Une femelle tamarin-lion doré, une espèce rare et menacée originaire du Brésil, a fait son retour au ZooParc de Beauval, onze ans après avoir été volée avec 16 autres primates lors d’un braquage resté inexpliqué. Selon Le Figaro, l’animal, prénommée Zlatka à sa naissance en 2013, a été identifiée grâce à sa puce électronique en 2023 après avoir été découverte chez un particulier en Slovaquie.
Ce qu'il faut retenir
- En mai 2015, 17 petits primates (7 tamarins-lions dorés et 10 ouistitis) ont été dérobés dans le parc situé à Saint-Aignan (Loir-et-Cher).
- Le préjudice avait été estimé à 200 000 euros, et l’enquête n’a jamais abouti malgré des investigations approfondies.
- En 2023, Zlatka a été retrouvée en Slovaquie, puis identifiée formellement par l’Office français de la biodiversité (OFB) grâce à sa puce.
- La population mondiale de tamarins-lions dorés est estimée à 4 800 individus en 2023, dont 204 dans le cadre du programme d’élevage européen en octobre 2025.
Un retour inattendu après plus d’une décennie
Le vol de mai 2015 avait marqué les esprits, non seulement en raison de la valeur des animaux dérobés, mais aussi de la rareté des espèces concernées. Selon les archives du ZooParc de Beauval, les tamarins-lions dorés (*Leontopithecus rosalia*) sont classés en danger sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le parc, l’un des plus importants de France, abritait alors une collection unique de ces petits primates brésiliens.
C’est en 2023 que les espoirs de retrouver au moins un des animaux disparus se sont concrétisés. Une femelle tamarin-lion doré a été signalée chez un particulier en Slovaquie. Après vérification de son identité via sa puce électronique, confirmée par l’OFB, les responsables du ZooParc de Beauval ont pu établir le lien avec le vol de 2015. « Lorsque nous avons appris qu’un des tamarins était vivant, après toutes ces années, l’émotion a été immense. Nous avions fini par perdre espoir », a déclaré Rodolphe Delord, directeur général du parc, dans un communiqué.
Une joie teintée de tristesse
Le retour de Zlatka a suscité une vive émotion parmi les soigneurs du parc, dont certains avaient vécu le vol en 2015. Bien que l’animal soit en bonne santé, son état physique porte les traces de son passé. « Elle présente des signes liés à un manque d’exposition au soleil et à son âge avancé », précise l’établissement. Pour les équipes, ce retour est à la fois une source de soulagement et une reminder douloureuse de l’absence des autres animaux.
« C’est à la fois une immense joie et beaucoup de tristesse, a souligné M. Delord. Retrouver un animal vivant après dix ans est exceptionnel, mais cela nous rappelle aussi que les autres restent introuvables. Deux familles ont été séparées et certains individus sont probablement morts. » Selon les estimations, seulement 4 800 tamarins-lions dorés subsisteraient à l’état sauvage en 2023, un chiffre en constante diminution en raison de la destruction de leur habitat et du trafic d’animaux.
Une affaire criminelle jamais élucidée
Malgré les investigations menées après le vol, aucune piste n’a permis d’identifier les auteurs de l’enlèvement. En janvier 2017, l’enquête s’est soldée par un non-lieu, faute de preuves suffisantes. Plusieurs hypothèses avaient été envisagées : une commande émanant d’un collectionneur privé ou une opération commando destinée à alimenter le marché noir des animaux exotiques. Les autorités avaient relevé des indices sur place, comme une effraction sur une grille du parc et un cache posé sur une caméra de vidéosurveillance, suggérant une préparation minutieuse du forfait.
« Aucune piste n’a pu être privilégiée entre la commande d’un collectionneur et une opération commando », a rappelé le directeur du zoo. Le mystère entourant ce braquage reste donc entier, tout comme le sort des 16 autres primates disparus ce jour-là. Leur trace s’est perdue, et les chances de les retrouver s’amenuisent avec le temps.
Un symbole de résilience pour la conservation
Le retour de Zlatka intervient dans un contexte où les programmes de reproduction en captivité jouent un rôle clé pour la survie de l’espèce. En octobre 2025, le programme européen d’élevage comptait 204 tamarins-lions dorés, répartis entre 106 mâles, 86 femelles et 12 individus au sexe indéterminé. Ces chiffres, bien qu’encourageants, restent fragiles face à la menace persistante que représentent le braconnage et la déforestation au Brésil.
Pour le ZooParc de Beauval, ce retour inattendu est aussi une victoire symbolique. « C’est une immense fierté de voir que nos efforts pour la conservation portent leurs fruits, même à distance », a commenté Rodolphe Delord. La femelle sera désormais intégrée au groupe de tamarins-lions dorés du parc, où elle pourra vivre dans des conditions adaptées à ses besoins.
« Ce cas rappelle l’importance de la coopération internationale pour lutter contre le trafic d’animaux, a conclu Rodolphe Delord. Nous continuerons à œuvrer pour la préservation de ces espèces, où qu’elles se trouvent. »
Cette espèce, endémique au Brésil, est menacée par la destruction de la forêt atlantique, son habitat naturel, ainsi que par le trafic d’animaux. En 2023, on estimait à seulement 4 800 individus la population sauvage, contre plusieurs dizaines de milliers il y a quelques décennies.