maison de ventes aux enchères de Barcelone. Cependant, les autorités ont rapidement remonté la piste jusqu’à des transactions frauduleuses liées au célèbre Rastro dominical de Madrid, un marché aux puces réputé pour son dynamisme et, parfois, pour son rôle dans le trafic d’œuvres d’art. Fin avril 2026, les agents de la Police nationale et des Mossos d’Esquadra ont saisi le relief dans la capitale catalane, mettant ainsi un terme à une affaire qui durait depuis seize ans.

« Les investigations ont révélé l’implication du marché noir de l’art entre Madrid et Barcelone, un réseau où transitent des œuvres volées avant d’être revendues à des collectionneurs ou des institutions », a précisé un responsable des Mossos d’Esquadra. L’œuvre, saisie dans le cadre d’une opération conjointe, a ensuite été placée sous scellés en attendant une décision judiciaire. L’autorité judiciaire compétente a finalement ordonné sa restitution aux autorités de l’archidiocèse de Pampelune et Tudela, reconnaissant leur légitimité en tant que propriétaires.

Une œuvre au parcours mouvementé entre Madrid et Barcelone

Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, le relief a changé de mains à plusieurs reprises depuis son vol en 2010. Après avoir transité par le Rastro de Madrid, il aurait été acheté par un particulier avant d’être revendu à une galerie barcelonaise. C’est dans cette dernière que le propriétaire actuel l’a acquis aux enchères, sans avoir conscience de son origine illicite. « L’enquête a permis de reconstituer le parcours de l’œuvre, mais aussi d’identifier les intermédiaires impliqués dans ce réseau », a souligné un porte-parole de la Police nationale.

L’œuvre, une fois saisie, a été expertisée par des spécialistes du patrimoine pour confirmer son authenticité et son état de conservation. Les autorités ont confirmé que le relief était en bon état, malgré les années passées hors de son emplacement d’origine. « La récupération de cette pièce est une victoire pour le patrimoine espagnol, mais elle rappelle aussi l’ampleur du marché noir de l’art en Europe », a rappelé un représentant de l’archidiocèse de Pampelune et Tudela.

Et maintenant ?

La restitution du relief à son emplacement d’origine au monastère de Santa María la Real de Fitero devrait intervenir dans les prochaines semaines, une fois les formalités administratives définitivement bouclées. Les autorités espèrent que cette affaire servira de signal d’alerte pour renforcer la vigilance autour des transactions artistiques, notamment dans les grandes villes comme Madrid et Barcelone, où le marché noir de l’art reste actif. Une enquête plus large pourrait être ouverte pour démanteler d’éventuels réseaux criminels impliqués dans le trafic de biens culturels.

Selon Euronews FR, les autorités judiciaires et policières n’excluent pas que d’autres œuvres volées dans la même affaire de 2010 puissent encore circuler sur le marché. Une cellule spécialisée a été mise en place pour traquer ces pièces et les restituer à leurs légitimes propriétaires. La collaboration entre les différentes forces de police en Espagne devrait se poursuivre afin de lutter efficacement contre le trafic d’œuvres d’art, un fléau qui touche l’ensemble du patrimoine européen.

La complexité de l’enquête, la dispersion des intermédiaires et la difficulté à remonter la piste des transactions frauduleuses ont ralenti le processus. Le relief a changé de mains à plusieurs reprises, transitant par des marchés aux puces et des galeries, ce qui a rendu son identification et sa localisation particulièrement ardues.

Les autorités prévoient de renforcer les contrôles sur les ventes aux enchères et les marchés d’art, notamment en instaurant un registre public des œuvres volées. Une meilleure coopération internationale est également envisagée pour traquer les réseaux criminels opérant entre l’Espagne et d’autres pays européens.