Un tweet de décembre 2023 ne contenant que « Cole Allen » est brandi, après la fusillade visant Donald Trump au dîner des correspondants, comme nouvelle « preuve » d’un voyageur temporel par la complosphère, selon Numerama. Des explications prosaïques émergent, dont la technique de semer des prédictions en privé puis de ne laisser visible que celle qui tombe juste, relevée par le journaliste David Puente.

Ce message publié sur X en décembre 2023 mentionne le nom du tireur de Washington d’avril 2026. Ce vieux tweet a alors été exhumé et recyclé comme une « preuve » supplémentaire que certains utilisateurs de X auraient accès au futur. Dans les heures qui ont suivi la fusillade, captures d’écran et montages vidéo ont circulé dans les sphères complotistes et trumpistes, présentant ce message comme une prophétie ayant annoncé le nom du tireur plus de deux ans à l’avance.

Ce qu'il faut retenir

  • Un tweet de décembre 2023 mentionne le nom « Cole Allen », qui est devenu celui de l’homme arrêté après les coups de feu tirés lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche.
  • La complosphère y voit une forme de prophétie, mais des explications prosaïques émergent, dont la technique de semer des prédictions en privé puis de ne laisser visible que celle qui tombe juste.
  • Le compte qui a publié « Cole Allen » en décembre 2023 est mystérieux et ne comporte qu’un seul tweet public.

Les explications prosaïques

Une première explication, avancée par le journaliste italien David Puente, est bien plus simple qu’un voyage dans le temps. Selon lui, ce type de compte peut publier, en privé, toute une série de prénoms, de noms ou d’événements possibles, puis ne rendre visible que celui qui finit par « tomber juste ».

Le journaliste David Puente met également en avant un autre élément troublant : l’existence d’un jeton Solana baptisé « The Man from the Future » (HENRY), associé à une adresse et référencé sur plusieurs plateformes crypto. Autrement dit, l’imaginaire du « voyageur temporel » ne nourrit pas seulement des threads complotistes : il peut aussi servir de support à un memecoin opportuniste, lancé précisément au moment où le tweet devient viral.

Les limites de l’API

L’internaute @calvinfroedge résume ainsi son intuition : « Le seul scénario qui me semble tenir debout, c’est que quelqu’un ayant accès aux outils internes de X nous joue un tour. L’hypothèse des posts supprimés ne tient pas. L’API publique de X est limitée en nombre de requêtes : il n’aurait pas pu supprimer des millions de messages la nuit dernière. »

La documentation officielle de X destinée aux développeurs, la suppression d’un post via l’API publique (DELETE /2/tweets/:id) est limitée à 50 requêtes par tranche de 15 minutes et par utilisateur.

Et maintenant ?

Il reste alors plusieurs hypothèses : La première, avancée par David Puente, est la plus simple. Le nom « Cole Allen » n’a peut-être pas été choisi au hasard, mais parce qu’il existait déjà, et circulait déjà en ligne. Un Cole Allen figure d’ailleurs sur IMDb : un jeune acteur américain, crédité dans quelques productions, sans lien connu avec l’homme arrêté le 25 avril 2026.

En appliquant le rasoir d’Ockham — l’idée selon laquelle il faut privilégier l’explication la plus simple –, le cas Henry Martinez ressemble, dans tous les cas, davantage à une mise en scène qu’à une preuve de voyage dans le temps.