Une île couverte d’arbres est apparue puis a disparu en quelques semaines sur le lac Williston, en Colombie-Britannique. Les images satellitaires et les témoignages de plaisanciers ont confirmé ce phénomène insolite, dont la cause reste à ce jour inconnue. Selon nos confrères de Futura Sciences, cette « île » pourrait en réalité être un radeau végétal géant, arraché aux berges lors de la montée des eaux record du réservoir.
Ce qu'il faut retenir
- Un phénomène naturel inexpliqué a donné naissance à une « île » couverte d’arbres sur le lac Williston, en Colombie-Britannique, début juillet 2026.
- L’île, mesurant environ 140 mètres sur 70, a été repérée par satellite le 21 juillet 2026 avant de disparaître des images le 5 août 2026.
- Les experts évoquent un radeau végétal, formé par des débris flottants sur lesquels des arbres auraient pris racine.
- Ce réservoir, créé en 1968 par un barrage hydroélectrique, n’avait plus atteint un tel niveau d’eau depuis 14 ans.
- Les autorités appellent à la prudence pour les navigateurs, l’île dérivant sans balisage.
Un réservoir géant au cœur de la Colombie-Britannique
Le lac Williston n’est pas un lac naturel, mais un réservoir artificiel de plus de 1 750 km², né de la construction du barrage de la Peace River en 1968. Il s’agit de la plus grande étendue d’eau douce de Colombie-Britannique et du septième plus grand réservoir du monde. Ce gigantesque plan d’eau, géré par BC Hydro, joue un rôle clé dans la production hydroélectrique de la province.
Cette année, le réservoir a atteint son niveau maximum depuis 14 ans, une situation qui pourrait expliquer le phénomène observé. Selon BC Hydro, la montée des eaux a pu soulever des débris végétaux coincés le long des berges, leur permettant de flotter librement.
Une île « fantôme » repérée par satellite
Le 21 juillet 2026, le satellite Sentinel-2 de l’Agence spatiale européenne (ESA) a capté une tache verte inhabituelle au milieu du lac Williston. Cette « île », d’une superficie d’environ 140 mètres sur 70, était recouverte de végétation en bonne santé. Pourtant, sur les images du 5 août 2026, elle avait totalement disparu, laissant les scientifiques et les autorités perplexes.
Les premières hypothèses évoquaient une possible erreur d’interprétation ou une image générée par IA, mais les données satellitaires ont confirmé la réalité du phénomène. « C’est assurément quelque chose dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant », a déclaré un porte-parole de BC Hydro à la CBC, soulignant l’aspect exceptionnel de cette observation.
Un radeau végétal plutôt qu’une île traditionnelle
Après enquête, les experts penchent pour une explication naturelle : il s’agirait d’un radeau végétal, une structure flottante composée de bois et de végétation arrachée aux berges. « Lorsque les réservoirs sont pleins, la montée des eaux peut soulever des débris qui étaient peut-être coincés le long du rivage ou dans une baie abritée, leur permettant ainsi de flotter librement », a expliqué Bob Gammer, porte-parole de BC Hydro, à la CBC.
Ce phénomène, bien que rare, n’est pas inconnu. En août 2026, l’île a même été retrouvée plus en aval, sur la rivière Ospika qui se jette dans le lac Williston. Les arbres en bonne santé suggèrent que ce radeau a pu se former des années auparavant avant de se détacher lors de la montée des eaux record de cet été.
Un danger potentiel pour les navigateurs
Si cette île éphémère n’a pas posé de problème pour le barrage ou la production électrique, elle représente un risque pour les plaisanciers et les pêcheurs. « Les navigateurs sont invités à rester prudents, car cette structure dérivante ne peut pas être balisée », a indiqué BC Hydro dans un communiqué. Aucune collision n’a été signalée à ce jour, mais les autorités surveillent de près sa trajectoire.
Avec des réservoirs atteignant des niveaux inédits, d’autres phénomènes similaires pourraient survenir à l’avenir. Les experts soulignent que le changement climatique, en accentuant les variations de niveau des réservoirs, pourrait multiplier ce type d’événements.
Ce phénomène rappelle que même les plans d’eau artificiels peuvent réserver des surprises, surtout lorsque les conditions météorologiques et hydrologiques sortent de l’ordinaire. Les prochains mois seront déterminants pour en savoir plus sur cette « île fantôme » et sur son éventuelle réapparition.
Non, une île traditionnelle ne peut pas apparaître ou disparaître aussi rapidement. En revanche, un radeau végétal, composé de bois et de végétation flottante, peut se former sur des années avant d’être arraché par la montée des eaux et de dériver. C’est ce qui semble s’être produit sur le lac Williston, selon les experts interrogés par Futura Sciences.
Oui, des cas comparables ont été observés par le passé, notamment sur des lacs et réservoirs sujets à des variations importantes de niveau d’eau. En 2011, un radeau végétal de plusieurs centaines de mètres de long avait dérivé sur le lac Lanier, aux États-Unis, avant de se briser. Ces phénomènes restent rares mais peuvent poser des problèmes de navigation et d’obstruction des infrastructures.