Une seule offre de reprise, jugée 'minimaliste' et d'un montant de 10 millions d'euros selon les syndicats, a été déposée pour la reprise de Polytechnyl, le dernier fabricant européen de fibres de polyamide. Cette offre émane de la société d'investissement américaine Lone Star et propose de conserver seulement 72 salariés sur les 550 employés actuels répartis entre Saint-Fons dans le Rhône et Valence dans la Drôme. La situation est critique pour plus de 450 salariés de l'entreprise chimique qui risquent de perdre leur emploi dans ces deux sites en cas de fermeture.
Ce qu'il faut retenir
- Une seule offre de reprise, considérée comme 'minimaliste' et de 10 millions d'euros, a été déposée pour Polytechnyl.
- Plus de 450 salariés pourraient perdre leur emploi en cas de fermeture de l'entreprise.
- Le site de Polytechnyl est le dernier atelier européen de polymérisation continue et de confection des fibres techniques.
Situation critique pour l'entreprise et ses employés
L'entreprise Polytechnyl, filiale française du groupe belge Domo Chemical, spécialisée dans la production de plastiques techniques à base de nylon pour divers secteurs industriels tels que l'automobile et le textile, a été placée en redressement judiciaire en janvier. En plus de représenter le dernier atelier européen de polymérisation continue, l'usine est également le seul producteur en France de nylon, un composant essentiel pour de nombreux secteurs. La possible fermeture de Polytechnyl mettrait ainsi en péril la production nationale de plastique technique, selon Pascal Mayen, délégué syndical central Unsa.
Une offre de reprise partielle
L'offre de reprise déposée par Lone Star, se chiffrant à 10 millions d'euros, vise à conserver uniquement 72 salariés sur les 550 que compte actuellement l'entreprise. Cette offre ne couvre que le site rhodanien et porte sur les brevets, la marque Technyl, la recherche, les stocks et le service commercial, mais exclut l'outil de production et l'immobilier. Malgré huit autres potentiels repreneurs initiaux, aucun n'a déposé d'offre à ce stade, laissant les salariés de Polytechnyl dans l'incertitude et l'inquiétude.
Des craintes pour l'avenir de la vallée de la chimie
Les syndicats expriment leur inquiétude quant aux conséquences d'une éventuelle fermeture de Polytechnyl sur les autres entreprises de la vallée de la chimie, évoquant un possible 'effet boule de neige' du fait de la fourniture d'intrants à certains voisins. Ils ont également fait part de leur déception après une rencontre à Bercy et demandent une protection temporaire pour permettre l'émergence de solutions alternatives.