La Commission européenne a vivement réagi, mercredi 6 août 2026, à l’annonce faite la veille par Gianni Infantino, président de la Fifa, concernant la création d’une société destinée à gérer les activités commerciales du Mondial. Selon Le Figaro, l’Union européenne dénonce une « commercialisation effrénée du football », jugeant le projet potentiellement « nocif » pour l’intégrité du sport.

Ce qu'il faut retenir

  • La Fifa envisage de créer une société pour gérer ses activités commerciales, promettant une manne de 10 milliards de dollars.
  • L’Union européenne, via son commissaire Glenn Micallef, met en garde contre une « commercialisation effrénée » du football.
  • Glenn Micallef a déclaré : « Pas touche à notre sport », soulignant les risques pour le droit de la concurrence.
  • L’UEFA a immédiatement réagi, estimant qu’une « ligne rouge avait été franchie ».
  • La Commission européenne examine le projet avec « la plus grande attention ».

Un projet controversé annoncé par la Fifa

Mardi 5 août 2026, Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football (Fifa), a surpris l’ensemble du monde sportif en annonçant la création d’une société dédiée à la gestion des activités commerciales de l’institution. Ce projet, présenté comme une solution pour dégager des revenus supplémentaires, prévoit la levée de 10 milliards de dollars sur plusieurs années. Une manne financière qui pourrait, selon ses défenseurs, renforcer le développement du football mondial.

Cependant, cette initiative a immédiatement suscité des critiques, notamment en Europe. La Fifa, association historique à but non lucratif, s’apprête ainsi à ouvrir la porte à une logique de profit inédite, transformant ses activités en un modèle économique attractif pour les investisseurs privés. Une évolution qui interroge sur l’avenir du football, traditionnellement perçu comme un sport avant tout.

L’Union européenne monte au créneau

Dès mercredi, l’Union européenne a réagi via Glenn Micallef, commissaire européen chargé des questions de concurrence. Dans un message posté sur X (ex-Twitter), il a mis en garde : « Pas touche à notre sport ». Selon lui, ce projet soulève des « questions importantes au regard du droit de la concurrence ». La Commission européenne a d’ores et déjà prévenu qu’elle examinerait ces propositions « avec la plus grande attention », comme le rapporte Le Figaro.

Pour Glenn Micallef, la Fifa franchit une ligne rouge en transformant une association historique en une structure commerciale. « Dans le cadre des compétences que lui confèrent les traités, la Commission européenne examinera ces propositions avec la plus grande attention », a-t-il indiqué. Une position ferme qui reflète les craintes d’une dilution des valeurs du football au profit d’une logique purement économique.

L’UEFA, solidaire de la position européenne

Du côté des fédérations européennes, la réaction a été immédiate et unanime. L’Union des associations européennes de football (UEFA) a immédiatement dénoncé un projet qui, selon elle, menace l’intégrité du sport. Dans un communiqué, l’institution a estimé qu’une « ligne rouge avait été franchie », signifiant ainsi son opposition catégorique à cette commercialisation accélérée.

Cette solidarité entre l’UEFA et la Commission européenne s’explique par une crainte commune : celle de voir le football perdre son âme, au profit d’une logique financière débridée. Les fédérations européennes, historiquement attachées aux valeurs de solidarité et de compétition sportive, redoutent une dérive où l’argent primerait sur le spectacle et l’équité.

Un débat qui dépasse les frontières européennes

Si l’opposition est forte en Europe, elle ne se limite pas à ce continent. D’autres acteurs du football mondial pourraient rejoindre le mouvement de contestation, craignant une mainmise des investisseurs privés sur l’organisation des compétitions. Le Mondial 2026, dont les droits commerciaux sont au cœur du projet de la Fifa, cristallise les tensions.

Pour autant, certains analystes soulignent que la Fifa pourrait justifier sa démarche par la nécessité de financer le développement du football dans les pays émergents. Une argumentation qui, pour l’instant, peine à convaincre ses détracteurs. La question reste donc entière : jusqu’où la Fifa peut-elle aller dans la commercialisation de son sport sans en altérer l’essence même ?

Et maintenant ?

La Commission européenne et l’UEFA devraient multiplier les consultations dans les prochaines semaines pour évaluer les conséquences juridiques et sportives du projet de la Fifa. Une réunion est d’ailleurs attendue en septembre 2026, à l’occasion du prochain congrès de l’institution, où les discussions pourraient prendre une tournure plus formelle. Dans l’immédiat, les fédérations nationales et les clubs pourraient être appelés à se prononcer, risquant ainsi de fragmenter le mouvement de contestation. Reste à voir si la pression exercée suffira à faire reculer la Fifa, ou si, au contraire, elle accélérera la mise en œuvre de ce projet controversé.

Une chose est certaine : le débat sur l’avenir du football, entre valeurs traditionnelles et logique économique, ne fait que commencer. Et la balle est désormais dans le camp des institutions européennes, dont les décisions pourraient redéfinir les contours du sport le plus populaire au monde.

L’Union européenne craint que la commercialisation effrénée du football, notamment via la création d’une société dédiée aux activités commerciales, ne menace le droit de la concurrence et l’intégrité du sport. Glenn Micallef, commissaire européen, a notamment évoqué le risque d’une dilution des valeurs traditionnelles du football au profit d’une logique purement financière.