La start-up Overview Energy, basée en Virginie, a annoncé un partenariat inédit avec le géant américain Meta pour fournir de l’électricité issue de l’espace à ses data centers, selon Numerama. Ce projet repose sur une technologie de collecte d’énergie solaire depuis une constellation de satellites en orbite géostationnaire, permettant une transmission continue et une puissance pouvant atteindre 1 gigawatt.

Ce qu'il faut retenir

  • Partenariat stratégique : Overview Energy et Meta ont signé un accord pour alimenter les data centers du groupe avec une énergie captée directement dans l’espace.
  • Technologie innovante : Une constellation de satellites en orbite géostationnaire, située à 36 000 km d’altitude, collecte l’énergie solaire 24h/24 et la transmet via des ondes proches de l’infrarouge.
  • Feuille de route ambitieuse : Un vol d’essai est prévu en 2028, suivi d’un déploiement commercial à partir de 2030.
  • Objectif énergétique : La solution vise à fournir jusqu’à 1 GW d’électricité, une capacité adaptée aux besoins croissants des infrastructures numériques.
  • Avantages par rapport au solaire terrestre : L’énergie spatiale est disponible en continu, sans dépendre des conditions météo ou du cycle jour/nuit.

Une solution face à la demande croissante en électricité des data centers

Les data centers, essentiels au fonctionnement des services numériques, voient leur consommation énergétique augmenter de manière exponentielle. Selon Overview Energy, ces infrastructures représentent aujourd’hui 1 à 1,5 % de la consommation mondiale d’électricité, un chiffre appelé à progresser avec l’essor de l’intelligence artificielle et du stockage cloud. Capturer l’énergie solaire depuis l’espace, où elle est disponible en permanence et sans intermittence, constitue une alternative séduisante face aux limites des panneaux solaires terrestres.

« Les satellites en orbite géostationnaire peuvent collecter l’énergie solaire en continu, sans être perturbés par les nuages ou la nuit », a expliqué un porte-parole d’Overview Energy à Numerama. « Cette énergie est ensuite transmise vers le sol sous forme d’ondes proches de l’infrarouge, un procédé sûr pour les humains et l’environnement. » Le système permettrait en outre d’alimenter plusieurs sites simultanément, en fonction de la demande.

Un concept inspiré de la science-fiction, aujourd’hui à portée de main

L’idée d’exploiter l’énergie solaire spatiale n’est pas nouvelle. Dès 1941, l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov imaginait dans sa nouvelle Raison une station spatiale chargée de transmettre l’énergie par micro-ondes vers plusieurs planètes. Plus tard, en 1999, la Nasa a lancé un programme expérimental confirmant la faisabilité technique d’un tel système. L’agence spatiale européenne (ESA) a elle aussi exploré cette piste avec le projet Solaris, prévu pour les années 2030, bien que son avancée reste limitée par les défis technologiques.

Overview Energy se distingue en proposant une approche plus pragmatique que d’autres initiatives, comme celle de SpaceX, qui envisage de placer des data centers directement dans l’espace. « Notre solution est techniquement plus simple et plus réaliste », souligne l’entreprise. « Elle évite les contraintes liées à la maintenance ou aux coûts exorbitants des infrastructures spatiales lourdes. »

Les défis techniques et économiques à relever

Malgré son potentiel, le projet d’Overview Energy n’est pas exempt d’obstacles. Les satellites, positionnés à plus de 36 000 km, posent des défis logistiques majeurs : les lancements, la maintenance et les remplacements des équipements sont coûteux et complexes. Par ailleurs, la conversion des photons solaires en électrons perd une partie de l’énergie lors du transfert vers la Terre. « Les pertes lors de la transmission sont estimées entre 30 et 50 %, selon les études disponibles », rappelle Numerama.

Outre les aspects techniques, la viabilité économique reste un enjeu crucial. Overview Energy devra démontrer que son modèle est rentable face à des alternatives comme l’énergie nucléaire ou les grands parcs éoliens terrestres. Les clients visés, principalement les géants du numérique comme Meta, sont des cibles de choix en raison de leur consommation énergétique massive et croissante. « Les besoins des data centers en IA et en stockage pourraient doubler d’ici 2030, offrant un marché colossal aux start-up spécialisées dans l’énergie spatiale », indique le média.

Et maintenant ?

Overview Energy prévoit de réaliser un vol d’essai en 2028 pour valider la technologie de transmission d’énergie. Si les tests sont concluants, un déploiement commercial pourrait débuter en 2030, avec une montée en puissance progressive des capacités. L’entreprise devra également convaincre les régulateurs et le public de la sûreté de son procédé, notamment concernant les ondes infrarouges utilisées pour le transfert d’énergie.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large, où plusieurs acteurs, dont l’ESA et des entreprises privées, explorent des solutions pour répondre à la crise énergétique et réduire l’empreinte carbone du numérique. Reste à savoir si l’énergie solaire spatiale deviendra un pilier du mix énergétique mondial ou restera cantonnée à des niches spécifiques.

Un marché en pleine effervescence

Le secteur de l’énergie spatiale suscite un intérêt croissant, porté par l’urgence climatique et la transition énergétique. En 2025, plusieurs start-up et consortiums ont levé des fonds importants pour développer des projets similaires. Par exemple, la société Airbus Defence and Space travaille sur un démonstrateur nommé SpaceBased Solar Power, tandis que des acteurs comme Xplore ou Solaris Space Systems misent sur des solutions hybrides associant énergie solaire et transmission laser.

Les géants du numérique, souvent pointés du doigt pour leur consommation énergétique, jouent un rôle clé dans cette transition. Meta, via son partenariat avec Overview Energy, pourrait devenir un cas d’école en matière d’innovation verte. « Ce type d’accord montre que les entreprises technologiques sont prêtes à investir dans des solutions radicalement nouvelles pour réduire leur impact environnemental », commente un expert du secteur cité par Numerama.

Selon Overview Energy et les études citées par Numerama, les ondes proches de l’infrarouge employées pour le transfert d’énergie sont inoffensives pour les humains et l’environnement. Ces fréquences, différentes des micro-ondes utilisées en cuisine, ne présentent pas de risque avéré d’irradiation. Les fréquences choisies se situent dans une plage considérée comme sûre par les normes internationales en matière de rayonnements non ionisants.