D'après Courrier International, une enquête menée en Afrique du Sud a mis au jour un vaste réseau de vente de visas, impliquant plusieurs fonctionnaires corrompus. Selon les résultats de l'enquête, ces individus ont monnayé des visas pour des sommes allant de 500 à 3 000 rands (entre 25 et 150 euros) pendant plus de dix ans.

Ce scandale a été révélé par une unité d'investigation chargée des affaires de corruption les plus sensibles, qui a présenté son rapport lundi 23 février. Le rapport met en lumière une vérité choquante : le système d'immigration aurait été transformé en un marché où les visas et les permis de séjour permanent étaient vendus au plus offrant.

Ce qu'il faut retenir

  • Une poignée d'individus ont monnayé des visas pour des sommes allant de 500 à 3 000 rands pendant plus de dix ans.
  • Quatre fonctionnaires chargés de la réception et de l'examen des demandes de visas sont accusés d'avoir amassé 16,3 millions de rands depuis 2014.
  • Des pots-de-vin étaient glissés directement en liquide dans les dossiers administratifs ou transférés par paiement mobile sur le compte des épouses des fonctionnaires.

Le contexte de l'enquête

L'enquête a été ordonnée par un décret présidentiel en 2024 afin de faire la lumière sur des fraudes présumées massives au sein du ministère de l'Intérieur. Le responsable de l'Unité spéciale d'investigation (SIU), Leonard Lekgetho, a déclaré que « l'Afrique du Sud a été vendue, un permis à la fois ».

Le mode opératoire était simple : les demandes étaient envoyées par WhatsApp pour une procédure accélérée, et une fois approuvées, l'argent était versé presque immédiatement. Cela ne date pas d'hier, comme l'a souligné le ministre de l'Immigration, Leon Schreiber, qui voit dans ces révélations « le résultat de vingt ans de mauvaise gestion et de malversations ».

Les conséquences de l'enquête

Les conséquences de l'enquête sont importantes, car des mesures disciplinaires sont en cours contre les suspects. Vingt fonctionnaires ont déjà été révoqués ces derniers mois, et le ministre a également annoncé la révocation de 2 000 visas étudiants obtenus dans des conditions frauduleuses.

Le succès de l'enquête montre qu'il y a de la lumière au bout du tunnel, comme l'a souligné le Sunday Times dans un éditorial. L'hebdomadaire sud-africain se réjouit, surtout, de la mise en place d'un système de traitement numérique des demandes de visa par le nouveau ministre.

Les réactions politiques

Les réactions politiques sont variées, car les deux principaux partis, le Congrès national africain (ANC) et l'Alliance démocratique (DA), se disputent le mérite du coup de filet. La porte-parole de l'ANC, Mahlengu Bhengu, a déclaré que l'enquête du SIU montre que la lutte contre la corruption engagée par le président de la République, Cyril Ramaphosa, depuis son arrivée au pouvoir, en 2018, « fonctionne ».

Et maintenant ?

Les prochaines étapes seront cruciales, car les autorités devront prendre des mesures pour prévenir de nouvelles fraudes et poursuivre les responsables. Le ministre de l'Immigration, Leon Schreiber, a annoncé que des poursuites judiciaires seront engagées contre les suspects, et que des réformes seront mises en place pour améliorer la transparence et la sécurité du système d'immigration.

La question de l'immigration est particulièrement sensible en Afrique du Sud, où la xénophobie gagne du terrain. Les autorités devront donc agir avec prudence et détermination pour rétablir la confiance dans le système d'immigration et protéger les droits des migrants.

En conclusion, l'enquête sur la vente de visas en Afrique du Sud a révélé un scandale important qui nécessite des mesures fermes pour prévenir de nouvelles fraudes et poursuivre les responsables. Les autorités devront agir avec détermination pour rétablir la confiance dans le système d'immigration et protéger les droits des migrants.