Une nouvelle page s’écrit pour l’industrie française des semi-conducteurs. Selon Le Figaro, une usine dédiée aux puces électroniques avancées a officiellement vu le jour en Gironde, près de Bordeaux. Le projet, annoncé il y a un an, a pris forme ce lundi 1er juin 2026 lors de la cérémonie de pose de la première pierre, en marge du sommet Choose France. Autant dire que ce site, implanté sur la commune du Barp à 36 km de Bordeaux, devient le premier du genre en Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • Une joint-venture nommée Tessalia, créée par Foxconn, Thales et Radiall, porte ce projet industriel.
  • Le site du Barp (Gironde) a été retenu après un appel d’offres remporté par la région Aquitaine.
  • L’usine produira des semi-conducteurs pour des filières industrielles exigeantes comme l’aéronautique, le spatial ou les technologies de pointe.
  • La cérémonie a réuni des responsables politiques et industriels, dont Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, et Alain Rousset, président de la région Aquitaine.

Un projet né d’une alliance stratégique entre trois géants

La création de l’usine s’appuie sur une coopération inédite entre trois acteurs majeurs. D’un côté, Foxconn, le géant taïwanais spécialisé dans la fabrication de composants électroniques complexes, leader mondial dans son domaine. De l’autre, Thales, groupe français de défense et hautes technologies, et Radiall, spécialiste français de l’électronique. Ensemble, ils ont formé la joint-venture Tessalia, chargée de piloter ce site industriel d’un nouveau genre.

La localisation du Barp n’a pas été choisie au hasard. Situé au cœur d’un écosystème académique et industriel dynamique, ce territoire accueille déjà des sites majeurs dans l’aéronautique, le spatial et les technologies avancées. Pour la région Aquitaine, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de son attractivité industrielle. « Ce site permettra à la France de renforcer sa souveraineté technologique », a rappelé Alain Rousset lors de l’inauguration.

Une inauguration sous le signe de l’innovation et des investissements

La cérémonie de pose de la première pierre a réuni les principaux décideurs politiques et économiques. Aux côtés du ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, et du président de la région Aquitaine, les dirigeants des trois entreprises partenaires ont marqué leur engagement. Pour eux, ce projet représente bien plus qu’un simple investissement industriel : il symbolise une volonté commune de relocaliser des activités stratégiques en France.

Le site du Barp devrait employer plusieurs centaines de salariés à terme, avec des recrutements prévus dans les métiers de la R&D, de la production et de la maintenance industrielle. Les premières productions sont attendues d’ici 2027, selon les estimations des promoteurs du projet. Ce calendrier s’inscrit dans une dynamique plus large de relance industrielle française, portée notamment par le plan France 2030 et les initiatives européennes en faveur des semi-conducteurs.

Un écosystème académique et industriel au service du projet

Le choix du Barp s’explique aussi par son ancrage dans un environnement scientifique et technique de premier plan. La région Nouvelle-Aquitaine héberge en effet plusieurs établissements d’enseignement supérieur et laboratoires de recherche dédiés aux technologies avancées, notamment dans les domaines de l’électronique et de l’aéronautique. Cette proximité favorisera les partenariats entre l’industrie et la recherche, un atout majeur pour l’innovation.

Parmi les acteurs académiques impliqués figurent l’Université de Bordeaux, l’Institut Polytechnique de Bordeaux et plusieurs laboratoires du CNRS spécialisés dans les matériaux et les semi-conducteurs. Ces collaborations pourraient permettre à Tessalia de bénéficier de compétences locales pour former ses futurs employés et développer des technologies de rupture. « Ce projet est un formidable levier pour attirer des talents et renforcer l’écosystème », a souligné un représentant de Thales.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes concernent la finalisation des infrastructures et le lancement des recrutements. Selon les promoteurs du projet, les premiers tests de production devraient débuter d’ici la fin de l’année 2026, avec une montée en puissance progressive en 2027. Les autorités régionales et nationales devraient suivre de près l’avancement des travaux, dans un contexte où la France cherche à réduire sa dépendance aux semi-conducteurs asiatiques.

Par ailleurs, des discussions sont en cours pour étendre les capacités du site et attirer de nouveaux partenaires industriels. Reste à voir si ce modèle de joint-venture, associant acteurs internationaux et français, pourra servir d’exemple pour d’autres projets technologiques en Europe.

Un symbole de la souveraineté industrielle française

Avec ce projet, la France envoie un signal fort en faveur de la réindustrialisation et de l’innovation. Dans un contexte géopolitique marqué par les tensions commerciales et les enjeux de dépendance technologique, la création de Tessalia apparaît comme une réponse concrète. Les semi-conducteurs sont en effet au cœur des chaînes de valeur stratégiques, notamment pour les secteurs de la défense, de l’automobile et des télécommunications.

Pour Sébastien Martin, ce site illustre « la capacité de la France à innover et à produire localement des technologies critiques ». Un discours qui s’inscrit dans la continuité des annonces faites lors du sommet Choose France, où l’exécutif a réaffirmé son ambition de faire du pays un leader européen dans les technologies avancées. Les prochains mois seront décisifs pour confirmer la viabilité du modèle et son impact sur l’emploi local.

Les puces fabriquées par Tessalia sont destinées à des filières exigeantes en électronique de haute performance, notamment l’aéronautique, le spatial, la défense et les technologies avancées comme les data centers ou les systèmes embarqués. Selon les promoteurs du projet, ces composants permettront d’améliorer les performances et la fiabilité des équipements utilisés dans ces secteurs.