Un tribunal sri-lankais a infligé une amende à une jeune femme de 19 ans pour avoir présenté un python d’une espèce menacée d’extinction lors d’un concours de beauté à Colombo, selon Le Figaro. L’incident, survenu cinq mois plus tôt, a donné lieu à des poursuites engagées par les autorités chargées de la protection de la faune sauvage, a révélé mercredi P. Sanjeeva, l’un de leurs représentants.
Ce qu'il faut retenir
- Une amende de 50 000 roupies (soit environ 120 euros) a été prononcée contre la candidate, tandis que l’homme ayant prêté le reptile a écopé d’une sanction de 100 000 roupies.
- Les deux accusés ont plaidé coupable et reconnu les faits lors d’une audience tenue fin juillet 2026.
- Le python, un reptile non venimeux de 2,1 mètres, a été relâché dans une jungle après le spectacle, conformément à la législation.
- Les autorités sri-lankaises multiplient les poursuites contre les pratiques jugées cruelles envers les animaux, notamment dans les lieux touristiques de l’île.
- Trois autres hommes ont été récemment condamnés à Colombo pour exhibition de reptiles, illustrant une volonté accrue de faire respecter la loi.
Une prestation virale aux conséquences judiciaires
Cinq mois après son passage sur scène à Colombo, la jeune candidate de 19 ans a vu sa performance devenir virale sur les réseaux sociaux. P. Sanjeeva, responsable des autorités de protection de la faune sauvage, a confirmé que la vidéo avait attiré l’attention des services compétents, déclenchant une enquête pour cruauté envers les animaux.
Le python présenté lors du concours appartient à une espèce protégée, dont la manipulation est strictement encadrée par la loi sri-lankaise. Les autorités ont justifié leur intervention par le risque encouru par l’animal, ainsi que par la violation des règles de conservation de la biodiversité.
Des sanctions maximales selon la législation
« Les deux accusés ont été condamnés à l’amende maximale prévue par la loi », a déclaré P. Sanjeeva à l’AFP. L’homme qui avait prêté le reptile à la candidate a écopé d’une sanction doublée, en raison du rôle actif qu’il a joué dans la mise en scène. Tous deux ont reconnu leur culpabilité dès les premières audiences, ce qui a permis une procédure accélérée.
Le python, relâché dans un milieu naturel adapté après l’incident, n’a subi aucune conséquence apparente, a précisé P. Sanjeeva. Les autorités ont souligné que la priorité était donnée à la préservation de l’espèce, classée parmi les plus menacées de l’île.
Un contexte de répression accrue contre les abus envers les animaux
Le Sri Lanka dispose d’une législation parmi les plus strictes au monde en matière de protection animale, interdisant notamment la manipulation d’espèces sauvages sans autorisation. Pourtant, les pratiques abusives persistent, notamment dans les zones touristiques où des animaux exotiques sont souvent exhibés contre rémunération.
« Les charmeurs de serpents et les spectacles avec des singes dressés ne sont pas interdits en soi », a précisé P. Sanjeeva. « Mais toute preuve de cruauté envers les animaux donne lieu à des poursuites immédiates. » Les autorités ont rappelé que ces mesures s’inscrivaient dans une politique globale de lutte contre le trafic et les maltraitances, avec des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour les cas les plus graves, comme le trafic d’éléphants sauvages.
D’autres affaires récentes illustrent la fermeté des autorités
En septembre 2025, un gardien avait été condamné à 15 ans de prison pour trafic d’éléphants, un dossier considéré comme l’un des plus graves en matière de protection animale au Sri Lanka. Plus récemment, en 2026, un guide touristique avait écopé d’une amende de 200 000 roupies (environ 480 euros) pour avoir harcelé un éléphant sauvage, une scène filmée et diffusée sur TikTok.
Ces affaires récentes montrent une tendance à durcir les sanctions, reflétant une prise de conscience croissante de la part des autorités et de la population. Les ONG locales saluent cette évolution, tout en appelant à une application encore plus stricte de la loi, notamment dans les zones fréquentées par les touristes.
L’affaire de la candidate et du python rappelle que la loi sri-lankaise ne fait pas de distinction entre les particuliers et les professionnels : toute infraction peut entraîner des conséquences judiciaires immédiates. Reste à voir si ces condamnations serviront d’avertissement suffisant pour dissuader d’autres candidats ou exploitants d’animaux dans le cadre d’événements publics.
Le Sri Lanka applique une protection stricte pour toutes les espèces menacées, y compris les reptiles. Le python présenté appartient à une espèce protégée par la loi nationale et internationale, dont la manipulation peut perturber les écosystèmes ou favoriser le trafic illégal. La condamnation vise donc à dissuader toute pratique risquant d’affaiblir davantage les populations sauvages.