La plateforme d’échange de cryptomonnaies Uphold a annoncé, selon Cryptoast, un plan de restructuration touchant 17 % de sa masse salariale mondiale, soit 85 postes supprimés, dont des salariés et prestataires répartis sur plusieurs régions. Cette décision s’inscrit dans une vague de licenciements qui frappe l’industrie depuis le début de l’année 2026, alors que le marché des actifs numériques traverse une phase de ralentissement marquée.

Ce qu'il faut retenir

  • Uphold supprime 85 postes, soit 17 % de ses effectifs, dans un contexte de crise du marché crypto.
  • Les licenciements visent à recentrer l’entreprise sur ses activités B2B, notamment les services d’API pour banques et fintechs.
  • La capitalisation totale du marché crypto est tombée à 2 100 milliards de dollars fin juin 2026, après trois trimestres consécutifs de baisse.
  • Depuis janvier 2026, plus de 450 emplois ont été supprimés dans l’industrie, selon les données compilées par Cryptoast.
  • Les offres d’emploi dans le secteur crypto ont chuté de 80 % par rapport à l’année précédente.

Le PDG d’Uphold, Simon McLoughlin, a justifié ces licenciements par la nécessité de « se recalibrer après plusieurs années de croissance extraordinaire ». L’entreprise avait en effet presque doublé ses effectifs lors de la précédente phase d’expansion du marché crypto. Aujourd’hui, la priorité est donnée aux activités génératrices de revenus, comme les services d’API de trading et de conservation d’actifs numériques pour les institutions financières. « L’argent économisé sera redirigé vers des secteurs en forte croissance », a-t-il précisé, sans pour autant remettre en cause la feuille de route grand public d’Uphold.

Côté particuliers, l’entreprise maintient ses projets pour 2026, avec notamment le lancement d’actions américaines tokenisées et de marchés prédictifs, prévu d’ici la fin de l’année. Pour autant, le contexte macroéconomique reste défavorable. La capitalisation totale du marché crypto est retombée à 2 100 milliards de dollars fin juin 2026, après trois trimestres consécutifs de baisse. Les ETF Bitcoin spot américains ont enregistré 6,9 milliards de dollars de sorties nettes rien qu’en mai et juin, signe d’un désengagement des investisseurs institutionnels et particuliers.

Une restructuration qui s’inscrit dans une tendance sectorielle

Uphold n’est pas un cas isolé. Depuis le début de l’année, plusieurs acteurs majeurs du secteur ont annoncé des plans sociaux d’ampleur. L’Algorand Foundation a réduit ses effectifs de 25 %, tandis que Crypto.com a supprimé 12 % de ses équipes. OP Labs a, quant à lui, supprimé 20 postes, et la plateforme d’échange Gemini a procédé à une réduction de 30 % de ses effectifs.

Les raisons invoquées varient selon les entreprises. Certaines mettent en avant l’automatisation et l’intelligence artificielle pour expliquer ces suppressions de postes, évoquant des fonctions devenues redondantes. Cependant, selon les analyses de Cryptoast, la cause profonde réside surtout dans l’effondrement ou le ralentissement brutal de pans entiers de l’industrie. Les secteurs du restaking, des DePIN (Decentralized Physical Infrastructure Networks) ou encore des layers 2 (solutions de scalabilité pour les blockchains) ont été particulièrement touchés par ce retournement de conjoncture.

Ce contexte a entraîné une chute drastique des offres d’emploi dans le secteur crypto, avec une baisse de 80 % des recrutements par rapport à 2025, selon les données disponibles. Les entreprises, confrontées à une contraction de leurs revenus et à une méfiance accrue des investisseurs, n’ont d’autre choix que de rationaliser leurs coûts pour survivre.

Un recentrage stratégique vers les services institutionnels

Malgré cette crise, Uphold mise sur le développement de ses activités B2B, perçues comme un relais de croissance. Les services d’API de trading et de conservation d’actifs numériques pour banques, fintechs et courtiers sont présentés comme des niches porteuses. Ces segments, moins exposés aux aléas des marchés grand public, pourraient permettre à l’entreprise de stabiliser ses revenus à moyen terme.

Pour les utilisateurs particuliers, la situation reste en revanche plus incertaine. Si Uphold maintient ses projets de diversification — notamment l’introduction d’actions américaines tokenisées et de marchés prédictifs —, ces initiatives dépendront largement de l’évolution de la réglementation et de la confiance des marchés. Aucune date précise n’a été communiquée pour ces lancements, mais l’entreprise table sur une mise en œuvre d’ici la fin de l’année 2026.

Un marché crypto en pleine mutation

La crise actuelle s’inscrit dans un cycle de correction plus large, qui a débuté après l’euphorie de 2024-2025. Plusieurs facteurs expliquent ce retournement : la hausse des taux directeurs des banques centrales, la régulation accrue des actifs numériques, et surtout un désenchantement progressif des investisseurs face aux promesses non tenues de certains projets. Les scandales financiers, les failles de sécurité et les échecs de projets ambitieux ont également érodé la crédibilité du secteur.

Dans ce paysage, les licenciements massifs ne sont qu’un symptôme d’une industrie en pleine recomposition. Les acteurs survivants seront ceux qui parviendront à s’adapter, soit en se recentrant sur des niches porteuses, soit en innovant pour séduire à nouveau les investisseurs. Reste à voir si ces stratégies suffiront à inverser la tendance.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient être décisifs pour le secteur crypto. Plusieurs échéances réglementaires et technologiques sont attendues d’ici la fin de l’année 2026, notamment l’adoption de nouveaux cadres légaux en Europe et aux États-Unis. Par ailleurs, l’évolution des taux d’intérêt et la reprise éventuelle des marchés actions pourraient influencer la dynamique du marché des cryptomonnaies. Reste à voir si ces facteurs joueront en faveur d’une reprise ou, au contraire, aggraveront la crise actuelle.

Pour l’heure, les observateurs s’accordent à dire que le pire pourrait ne pas être derrière nous. Les suppressions d’emplois pourraient se poursuivre si la conjoncture ne s’améliore pas, tandis que les projets innovants, mais risqués, pourraient être mis en pause au profit de modèles plus stables. Une chose est sûre : l’industrie crypto, après des années d’expansion fulgurante, doit désormais faire ses preuves dans un environnement bien moins clément.

Selon les déclarations de Simon McLoughlin, PDG d’Uphold, ces licenciements s’expliquent par la nécessité de « se recalibrer après plusieurs années de croissance extraordinaire ». L’entreprise avait presque doublé ses effectifs lors de la précédente phase d’expansion du marché crypto, mais la crise actuelle l’oblige à recentrer ses ressources sur des activités jugées plus rentables, comme les services B2B.

Les secteurs du restaking, des DePIN (Decentralized Physical Infrastructure Networks) et des layers 2 (solutions de scalabilité pour les blockchains) figurent parmi les plus affectés. Leur effondrement ou leur ralentissement brutal a contribué à la vague de licenciements observés depuis le début de l’année, selon les analyses de Cryptoast.